Nous étions un petit millier de dossiers au départ, cent quarante candidats lundi dernier lundi dernier pour l'écrit; ils (nous?) seront(s?) soixante pour l'oral et seulement vingt-cinq chanceux à être admis. C'est que ça rigole pas, pour entrer en DUT Journalisme à Tours. Voilà un petit reportage réalisé par Maude, étudiante à l'IUT, qui résume quelque peu la situation (même si les interviewés me semblent un peu imbus d'eux-même pour un tel type de concours)...
Publié par ncls à 21:03:18 dans Insolite | Commentaires (0) | Permaliens
Je n'aime pas l'avion.
Enfin, c'est pas totalement vrai. J'aime voler au dessus des nuages. Il y fait toujours beau. Le ciel est d'un bleu ciel à perte de vue (notez le calambour). En dessous, les nuages, d'un blanc pur et lumineux, ressemblent à un matelas de mousse à extincteur dans lequel on se jetterait bien volontier, à première réflexion du moins. Et, lorsqu'il fait très beau et que les nuages se font absents, c'est l'occasion d'observer la terre de très haut, de se prendre pour Yann Arthus-Bertrand quelques minutes et de relativiser sur la taille de l'être humain par rapport à la terre sur laquelle il vit.
Non, je n'aime pas l'avion. Et pourtant, j'adore les décollages, ces moments grisants où l'accélération vous plaque au fond de votre siège. Puis, lors de la montée, cette sensation intense de peser le double de votre poids, alors que l'avion se cambre à plus de trente degrés. J'aime aussi ces zones de turbulences où tout l'appareil tremble, qui vous donnent l'impression que l'avion va décrocher d'un instant à l'autre, tout en sachant pertinemment que cela n'arrivera jamais. J'apprécie aussi les atterrissages, avec une préférence pour les plus violents. Je n'ai pourtant jamais été un grand fan de sensations fortes, mais l'avion m'inspire confiance. Va savoir.
J'aime pas l'avion. Et pourtant, depuis tout petit, je suis fan de ces engins volants. J'ai joué avec des petits avions, j'ai beaucoup observé les avions dans le ciel. On a même vu l'atterrissage du dernier Concorde à Roissy, avec mon père. Les avions m'impressionnent par leur taille, leur bruit, leur vitesse, leur capacité à voler, tout simplement. Je suis aussi un fan des aéroports, de ces bâtiments immenses où le monde entier se croise sans se regarder, où les destinations aussi exotiques que lointaines s'entremêlent. Je m'impressionne toujours autant pour ces techniciens sur les pistes qui s'affairent autour de l'appareil et, en l'espace d'une heure, contrôlent l'avion, remettent du kérosène, déchargent et rechargent les soutes, nettoient l'intérieur, rechargent la nourriture, et remorquent l'avion jusqu'à le remettre sur la piste dans le bon sens.
Vraiment, Je n'aime pas l'avion. Parce que là où un Paris-Aarhus nécessitera une heure de vol -contre 18h de bus-, l'ensemble des formalités et temps de déplacement, sans compter les habituelles perturbations, vous quadriplera voire quintuplera le temps de votre voyage... dans le meilleur des cas. Arriver deux heures à l'avance, enregistrer les bagages, se présenter aux portiques de sécurités, sortir l'ordinateur portable de son sac, retirer la ceinture, se faire frotter par le détecteur de métaux sous prétexte que votre jean, bourré de boutons, a fait sonner le portique, puis se présenter à la porte d'embarquement une demi-heure avant, embarquer, patienter le temps que tout le monde s'entasse dans l'avion, attendre un créneau de décollage sur la piste, puis patienter de nouveau que l'avion se vide à l'arrivée -les places les moins chères sont évidemment en fond de carlingue-, attendre les bagages au tapis roulant, trouver la sortie, dégoter un moyen de transport pour rejoindre la ville (les aéroports ne sont évidemment situés qu'à une proximité relative des villes qu'ils désservent), et -enfin- arriver au centre-ville. Le parcours du combattant moderne.
Je n'aime pas l'avion, encore moins les compagnies aériennes. Les championnes d'annulation de vol pour «raisons techniques». Même les collégiens trouvent des excuses plus crédibles lorsqu'ils sèchent les cours. Les championnes de retard pour raisons -lorsqu'on vous en donne- aussi diverses que variées: du mauvais temps au bug informatique dû à la présence de deux danois du même nom dans l'avion. Impossible de prévoir donc un horaire crédible d'arrivée. Et puis, là où les grandes compagnies vous font patienter au moyen d'un petit dédommagement, les «low costs» font les morts. D'ailleurs, un low cost n'est jamais si low cost qu'il n'en fait la promotion: combien de site internet vous font payer le double (bagages, assurances, taxes d'aéroport, suppléments pour pigeons) de ce que leur publicité et les prix initiaux ne vous vantaient ? La Commission Européenne a d'ailleurs dénoncé cette situation honteuse et demandé début mai qu'elles se mettent en conformité avec les lois européennes à pas moins de... 80 compagnies aériennes.
J'aime pas l'avion. Au moins, avec le bus, tu pars à l'heure et t'es à peu près sûr, à une demi-heure près, d'arriver à l'heure et directement au centre-ville - empiriquement et personnellement, c'est du moins l'expérience que j'en ai. Et surtout, tu montes dans ton bus au départ, et t'en descends à l'arrivée. Pas de soucis de changement, de retard, de météo, de bagages ou de terrorisme. Et au final, la différence de temps n'est plus si grande que ça. Et, avantage non anecdotique, cela donne le temps. De rencontrer, d'échanger, de lire, d'étudier, de dormir, de regarder le paysage. Syndrôme d'une société où l'on cherche à aller toujours plus vite pour un avantage tout relatif (12h pour faire Aarhus-Paris par avion vendredi dernier contre 18 en bus), n'aurait-on pas pour intérêt de ralentir un peu ?
Et puis ça pollue. Non, j'aime pas l'avion. Mais faut reconnaître que c'est quand même bien pratique.
Publié par ncls à 16:32:52 dans Humeur | Commentaires (2) | Permaliens
Sur Sterling Airlines (compagnie danoise), bon accent anglais du personnel. Sur KLM Royal Dutch Airlines (compagnie hollandaise), encore mieux. Et puis là est venu Air France, évidemment...
« Éllo laydiz ènde djentlemane, maï nayme iz P***** ènde aïe am youre commandante offf ze airplayne touday bitwouine Amsterdam ènde Paris. Oui ouil ouayte fore fiou minuts ire, bicoze of ze currente storm in Paris. Aïe ouiche you a goude traveul. »
C'est donc cette homme là qui est censé piloter notre avion EN LIAISON AVEC LES TOURS DE CONTRÔLE ! Bienvenue sur Air France, seule compagnie aérienne au monde où l'anglais est en option.
Publié par ncls à 12:18:34 dans Voyages voyages | Commentaires (2) | Permaliens
C'est effrayant. Je ne sais pas pourquoi, mais ceux qui m'envoient des SMS ou des e-mails s'obstiennent à mal orthographier mon nom. Ainsi, selon qu'ils soient canadiens, danois, polonais, anglais ou allemand, ils s'acharnent à m'écrire Nicholas, Nikolas, Nicola, Niclas, Niklas ou encore Nichola. Heureusement, les latins -espagnols, italiens et français, bien sûr- l'écrivent généralement sans faute. Je ne suis toutefois pas le plus à plaindre, certains prénoms français semblant totalement inconnus aux étrangers, à l'instar de Tiphaine ou de Baptiste. Ils n'arrivent déjà pas à les prononcer, alors de là à les écrire...
Que le français redevienne un Lingua Franca, que diable !
Publié par ncls à 02:55:13 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) | Permaliens
Après la Russie, traversons le pacifique et débarquons sur cette terre inconnue et inquiétante que représente pour nous, pauvres européens, l'immense état fédéral que sont les Etats-Unis d'Amérique. Inconnue, car si niveau géographie européenne, les américains ne sont pas des dieux, niveau géographie américaine, les européens ne sont pas mal gratinés non plus. Bref, je m'égare.
Ainsi donc mon sujet de mémoire de fin de semestre ressemble à quelque chose comme cela: «dans quelle mesure l'adjectif de "empire" est-il utile, pertinant, superflu ou inutile pour analyser la politique étrangère des Etats-Unis pendant et après la Guerre Froide» (du moins, condensant les quinze lignes de questions auxquelles l'on doit répondre, ça pourrait ressembler à ça). Ca pourrait être sympathique et intéressant si nous n'avions pas que trois semaines et deux autres examens à préparer en même temps. Mais bref, je m'égare.
Ainsi donc, il nous faut répondre, et trouver une réponse PAR NOUS-MÊME à cette délicate question. Délicate, car tous les spécialistes se déchirent sur la question. Qu'ils s'appellent Ikenberry, Wohlforth, Dueck, Ferguson, Barber, Johnson ou encore Todd (liste non exhaustive), chacun de ces messieurs ont des avis complètement divergents sur la question. Et bien souvent, l'avis varie plus ou moins selon l'origine du théoricien, selon qu'il soit américain (pro-), anglais ou australien (-modéré) ou français (-anti) - caricaturalement du moins, ça ressemble à ça.
Autre chose qui m'interpelle particulièrement, ce sont les adresses e-mails. Je m'explique: avant chaque article et essai, souvent extraits de revues spécialisées, est esquissé un rapide CV de l'auteur et... son adresse e-mail ! Les américains sont vraiment en avance sur nous... Imaginez donc, d'ici quelques années, lorsque vous achèterez un livre, vous aurez la possibilité de contacter directement l'auteur grâce à son adresse e-mail. Secrétaire de société d'édition n'est donc peut-être pas un boulot d'avenir. Bref, je m'égare.
Ainsi donc, voilà où je voulais en venir. En France, du peu que je les utilise, les boîtes aux lettres électroniques des universitaires sont bien souvent très professionnelles, très sérieuses. Ainsi le directeur de mon UFR a pour adresse électronique françois.p*****@u-cergy.fr. Ainsi Pascal P***, de Science-Po, a-t-il aussi pour adresse électronique construit de la même manière pascal.p***@sciences-po.fr. Or là, et comme au Danemark d'ailleurs, les professeurs ont des adresses beaucoup moins formelles. Ainsi Thorsten Borring O****, historien danois reconnu et mon enseignant au premier semestre, a-t-il pour adresse électronique histto@hum.au.dk (une lettre a volontairement été modifiée). C'est aussi le cas de mon cher professeur de Harvard, monsieur Mark K****, dont l'adresse e-mail ressemble à ça: mk****@fas.harvard.edu. Enfin, cas amusant, parmi les théoriciens que je suis amené à étudier, G. John Ikenberry, personnalité légendaire dans le milieu, a pour adresse internet gji4@princeton.edu (chiffre volontairement modifié). Ainsi donc à Princeton University devait-il y avoir déjà trois personnes portant les mêmes initiales que le "maître", mais celui-ci n'aura pas jugé utile d'obtenir toutefois une adresse pouvant paraître plus «sérieuse». Ou comment appliquer à des adresses e-mails cette théorie selon laquelle, ici du moins, les intellectuels sont plus simples et abordables qu'en France.
Et dire qu'après ça, on nous demande d'avoir des boîtes aux lettres électroniques sérieuses du type prénom.nom@orange/gmail/hotmail.fr/com pour «faire plus sérieux». Quel dommage qu'on se prenne tant la tête !...
Publié par ncls à 00:21:12 dans Insolite | Commentaires (0) | Permaliens
Lorsque la mémoire était la seule écriture, l'homme chantait.
Lorsque l'écriture naquit, il baissa la voix.
Lorsque tout fut mis en chiffres, il se tut.
R.Sabatier
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