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Les jours passent et l'on s'habitue. Progressivement, on a fini par ne plus prêter attention aux particularités de la vie danoise qui étonnaient tant avant : le calme et la sérénité de la ville, les sourires et la politesse des gens, les paysages, la mer et les couchers de soleil, le vent et les caprices imprévisibles du temps, les bus à l'heure et les contrôleurs avenants, l'université, son parc et ses infrastructures, la mode des sacs à dos sportifs et les couleurs vives des coiffures, jupes ou chaussures, les cash-back (retirer de la monnaie à la caisse du supermarché), les journaux gratuits qui pullulent à tous les coins de rue, la vitesse des voitures, les prises électriques sans prise de terre, les sirènes de police américaines ou les cris des mouettes... Ces particularités, on ne les ressent plus qu'à travers le regard des nouveaux arrivants ou, plus occasionnellement, à travers celui de nos visiteurs. Oui, le Danemark est un pays riche et cher. Oui, le Danemark offre un confort de vie indéniable. Oui, le Danemark est un pays froid. Mais on finit par ne plus y faire attention.
Mine de rien, on s'est intégré à la société danoise. On traverse lorsque le petit bonhomme est vert, on boit de la bière et on n'a plus la gueule de bois le lendemain. C'est déjà beaucoup.
Alors forcément, le quotidien se ressent comme tel, maintenant. L'emploi du temps de la semaine prend petit à petit forme, déterminé par les cours, les travaux personnels, les activités, les courses et machines à laver, les soirées. Les seuls surprises ne résident presque plus qu'en les rencontres. Celles-ci se multiplient (meilleur niveau d'anglais aidant), et sont toujours plus enrichissantes. Mais sitôt le dos tourné, le cours terminé ou la soirée quittée, la pression du quotidien revient au galop : la rédaction, la machine et le dîner avec les voisins. Certes, chaque jour apporte son lot de surprises et de situations incongrues. Mais même l'incongru n'étonne plus, il est devenu un quotidien, lui aussi.
Ce n'est pas une question de lassitude. L'étape « mal du pays », nécessaire à toute adaptation, est derrière nous. Ce n'est pas non plus une question d'ennui, au contraire. Se lever chaque jour en se demandant ce qui va bien pouvoir arriver aujourd'hui est un sentiment grisant, presque jouissif. Vivre en se laissant vivre, et vivre quand même. Qui demanderait mieux ?
Forcément, cette habitude, mélange de quotidien redondant et d'incongru récurrent, se ressent dans ce blog. Consacré à la vie quotidienne de son contributeur et à la description de la culture danoise, il puise aujourd'hui son inspiration dans l'actualité internationale, l'opinion personnelle ou l'insolite version large. Le Danemark n'est plus qu'une partie de ce blog comme il n'est plus qu'une partie de notre vie ici. Tout comme la France et ses spécificités ne sont qu'une partie de la vie d'un habitant de Paris, Vénissieux-les-Minguettes ou Cergy. Nous ne vivons plus à travers l'insolite d'un pays, d'une culture et de ses traditions, nous vivons ces traditions et cette culture, dans ce pays. L'insolite a été remplacé par l'habitude.
Or c'est très dur de raconter l'habitude. Surtout dans un aéroport, à trois heures du matin.
Publié par ncls à 03:28:57 dans Voyages voyages | Commentaires (3) | Permaliens
06-04-2008 20:04
De jérémiah Sujet:
publication Url: [Liens]
20-03-2008 18:44
De Nico Sujet:
cooool.. Url: [Liens]
19-03-2008 18:16
De Amélie Sujet:
reaction à vif...
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