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Volez, qu'il disait | 21 mai 2008

Je n'aime pas l'avion.

Enfin, c'est pas totalement vrai. J'aime voler au dessus des nuages. Il y fait toujours beau. Le ciel est d'un bleu ciel à perte de vue (notez le calambour). En dessous, les nuages, d'un blanc pur et lumineux, ressemblent à un matelas de mousse à extincteur dans lequel on se jetterait bien volontier, à première réflexion du moins. Et, lorsqu'il fait très beau et que les nuages se font absents, c'est l'occasion d'observer la terre de très haut, de se prendre pour Yann Arthus-Bertrand quelques minutes et de relativiser sur la taille de l'être humain par rapport à la terre sur laquelle il vit.

Non, je n'aime pas l'avion. Et pourtant, j'adore les décollages, ces moments grisants où l'accélération vous plaque au fond de votre siège. Puis, lors de la montée, cette sensation intense de peser le double de votre poids, alors que l'avion se cambre à plus de trente degrés. J'aime aussi ces zones de turbulences où tout l'appareil tremble, qui vous donnent l'impression que l'avion va décrocher d'un instant à l'autre, tout en sachant pertinemment que cela n'arrivera jamais. J'apprécie aussi les atterrissages, avec une préférence pour les plus violents. Je n'ai pourtant jamais été un grand fan de sensations fortes, mais l'avion m'inspire confiance. Va savoir.

J'aime pas l'avion. Et pourtant, depuis tout petit, je suis fan de ces engins volants. J'ai joué avec des petits avions, j'ai beaucoup observé les avions dans le ciel. On a même vu l'atterrissage du dernier Concorde à Roissy, avec mon père. Les avions m'impressionnent par leur taille, leur bruit, leur vitesse, leur capacité à voler, tout simplement. Je suis aussi un fan des aéroports, de ces bâtiments immenses où le monde entier se croise sans se regarder, où les destinations aussi exotiques que lointaines s'entremêlent. Je m'impressionne toujours autant pour ces techniciens sur les pistes qui s'affairent autour de l'appareil et, en l'espace d'une heure, contrôlent l'avion, remettent du kérosène, déchargent et rechargent les soutes, nettoient l'intérieur, rechargent la nourriture, et remorquent l'avion jusqu'à le remettre sur la piste dans le bon sens.

Vraiment, Je n'aime pas l'avion. Parce que là où un Paris-Aarhus nécessitera une heure de vol -contre 18h de bus-, l'ensemble des formalités et temps de déplacement, sans compter les habituelles perturbations, vous quadriplera voire quintuplera le temps de votre voyage... dans le meilleur des cas. Arriver deux heures à l'avance, enregistrer les bagages, se présenter aux portiques de sécurités, sortir l'ordinateur portable de son sac, retirer la ceinture, se faire frotter par le détecteur de métaux sous prétexte que votre jean, bourré de boutons, a fait sonner le portique, puis se présenter à la porte d'embarquement une demi-heure avant, embarquer, patienter le temps que tout le monde s'entasse dans l'avion, attendre un créneau de décollage sur la piste, puis patienter de nouveau que l'avion se vide à l'arrivée -les places les moins chères sont évidemment en fond de carlingue-, attendre les bagages au tapis roulant, trouver la sortie, dégoter un moyen de transport pour rejoindre la ville (les aéroports ne sont évidemment situés qu'à une proximité relative des villes qu'ils désservent), et -enfin- arriver au centre-ville. Le parcours du combattant moderne.

Je n'aime pas l'avion, encore moins les compagnies aériennes. Les championnes d'annulation de vol pour «raisons techniques». Même les collégiens trouvent des excuses plus crédibles lorsqu'ils sèchent les cours. Les championnes de retard pour raisons -lorsqu'on vous en donne- aussi diverses que variées: du mauvais temps au bug informatique dû à la présence de deux danois du même nom dans l'avion. Impossible de prévoir donc un horaire crédible d'arrivée. Et puis, là où les grandes compagnies vous font patienter au moyen d'un petit dédommagement, les «low costs» font les morts. D'ailleurs, un low cost n'est jamais si low cost qu'il n'en fait la promotion: combien de site internet vous font payer le double (bagages, assurances, taxes d'aéroport, suppléments pour pigeons) de ce que leur publicité et les prix initiaux ne vous vantaient ? La Commission Européenne a d'ailleurs dénoncé cette situation honteuse et demandé début mai qu'elles se mettent en conformité avec les lois européennes à pas moins de... 80 compagnies aériennes.

J'aime pas l'avion. Au moins, avec le bus, tu pars à l'heure et t'es à peu près sûr, à une demi-heure près, d'arriver à l'heure et directement au centre-ville - empiriquement et personnellement, c'est du moins l'expérience que j'en ai. Et surtout, tu montes dans ton bus au départ, et t'en descends à l'arrivée. Pas de soucis de changement, de retard, de météo, de bagages ou de terrorisme. Et au final, la différence de temps n'est plus si grande que ça. Et, avantage non anecdotique, cela donne le temps. De rencontrer, d'échanger, de lire, d'étudier, de dormir, de regarder le paysage. Syndrôme d'une société où l'on cherche à aller toujours plus vite pour un avantage tout relatif (12h pour faire Aarhus-Paris par avion vendredi dernier contre 18 en bus), n'aurait-on pas pour intérêt de ralentir un peu ?

Et puis ça pollue. Non, j'aime pas l'avion. Mais faut reconnaître que c'est quand même bien pratique.

Publié par ncls à 16:32:52 dans Humeur | Commentaires (2) |

Dash'n'Crash | 20 novembre 2007

Pas mal de boulot en ce moment, peu de temps pour écrire donc. A signaler quand même l'apparition de Dash'n'Crash sur le net.

Rebondissant sur la succession de crashs des Q400 Bombardiers de la Scandinavian Airlines (qui avait fait l'objet d'un article, voir ici), ce jeu vous propose de prendre les commandes d'un de ces appareils pour atterrir, malgré un train d'atterrissage défaillant... problèmes identiques à ceux que les avions de la SAS avaient connu ! Qui a dit que les danois n'avaient pas d'humour ?!

Ps: jeu en danois (mais facile à comprendre) en cliquant sur le lien suivant: Dash'n'Crash

Publié par ncls à 19:05:34 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) |

Stewarts of Air France or Q400 of SAS? Arf... | 29 octobre 2007

 

Il y a certaines blagues, cruelles certes, qui peuvent se renouveller en permanence. Ainsi cet été, il était statistiquement déconseillé de prendre le car avec des polonais. Quelques mois plus tard, il est déconseillé d'embarquer sur les avions Bombardier. A plus forte raison sur ceux de la compagnie Scandinavian Airlines (SAS). C'est passé relativement inaperçu en France - la loi des kilomètres sans doute...

Le 9 septembre dernier, un Q400 (construit par Bombardier) de la SAS réalise un atterrissage d'urgence, train d'atterrissage détruit, à Aalborg (Danemark). Au contact de l'aile avec le sol, l'appareil prend feu. Sur les 73 passagers, seuls 5 sont légèrement blessés.

Le 12 septembre, trois jours plus tard, un autre Q400 de SAS atterrit à Vilnius (Lituanie). Un train d'atterrissage défectueux déstabilise l'appareil, une aile touche par terre, l'avion dérape. Aucun blessé. Mais la SAS cloue provisoirement ses Q400 au sol (elle en possède 27).

Début octobre, la flotte reprend peu à peu ses vols, pendant que SAS réclame 500 millions de couronnes suédoises (54 millions d'euros) d'indemnisation pour les préjudices.

Samedi dernier, aéroport de Copenhague. Un équipage signale un problème avec le train d'atterrissage avant de son appareil. Cet avion est... un Q400 de la SAS! L'atterrissage se passe normalement jusqu'à ce que le train avant s'effondre. L'appareil finit alors sa course sur le fuselage. Une fois encore, aucun blessé sérieux n'est à déplorer. Mais cette fois, SAS décide de suspendre les vols de ses Q400... définitivement! Dommage pour les amateurs de sensations fortes...

Imbroglio juridico-financier en perspective entre la SAS et Bombardier. Et difficultés pour le constructeur canadien, dont le cours de l'action a chuté de plus de 6% aujourd'hui. Et inquiétudes pour la compagnie européenne qui a signé il y a une semaine l'achat d'une dizaine de Q400. Son nom n'est pas encore connu. Qu'elle se cache, ça vaut mieux en ce moment!

 

Tout ça pour dire que cet été, j'ai pris le car, et malgré la forte proportion de polonais au sein de la population estudiantine étrangère d'Aarhus, n'ai connu aucun incident notable (excepté les ronflements des italiens et de Séb, ainsi qu'une imitation de J-J Goldman par moi-même, mais rien de grave). Jeudi je prendrai donc l'avion en pleine confiance. Sur Sterling, évidemment, pas sur SAS. Faut quand même pas pousser...

 

Publié par ncls à 18:56:09 dans Insolite | Commentaires (2) |

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