Yesterday, at 6 pm and during five minuts, the world froze in some places of the world. In Sidney, in Chicago, in New-York, in Los Angeles, in London, in Brussel, in Helsinki, in Milan, even in Turkey and in Irak, and... in Aarhus ! Just have a look to that video, in waiting for mine... as soon as my computer will accept to use the program required !
Or when some people, who don't know each other, stop to move at the same time in the same place. It's also that, the magic of Internet and Facebook.
More informations on worldfreeze.org.
Publié par ncls à 17:08:39 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) | Permaliens
C'est un professeur comme tant d'autre ici, qui aligne les titres, diplômes, domaines de recherches, publications et costumes cravates. C'est un professeur comme tant d'autre, un « visiting professor », qui quitte son université d'Harvard trois mois par an pour venir en Europe faire de la recherche et, accessoirement, enseigner.
C'est un homme grand et fin. Il est maigre, d'une maigreur mortuaire. Il a le teint blafard, les traits du visage tirés, les joues creusées, les yeux engoncés. Ses bras et ses jambes, longs et interminables, semblent perpétuellement le gêner, comme s'il ne savait qu'en faire. Ils pendent plus qu'ils ne vivent, dans une coordination précaire. Lorsqu'il se tient droit, ses jambes, peu assurées, branlent. D'ailleurs, il boitille légèrement ; mais lorsqu'il marche, c'est tout son corps qui tressaute. Une espèce de pantin désarticulé.
C'est un homme qui vient de Boston. Et qui pratique, comme il se doit, le « Boston English ». C'est beau, limpide et chantant. Incompréhensible, aussi. Il n'hésite pourtant pas à conclure un certain nombre de ses explications par des réflexions personnelles, prononcées à mi-voix. Lui en sourit, certains étudiants en rigolent, d'autres restent de marbre. Pas compris.
C'est un homme qui semble s'excuser de dispenser son cours, amènant chaque nouvelle idée par un « let me ». Comme s'il craignait qu'un étudiant se lève et lui demande de passer directement au sujet suivant. Et lorsqu'il s'épanche, un sourire se dessine sur ses lèvres, ses mains se croisent et ses doigts s'enlacent. Jusqu'à la prochaine idée.
C'est un homme qui arrive en classe, ôte le sac en plastique de la poubelle, pose la corbeille sur son bureau et installe ses notes dessus. Surélevées, ses feuilles sont, c'est pratique, légèrement inclinées dans sa direction. Il y a trois semaines, c'était un vrai pupitre en bois. La semaine suivante, c'était une ramette de papier. Il se soucie de ses notes. Un peu moins du support.
C'est un homme imperturbable. Il parle, parle et disparaît au milieu d'une phrase. Puis revient quelques secondes plus tard, après un petit tour dans le couloir. C'était en fait pour fermer la porte de la salle. Mais non, il n'a pas arrêté de parler.
C'est un homme distrait. Il a l'air perdu dans les dates, les semaines, les étudiants, les examens. Mais il en rigole discrètement, après s'en être excusé. Lunatique, mais conscient.
C'est un homme cultivé. Qui prend soin d'écrire tous les noms dans leur orthographe d'origine. Quand bien même ceux-ci sont en russe, et que personne dans la salle ne lit l'alphabet cyrillique. Et qui enseigne les relations internationales, dirige le centre d'études sur la guerre froide d'Harvard, après avoir fait un doctorat en... statistiques.
Il est atypique, déconcertant, attachant. C'est un intellectuel.
Publié par ncls à 01:00:08 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) | Permaliens
REUTERS - AARHUS (DK), 20/02/2008. Bad news for French people. France lost the world championship of the University of Aarhus of tabletennis tonight. France and Germany were opposit in final, but Germany was better and won 3 sets to 0. The scene took place in the famous stadium of the Veljbykollegiet, in Risskov. But some advisers said that the German player disturbed his partner with a count in different languages (always switching between german, danish, french and english). Never the less, the German team stays winner, because of the pizza after the match.
Sinon, et c'est incontestable, ça a son charme de fêter son anniversaire loin de chez soi. D'abord parce qu'on reçoit plein de mails, ensuite parce qu'on se fait souhaiter son anniversaire dans tout plein de langues différentes, en français, en danois, en anglais, en allemand... Alors merci à tous, tak til alle, thank you to everybody, danke schön für alles... Pas trop la classe, ça ?
Quant aux émeutes qui agitent le Danemark depuis plus d'une semaine (voir le billet de vendredi), elles semblent s'être calmées à l'intérieur du pays. Une partie des émeutiers auraient signé une pétition expliquant leurs gestes, et indiquant l'arrêt des troubles. Retour au calme et début des débats politiques, bref, tout le monde pensait la situation revenue à la normale, comme je l'expliquait dimanche. C'était occulter la bombe qui a explosé ce matin à l'entrée d'un saunarium, à Copenhague. Heureusement, pas de victimes, mais d'importants dégâts matériels et une évacuation d'une partie du quartier le temps de vérifier le contenu d'autres sacs suspects.

Les hommes soupçonnés de l'attentat, non revendiqué, ont été décris par des témoins comme d'origine orientale. De là à relier l'explosion avec les émeutes récentes, il y a un pas que les journaux danois n'ont pas franchi. Echaudés par la situation actuelle, à laquelle on peut leur imputer une part de responsabilité ? Il est vrai que la police danoise, elle-même prudente, a déclaré exclure la piste terroriste. Déclaration tombant bien, au moment où de nombreux pays islamistes, au premier rang desquels l'Iran, appelent au boycott du Danemark. Bref, le silence semble satisfaire tout le monde. Les sites d'information danois relaient bien vite l'explosion en bas de page. Quant aux autres médias occidentaux, ils n'auront même pas évoqué le sujet.
Et c'est là que l'étonnement pointe. Pourquoi aucun média anglophone, francophone ou germanophone visible sur le Net, crédible ou pas, professionnel ou pas, à orientations politiques ou religieuses ou pas, n'en a parlé ? Pourtant, une porte a été défoncée par cet attentat. Pour les plus conservateurs, c'est une bonne occasion de montrer que les immigrés sont à l'origine des problèmes du Danemark, et qu'il est temps de fermer les frontières. Pour les défenseurs des droits de l'homme au contraire, c'est une nouvelle preuve qu'on met tout sur les dos des immigrés sans preuve et sans fondement. Pire, pour les amateurs de complots en tout genre, on pourrait y voir la main des fondamentalistes musulmans, d'Al-Qaïda ou de l'Iran. Certes, aucun élément ne permet de confirmer ni d'infirmer l'une de ces thèses, mais les journalistes sont imaginatifs et friands d'affaires un peu étranges. Pourtant là, le mutisme est général.
La seule explication qui me vient à l'esprit, c'est le concept de circulation circulaire de l'information, si chère à Bourdieu. Traduction: la presse ne relaie qu'une information qui est déjà dans le circuit -scoops exceptionnels mis de côté, bien sûr. Les médias transmettent donc tous la même information, et ne diffèrent que sur la façon dont ils la traitent. A l'information de rentrer dans le circuit, elle y sera ensuite traitée à sa juste valeur -ou à sa valeur marchande.
Or, pour rentrer sur le circuit, il semblerait qu'elle ait besoin des agences de presse. Reuters, AFP, AP. Sans elles et leurs dépêches matinales, l' "affaire des caricatures II" de la semaine dernière n'aurait jamais connu un tel éclairage dans les médias du monde entier. Aucune d'elle n'a choisi de médiatiser l'attentat de ce matin -en dehors des circuits professionnels du moins. Erreur professionnelle ou choix responsable ? Là n'est pas la question. Le problème est plutôt ce constat: sans agence de presse, pas d'information. Conséquence directe: l'indépendance des agences de presse est une question vitale pour la démocratie -sujet sensible alors que Bolloré s'apprête à racheter la branche française d'AP. Et constat plus général: les journalistes ne vont plus à la pêche à l'information. Question de temps ou de budget, mais rien de bien nouveau, n'est-ce pas ?
Publié par ncls à 23:54:41 dans Vie quotidienne | Commentaires (1) | Permaliens

Drapeaux brûlés et ambassades mises sous sécurité renforcée au Moyen-Orient, voitures et magasins incendiés, bus pris d'assaut... le Danemark s'est levé ce matin avec la gueule de bois et le désagréable sentiment de revivre le même cauchemar que deux ans plus tôt, lorsque l'affaire des caricatures de Mahomet avait enflammé le pays, embrasé une partie du monde musulman et causé la mort de plusieurs dizaines de personnes dans le monde. Le quotidien gratuit à grand tirage « Nyhedsavisen » (voir ci-dessus) osait même titrer sa Une d'un provocant « Muhammedkrisen II ». Ambiance.
Un attentat déjoué
A l'origine de ces évènements, l'arrestation dans la nuit de lundi à mardi à Århus de trois hommes soupçonnés de préparer un attentat contre Kurt Westergaard, l'auteur de la caricature la plus controversée, sur laquelle le prophète Mahomet était représenté, une bombe en guise de turban. L'annonce du coup de filet est faite mardi, au petit matin, par les services secrets danois, rapidement relayée par les grandes agences de presse Reuters, AP et AFP. Les réactions sont immédiates et virulentes dans le pays, du monde politique aux grandes associations musulmanes scandinaves, en passant par la presse danoise qui fait, sur le web comme à la télé, cause commune autour du Jyllands-Posten et de son dessinateur. Très vite, sentant l'odeur de souffre, les grandes chaînes d'information américaines, à l'instar de CNN ou d'ABC News (voir le billet de mardi), s'emparent de la nouvelle, lui donnant une résonnance internationale. Mais, manque d'image oblige, l'information est commentée sur fond de photos prises lors d'émeutes en 2006.
Mercredi matin -seulement, délais d'édition oblige-, les journaux s'emparent de l'affaire. Dix-sept journaux danois publient à cette occasion un ou plusieurs des dessins qui avaient déclenché l'affaire des caricatures, dont évidemment celui de Kurt Westergaard. Si certaines rédactions précisent prudemment les publier pour "documentation", d'autres ne cachent pas revendiquer ainsi leur liberté d'expression. Et les réactions ne se font pas attendre. Signe fort venu du monde islamiste, le ministre des affaires étrangères iranien convoque l'ambassadeur danois pour lui signifer son couroux. Le lendemain jeudi, plusieurs députés koweïtien appellent au boycottage politique et économique. Même son de cloche de la part du Hamas palestinien, qui demande le même jour des excuses officielles.
Dans le même temps, la police danoise rappelle que cette arrestation n'était que « préventive », et que selon toute probabilité, les trois hommes n'étaient pas en mesure d'attenter à la vie du caricaturiste dans l'immédiat. Faute de preuves, les deux tunisiens seront expulsés dans leur pays ; quant au troisième, un danois d'origine marocaine, il est remis en liberté surveillée. Une issue qui arrange bien les services secrets danois, qui ne seront pas obligés de dévoiler leurs méthodes d'investigation au cours d'un éventuel procès. Et qui n'auront pas à se justifier de l'arrestation des trois hommes, précisent les mauvaises langues. D'un « attentat déjoué » comme l'annonçait très vite la presse, on est vite revenu à de simples « arrestations préventives », comme la police l'avait annoncé au départ. Un grand battage médiatique pour pas grand-chose ?

La poudrière islamiste danoise
Le problème, c'est que l'islam -dans sa forme radicale, il s'entend- repose au Danemark sur une véritable poudrière (déjà évoquée dans ce billet en septembre dernier, d'ailleurs titré «le calme avant la tempête ?»). La plaie de 2006 ne s'est pas refermée, bien au contraire. La publication des caricatures mercredi a entraîné une vague de révolte et d'actes de délinquance. Mercredi, un bus a été pris d'assaut à Brabrand, le « ghetto » d'Århus, et n'a été libéré qu'à l'arrivée de la police. Puis dans la nuit, des voitures et des commerces ont brûlé un peu partout dans le pays. Faisant la Une des journaux le lendemain. La violence appelant la violence, ce matin encore les journaux consacraient des pleines pages aux violences du début de nuit dernière comme à celles de la précédente. Traumatisant pour un pays peu habitué à ce genre de délinquance.
Evidemment, cette affaire n'est -pour l'instant- pas en mesure d'inquiéter l'économie et la sécurité du pays. A l'intérieur des frontières, la violence ne reste concentrée qu'aux quelques banlieues « chaudes » que compte le Danemark, et risque surtout de creuser l'écart déjà existant entre la minorité musulmane et la communauté danoise. Au niveau international, même si certains partis islamistes ont fait entendre leur voix, même si le Dannebrog (le drapeau danois, hautement symbolique ici) a déjà été brûlé au Pakistan, la situation est loin d'être aussi dramatique que deux ans plus tôt. Pour l'instant.
Des médias responsables ?
Il est bien évident que toutes ces réactions violentes (des cités danoises comme des partis, gouvernements ou responsables islamistes) sont inacceptables, condamnables, caricaturales et navrantes pour la religion musulmane, il est utile de s'interroger également sur le rôle de la presse dans cette affaire. La presse danoise a-t-elle eu raison de publier les caricatures mercredi ? La presse internationale a-t-elle eu raison d'accorder une telle place à « l'arrestation préventive » de trois hommes à priori « incapables d'opérer » ? La police a-t-elle eu raison d'annoncer aussi bruyamment qu'elle venait d' « empêcher un attentat » ?
A reprendre les éléments du communiqué de la police de mardi matin, celle-ci ne semble pas éxagérer outre mesure en indiquant avoir « empêché un meurtre lié au terrorisme », notant que cette opération « doit avant tout être perçue comme une mesure préventive ». Meurtre, terrorisme et caricatures ; trois mots qui suffirent pourtant à attirer l'attention des médias du monde entier, dont au premier rang les chaînes d'informations continues américaines. Qui n'eurent visiblement aucun remord à montrer des images de manifestations de 2006, avec drapeaux danois brûlés et émeutes plus ou moins violentes, une voix en « off » narrant l'arrestation des trois « ex-futurs-terroristes présumés ». Amalgame dramatique tant le cocktail était explosif, au Danemark comme -surtout- au Moyen-Orient.
L'autre épisode de cet embrasement médiatique, c'est la publication de ces caricatures dans dix-sept journaux mercredi. Au nom de la liberté d'expression, précisaient certains. Ne fallait-il pourtant pas s'autocensurer ?
Bien sûr, la liberté d'expression et la liberté de la presse sont deux fondamentaux pour une société juste et démocratique. Ce sont même des fondements. Bien sûr, la menace qui pesait -et qui pèse toujours- sur Kurt Westergaard est inacceptable et révoltante. Bien sûr, il fallait se montrer solidaire du dessinateur et de son journal, et réagir contre les dérives de l'extrêmisme religieux. Cependant, publier ces dessins, c'était, immanquablement, risquer de mettre un coup de pied dans la fourmillière de l'islamisme danois. Les journalistes ne sont pas idiots et, mieux que quiconque, ils savaient que cela serait assimilé à de la provocation. Et que cette provocation trouverait réponse dans la violence urbaine à l'échelle nationale, et dans de nouvelles tensions à l'échelle internationale.
Le sujet est vaste, et le débat éternel. Il a nourri les conversations pendant plus de deux ans, au Danemark. Et au moment où l'on ne l'attendait plus, le voilà qu'il ressurgit. Fallait-il publier ces caricatures mercredi ? A première vue, oui. Mais avec pour inévitable postulat le risque d'enflammer un brasier à peine éteint ? Là, permettez-moi d'être dubitatif...
Quant à ce blog, au nom de la liberté d'expression, il prend la responsabilité de publier la caricature si controversée. Je n'irai juste plus faire mon footing dans le ghetto de Brabrand... ;)
Publié par ncls à 20:49:45 dans Opinion | Commentaires (2) | Permaliens
Mignonne, allons voir si la rose mer...

[...]

Sa robe de pourpre au Soleil...

Cueillez, cueillez votre jeunesse...

[...]

Ô vraiment marâtre Nature...

[...]

Ronsard.

Publié par ncls à 22:30:56 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) | Permaliens
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