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Je déménage avec deux sacs et deux sacoches (la vie est une folie) | 09 juin 2008

Qui dit Danemark, dit pays du recyclage et du respect de l'environnement - encore que cette dernière affirmation reste à prouver. Mais qui dit pays du recyclage, dit pays du consignage. Or, ici, la consigne concerne tous les types de contenant, ou presque. Bouteilles de bière (tous types) ou de soda, mais aussi... les canettes.

La consigne, c'est tout un art. Et les artistes se divisent en deux catégories. La première est celle des consciencieux: ceux qui, à chaque fois qu'ils vont faire leurs courses, ramènent leurs quelques bouteilles. Comportement très danois, il va sans dire. La seconde catégorie est celle des flemmards: ceux qui attendent la fin de l'année pour vider le sas d'entrée qui, au fur et à mesure des mois, avait accumulé un mur de bouteilles d'un bon mètre cinquante de hauteur. Comportement très étudiant étranger, il va sans dire.

Ce bon vieux Robert (en photo) nous a bien aidé. Robert, c'est le caddie que l'on a "emprunté" à Netto, quatre mois plus tôt, lorsque l'on avait acheté un petit hectolitre de bière pour fêter dignement -à la danoise, j'entends- mon anniversaire. Depuis, Robert s'était installé devant notre jardin, et semblait apprécier cette nouvelle vie composée de farniente, de bronzage et de flemmardise au milieu de l'herbe verdoyante. Aujourd'hui, Robert a fait le chemin inverse, chargé de bouteilles vides.

Et là, on est subitement devenus riches, ma voisine Laura et moi. La consigne nous a rapporté la bagatelle de 146 couronnes danoises, soit plus de 20 euros! Et encore. Les bouteilles de vin ne sont -malheureusement pour nous-, pas consignées (rah ces buveurs de bières, j'vous jure). Parce qu'en vidant nos sas respectifs nous avons jeté dans le conteneur, Laura et moi, au bas mot une bonne quarantaine de bouteilles de vin. Dommage, on aurait pu être méga-riches.

Quant à Robert (oui, je sais, vous alliez me poser la question), eh bien... il ne voulait pas retrouver ses congénères. Peut-être trop timide, trop habitué à sa liberté ou trop honteux de son équilibre (Robert penche dangereusement à gauche). Faut dire que, de notre côté, nous avions aussi un peu la flemme de parcourir les quatre-vingt-huit mètres qui séparent le Brugsen (seul magasin ouvert le dimanche) du Netto. Alors dans le fond, ça arrangeait tout le monde. Robert a donc repris sa place dans notre jardin. Je devrais donc me séparer de lui aussi, demain*.

 

*Quittant définitivement le Danemark dans quelques douze heures, je repose maintenant au milieu d'une chambre vide, d'un bureau encombré d'une vingtaine de kilogrammes de bricoles destinées à être entassées dans les sacs de voyage bourrés à craquer et dont les fermetures ne ferment déjà plus. «Pardon monsieur, je déménage, moi.»

Publié par ncls à 01:59:54 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) |

Le Danois, cet étrange spécimen | 28 février 2008

Le Danois a de l'humour, la preuve
 

 

On pourra se moquer éternellement de lui, de sa langue, de sa façon de traverser la route ou de se déplacer avec rigueur dans les bus (même dans un bus surbondé, une certaine organisation est de mise), mais le Danois possède toutefois certaines habitudes et aptitudes physiques que nous, pauvres latins, ne pouvont qu'admirer, et qui, faut-il le reconnaître, nous laissent las et à moitié jaloux.

Il faut par exemple savoir que le Danois court, tout le temps et par tout temps. C'est-à-dire que voir des joggeurs, en pleine journée, le matin ou le soir, n'a en soit rien d'exceptionnel. Mais, plus étonnant, voir des gens courir à onze heures du soir ou minuit est monnaie courante ici. Et, détail important, quelque soit le temps ou la température. Et pour cause. La semaine dernière, courant avec mon voisin danois, je lui expliquais que la pluie du jour m'aurait dissuadé d'aller jogger s'il n'avait pas été là. Lui de me répondre « mais t'es au Danemark ici, si tu cours pas par ce temps-là, tu pourras jamais courir ! ». Dont acte.

Le Danois mange tôt. C'est plus qu'une tradition, c'est un mode de vie. L'heure du dîner varie irrémédiablement entre 18h pour les plus raisonnables et disons 19h30 pour les couches-tard. Ben oui, c'est pas bon de manger juste avant d'aller dormir, m'a-t-on rétorqué ici. Pas faux. Mais quand même, 18h, c'est tôt... Psychologiquement, le Français en Erasmus ne peut pas manger avant 20h, plus généralement 21 ou 22h. Et même en s'y prenant tôt, le temps de préparer la nourriture, de mettre la table et de musarder quelque peu, le Français galère pour manger avant 20h. C'est empiriquement prouvé.

Le Danois peut aussi boire de la bière, en packs entiers la semaine, en fûts entiers le week-end. Mais le danois ne grossit pas. Au contraire, il reste toujours aussi fin et élancé. Parce qu'il fait du sport ? Diable, possible. D'où, là, le Français en Erasmus se (re)met au sport. Vélo, jogging, gymnastique, piscine... quotidiennement même pour certains ! Mais rien n'y fait. Alors certes, le français bat chaque jour ses propres records de distance parcourue ou de pompes effectuées, mais il voit aussi chaque jour grossir cette petite protubérance (petite pour l'instant, pas trop d'inquiétude) juste au dessus de la taille, lui rappelant cruellement qu'il n'a pas été élevé avec la bière dans le biberon, contrairement au Danois. Du moins, c'est ce que la légende prétend.

Il y a enfin la maîtrise du vélo, et ça c'est franchement très énervant. Même pour l'honnête cycliste français, la maîtrise de la conduite cycliste du Danois a de quoi rendre jaloux. C'est par exemple l'aisance qu'il a, lorqu'il arrive à proximité du parking à vélo, d'ancrer solidement son pied sur une pédale, s'appuyer sur cette jambe-là, passer lestement l'autre au-dessus de la barre du milieu et se tenir ainsi debout en équiblibre, dos droit et nez au vent, telle une figure de proue d'un vieux gréement, le tout alors que le vélo termine sa course à une vitesse parfois impressionante. A l'arrivée, un petit coup de frein et pieds à terre. Le preux cavalier dominant sa sauvage monture.

Un français qui fait ça, c'est une autre histoire. Se maintenir en équilibre sur une pédale n'est pas forcément ce qu'il y a de plus compliqué. Mais passer sa jambe au-dessus de la barre centrale en roulant, c'est une autre chose - si, si, essayez qu'on rigole. Avec pour risque suprême d'y accrocher le bout du pied, de perdre l'équilibre et de s'écraser lourdement à terre. Alors bien souvent, le Français reste bien sagement assis sur sa selle jusqu'à l'arrêt total de la machine. A l'arrivée c'est un peu moins sexy, mais ça empêche les choses de mal tourner. On n'est pas né le guidon dans les mains et la selle entre les jambes, nous - il doit sûrement y avoir une légende à ce propos.

Publié par ncls à 21:17:40 dans Insolite | Commentaires (1) |

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