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Affaire des caricatures et choc des civilisations | 09 mars 2008

Mieux vaut ne pas être ambassadeur du Danemark, dans les temps qui courent. Si sur le plan intérieur, la situation est revenue à la normale après une bonne semaine de troubles urbains, l'affaire de la reproduction des caricatures dans dix-sept journaux danois à la mi-février (et longuement détaillée ici) reste sensible au Moyen-Orient et, plus généralement, dans les pays à majorités musulmanes.

Ca avait en fait démarré très fort, dès le 13 février, jour de la parution des caricatures. Dès le milieu de la journée, l'ambassadeur danois était convoqué chez le ministre des affaires étrangères iranien, pour se voir signifier le mécontentement des dirigeants iraniens. La menace est claire: rupture des relations diplomatiques entre les deux pays si le Danemark ne présente pas d'excuses officielles. Evidemment, celles-ci ne viendront jamais.

Le lendemain, les réactions continuaient à affluer. Au Koweït d'abord, où les parlementaires appelaient au boycott du Danemark sous toutes ses formes. Par communiqués, le Hamas et le OCI (Organisation de la Conférence Islamique) condamnaient également fermement la nouvelle publication des caricatures. Le lendemain, jour de la prière oblige, un certain nombre de manifestations anti-danoises se déroulaient dans les rues de la bande de Gaza et du Pakistan, où le drapeaux rouge et blanc fut brûlé. Puis vint le tour de l'Egypte en début de semaine suivante: annulation de matchs de football contre les équipes du Danemark juniors, puis condamnation de caricatures, censure des journaux, manifestations étudiantes et convocation de l'ambassadeur. Peu après, c'était à la Conférence Irakienne de condamner la reproduction des dessins. Dans d'autres pays, des campagnes de presse s'organisèrent aussi: en Jordanie, une campagne publicitaire encourageait à une rupture des relations diplomatiques avec le Danemark et à l'expulsion de son ambassadeur, tandis qu'en Mauritanie des médias faisaient pression pour pousser le Danemark à stopper «les agressions farouches menées par les milieux de droite contre le prophète Mahomet».

 


Crédits photo: AFP

 

Mardi 26, presque deux semaines plus tard, c'était au tour du Soudan de décréter le boycott des produits danois, le chef du gouverement soudanais invitant «tous les musulmans du monde entier» à faire la même chose. Deux jours plus tard, un ministre du Yémen déclarait devoir envisager une rupture des relations avec le Danemark «s'ils continuent à publier des caricatures comme celles-ci». Puis la flamme de l'indignation s'empara de l'Afghanistan, où des responsables religieux défilèrent dans les rues et où certains parlementaires crièrent «mort aux ennemis de l'islam». Enfin, cette semaine, ce fut au tour du Conseil des Oulémas du Maroc et de la Haute Assemblée Islamique tunisienne de condamner l'attitude des journaux danois.

Il peut s'avérer intéressant de souffler deux minutes, et de lister tous ces pays sus-cités: Iran, Koweït, Palestine, Pakistan, Egypte, Irak, Jordanie, Mauritanie, Soudan, Yémen, Afghanistan et, dans une moindre mesure, Maroc et Tunisie. Rien que ça. Bien sûr, il ne s'agit, dans un certain nombre de cas, que d'initiatives isolées. Bien sûr, contrairement à 2006, la situation semble moins grave, moins inquiétante, moins radicale. Bien sûr, cette fois-ci, certains gouvernements radicaux ou fondamentalistes font preuve de plus de prudence, n'ayant pas envie de se retrouver avec du sang sur les mains, comme ce fut malheureusement le cas deux ans plus tôt. Mais tout de même, il y a bien un mouvement lent, indéniable, inquiétant, émergeant -renforcé avec l'actuelle controverse autour du film anti-islamique d'un député néerlandais. La fracture Orient/Occident semble s'aggraver, passant du statut de pessimiste théorie pour prendre une forme plus rationnelle.

C'est une conséquence du phénomène de mondialisation: des nouvelles technologies d'information et de communication aux diasporas et replis communautaires, le monde des sociétés évolue logiquement et inéluctablement vers une société mondiale. Le choc des civilisations ne pourra être amorti que par des concessions des différents partis. Or, en republiant les caricatures, les journaux et le gouvernement danois savaient pertinemment à quelles réactions s'attendre. Là est -et j'accuse- leur responsabilité.

Le choc des civilisations. Le défi du 21ème siècle. Chouette programme en perspective !

Publié par ncls à 01:01:36 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) |

Revue de Web | 26 février 2008

L'accès à YouTube rétabli au Pakistan ! Le gouvernement de Pervez Musharraf avait en effet demandé aux fournisseurs d'accès à internet du pays de bloquer l'accès à la plate-forme de vidéos vendredi dernier, en attendant que certaines vidéos au contenu «totalement anti-coranique et très blasphématoires» soient retirés du site. Pour l'anecdote, une erreur de manipulation a conduit à un blocage de YouTube... dans le monde entier - mais pendant deux heures seulement.

Après cinq jours de censure, et désormais «nettoyé» selon la volonté des dirigeants pakistanais, YouTube revient sur les écrans d'ordinateurs du pays. Pour la liberté d'expression, il faudra repasser: YouTube a pour habitude de retirer les vidéos sur simple demande. Le débat porte plutôt sur la nature des vidéos qui gênaient et qui ont conduit le Pakistan à une telle décision.

Et là les médias francophones ne sont pas d'accord. Selon Le Point, qui affirme s'appuyer sur les témoignages des internautes pakistanais, il s'agirait de retirer le témoignages de personnes ayant assisté à des fraudes lors des dernières élections parlementaires. Pour le Nouvel Obs, il s'agirait plutôt de la mise en ligne vendredi d'une vidéo d'un député néerlandais affirmant vouloir faire un film sur le fascisme et la violence de l'Islam. Enfin à en croire TF1, ce serait un moyen pour le gouvernement pakistanais de censurer les caricatures de Mahomet, réapparues en masse après leur nouvelle diffusion dans dix-sept journaux danois deux semaines plus tôt (évoquées ici et ). Il faut donc chercher chez les anglophones et s'en remettre à l'AP pour trouver une hypothèse crédible au blocage de YouTube: officiellement le Pakistan aurait voulu éviter de nouvelles émeutes comme l'affaire de caricatures en avait provoqué deux ans plus tôt (faisant cinq morts), officieusement bloquer la diffusion de la vidéo du parlementaire hollandais. Bel imbroglio.

 

 

Pour revenir à des choses plus joyeuses, voilà le futur candidat irlandais à l'Eurovision 2008. Vrai ! Porté par une vague de soutien populaire -un peu à l'instar de Montcuq pour le monopoly des villes de province-, Dustin a remporté l'épreuve de sélection dans son pays. Je suis déjà séduit, pour ma part...

 

Enfin, oublions un peu YouTube et revenons un peu à l'hexagone, que diable. On sait que les noms de domaine cassetoipauvrecon.com, cassetoipauvrecon.fr et déclinaisons, ont tous été pris d'assaut ce week-end. En attendant que les sites soient opérationnels, vous pouvez toujours faire un tour sur mon coup de coeur du jour: http://situreviens.com/. N'empêche, on aura jamais autant rigolé que depuis le 6 mai !

Publié par ncls à 20:01:43 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) |

Explosion à Copenhague et mutisme général | 20 février 2008

REUTERS - AARHUS (DK), 20/02/2008. Bad news for French people. France lost the world championship of the University of Aarhus of tabletennis tonight. France and Germany were opposit in final, but Germany was better and won 3 sets to 0. The scene took place in the famous stadium of the Veljbykollegiet, in Risskov. But some advisers said that the German player disturbed his partner with a count in different languages (always switching between german, danish, french and english). Never the less, the German team stays winner, because of the pizza after the match.

Sinon, et c'est incontestable, ça a son charme de fêter son anniversaire loin de chez soi. D'abord parce qu'on reçoit plein de mails, ensuite parce qu'on se fait souhaiter son anniversaire dans tout plein de langues différentes, en français, en danois, en anglais, en allemand... Alors merci à tous, tak til alle, thank you to everybody, danke schön für alles... Pas trop la classe, ça ?

Quant aux émeutes qui agitent le Danemark depuis plus d'une semaine (voir le billet de vendredi), elles semblent s'être calmées à l'intérieur du pays. Une partie des émeutiers auraient signé une pétition expliquant leurs gestes, et indiquant l'arrêt des troubles. Retour au calme et début des débats politiques, bref, tout le monde pensait la situation revenue à la normale, comme je l'expliquait dimanche. C'était occulter la bombe qui a explosé ce matin à l'entrée d'un saunarium, à Copenhague. Heureusement, pas de victimes, mais d'importants dégâts matériels et une évacuation d'une partie du quartier le temps de vérifier le contenu d'autres sacs suspects.

Crédits photo: Jyllands-Posten.dk

Les hommes soupçonnés de l'attentat, non revendiqué, ont été décris par des témoins comme d'origine orientale. De là à relier l'explosion avec les émeutes récentes, il y a un pas que les journaux danois n'ont pas franchi. Echaudés par la situation actuelle, à laquelle on peut leur imputer une part de responsabilité ? Il est vrai que la police danoise, elle-même prudente, a déclaré exclure la piste terroriste. Déclaration tombant bien, au moment où de nombreux pays islamistes, au premier rang desquels l'Iran, appelent au boycott du Danemark. Bref, le silence semble satisfaire tout le monde. Les sites d'information danois relaient bien vite l'explosion en bas de page. Quant aux autres médias occidentaux, ils n'auront même pas évoqué le sujet.

Et c'est là que l'étonnement pointe. Pourquoi aucun média anglophone, francophone ou germanophone visible sur le Net, crédible ou pas, professionnel ou pas, à orientations politiques ou religieuses ou pas, n'en a parlé ? Pourtant, une porte a été défoncée par cet attentat. Pour les plus conservateurs, c'est une bonne occasion de montrer que les immigrés sont à l'origine des problèmes du Danemark, et qu'il est temps de fermer les frontières. Pour les défenseurs des droits de l'homme au contraire, c'est une nouvelle preuve qu'on met tout sur les dos des immigrés sans preuve et sans fondement. Pire, pour les amateurs de complots en tout genre, on pourrait y voir la main des fondamentalistes musulmans, d'Al-Qaïda ou de l'Iran. Certes, aucun élément ne permet de confirmer ni d'infirmer l'une de ces thèses, mais les journalistes sont imaginatifs et friands d'affaires un peu étranges. Pourtant là, le mutisme est général.

La seule explication qui me vient à l'esprit, c'est le concept de circulation circulaire de l'information, si chère à Bourdieu. Traduction: la presse ne relaie qu'une information qui est déjà dans le circuit -scoops exceptionnels mis de côté, bien sûr. Les médias transmettent donc tous la même information, et ne diffèrent que sur la façon dont ils la traitent. A l'information de rentrer dans le circuit, elle y sera ensuite traitée à sa juste valeur -ou à sa valeur marchande.

Or, pour rentrer sur le circuit, il semblerait qu'elle ait besoin des agences de presse. Reuters, AFP, AP. Sans elles et leurs dépêches matinales, l' "affaire des caricatures II" de la semaine dernière n'aurait jamais connu un tel éclairage dans les médias du monde entier. Aucune d'elle n'a choisi de médiatiser l'attentat de ce matin -en dehors des circuits professionnels du moins. Erreur professionnelle ou choix responsable ? Là n'est pas la question. Le problème est plutôt ce constat: sans agence de presse, pas d'information. Conséquence directe: l'indépendance des agences de presse est une question vitale pour la démocratie -sujet sensible alors que Bolloré s'apprête à racheter la branche française d'AP. Et constat plus général: les journalistes ne vont plus à la pêche à l'information. Question de temps ou de budget, mais rien de bien nouveau, n'est-ce pas ?

Publié par ncls à 23:54:41 dans Vie quotidienne | Commentaires (1) |

Caricatures de Mahomet, c'est reparti - Chronique et responsabilités d'un emballement médiatique | 15 février 2008

 

Drapeaux brûlés et ambassades mises sous sécurité renforcée au Moyen-Orient, voitures et magasins incendiés, bus pris d'assaut... le Danemark s'est levé ce matin avec la gueule de bois et le désagréable sentiment de revivre le même cauchemar que deux ans plus tôt, lorsque l'affaire des caricatures de Mahomet avait enflammé le pays, embrasé une partie du monde musulman et causé la mort de plusieurs dizaines de personnes dans le monde. Le quotidien gratuit à grand tirage « Nyhedsavisen » (voir ci-dessus) osait même titrer sa Une d'un provocant « Muhammedkrisen II ». Ambiance.

Un attentat déjoué

A l'origine de ces évènements, l'arrestation dans la nuit de lundi à mardi à Århus de trois hommes soupçonnés de préparer un attentat contre Kurt Westergaard, l'auteur de la caricature la plus controversée, sur laquelle le prophète Mahomet était représenté, une bombe en guise de turban. L'annonce du coup de filet est faite mardi, au petit matin, par les services secrets danois, rapidement relayée par les grandes agences de presse Reuters, AP et AFP. Les réactions sont immédiates et virulentes dans le pays, du monde politique aux grandes associations musulmanes scandinaves, en passant par la presse danoise qui fait, sur le web comme à la télé, cause commune autour du Jyllands-Posten et de son dessinateur. Très vite, sentant l'odeur de souffre, les grandes chaînes d'information américaines, à l'instar de CNN ou d'ABC News (voir le billet de mardi), s'emparent de la nouvelle, lui donnant une résonnance internationale. Mais, manque d'image oblige, l'information est commentée sur fond de photos prises lors d'émeutes en 2006.

Mercredi matin -seulement, délais d'édition oblige-, les journaux s'emparent de l'affaire. Dix-sept journaux danois publient à cette occasion un ou plusieurs des dessins qui avaient déclenché l'affaire des caricatures, dont évidemment celui de Kurt Westergaard. Si certaines rédactions précisent prudemment les publier pour "documentation", d'autres ne cachent pas revendiquer ainsi leur liberté d'expression. Et les réactions ne se font pas attendre. Signe fort venu du monde islamiste, le ministre des affaires étrangères iranien convoque l'ambassadeur danois pour lui signifer son couroux. Le lendemain jeudi, plusieurs députés koweïtien appellent au boycottage politique et économique. Même son de cloche de la part du Hamas palestinien, qui demande le même jour des excuses officielles.

Dans le même temps, la police danoise rappelle que cette arrestation n'était que « préventive », et que selon toute probabilité, les trois hommes n'étaient pas en mesure d'attenter à la vie du caricaturiste dans l'immédiat. Faute de preuves, les deux tunisiens seront expulsés dans leur pays ; quant au troisième, un danois d'origine marocaine, il est remis en liberté surveillée. Une issue qui arrange bien les services secrets danois, qui ne seront pas obligés de dévoiler leurs méthodes d'investigation au cours d'un éventuel procès. Et qui n'auront pas à se justifier de l'arrestation des trois hommes, précisent les mauvaises langues. D'un « attentat déjoué » comme l'annonçait très vite la presse, on est vite revenu à de simples « arrestations préventives », comme la police l'avait annoncé au départ. Un grand battage médiatique pour pas grand-chose ?


La fameuse caricature de Kurt Westergaard

 

La poudrière islamiste danoise

Le problème, c'est que l'islam -dans sa forme radicale, il s'entend- repose au Danemark sur une véritable poudrière (déjà évoquée dans ce billet en septembre dernier, d'ailleurs titré «le calme avant la tempête ?»). La plaie de 2006 ne s'est pas refermée, bien au contraire. La publication des caricatures mercredi a entraîné une vague de révolte et d'actes de délinquance. Mercredi, un bus a été pris d'assaut à Brabrand, le « ghetto » d'Århus, et n'a été libéré qu'à l'arrivée de la police. Puis dans la nuit, des voitures et des commerces ont brûlé un peu partout dans le pays. Faisant la Une des journaux le lendemain. La violence appelant la violence, ce matin encore les journaux consacraient des pleines pages aux violences du début de nuit dernière comme à celles de la précédente. Traumatisant pour un pays peu habitué à ce genre de délinquance.

Evidemment, cette affaire n'est -pour l'instant- pas en mesure d'inquiéter l'économie et la sécurité du pays. A l'intérieur des frontières, la violence ne reste concentrée qu'aux quelques banlieues « chaudes » que compte le Danemark, et risque surtout de creuser l'écart déjà existant entre la minorité musulmane et la communauté danoise. Au niveau international, même si certains partis islamistes ont fait entendre leur voix, même si le Dannebrog (le drapeau danois, hautement symbolique ici) a déjà été brûlé au Pakistan, la situation est loin d'être aussi dramatique que deux ans plus tôt. Pour l'instant.

 

Des médias responsables ?

Il est bien évident que toutes ces réactions violentes (des cités danoises comme des partis, gouvernements ou responsables islamistes) sont inacceptables, condamnables, caricaturales et navrantes pour la religion musulmane, il est utile de s'interroger également sur le rôle de la presse dans cette affaire. La presse danoise a-t-elle eu raison de publier les caricatures mercredi ? La presse internationale a-t-elle eu raison d'accorder une telle place à « l'arrestation préventive » de trois hommes à priori « incapables d'opérer » ? La police a-t-elle eu raison d'annoncer aussi bruyamment qu'elle venait d' « empêcher un attentat » ?

A reprendre les éléments du communiqué de la police de mardi matin, celle-ci ne semble pas éxagérer outre mesure en indiquant avoir « empêché un meurtre lié au terrorisme », notant que cette opération « doit avant tout être perçue comme une mesure préventive ». Meurtre, terrorisme et caricatures ; trois mots qui suffirent pourtant à attirer l'attention des médias du monde entier, dont au premier rang les chaînes d'informations continues américaines. Qui n'eurent visiblement aucun remord à montrer des images de manifestations de 2006, avec drapeaux danois brûlés et émeutes plus ou moins violentes, une voix en « off » narrant l'arrestation des trois « ex-futurs-terroristes présumés ». Amalgame dramatique tant le cocktail était explosif, au Danemark comme -surtout- au Moyen-Orient.

L'autre épisode de cet embrasement médiatique, c'est la publication de ces caricatures dans dix-sept journaux mercredi. Au nom de la liberté d'expression, précisaient certains. Ne fallait-il pourtant pas s'autocensurer ?

Bien sûr, la liberté d'expression et la liberté de la presse sont deux fondamentaux pour une société juste et démocratique. Ce sont même des fondements. Bien sûr, la menace qui pesait -et qui pèse toujours- sur Kurt Westergaard est inacceptable et révoltante. Bien sûr, il fallait se montrer solidaire du dessinateur et de son journal, et réagir contre les dérives de l'extrêmisme religieux. Cependant, publier ces dessins, c'était, immanquablement, risquer de mettre un coup de pied dans la fourmillière de l'islamisme danois. Les journalistes ne sont pas idiots et, mieux que quiconque, ils savaient que cela serait assimilé à de la provocation. Et que cette provocation trouverait réponse dans la violence urbaine à l'échelle nationale, et dans de nouvelles tensions à l'échelle internationale.

Le sujet est vaste, et le débat éternel. Il a nourri les conversations pendant plus de deux ans, au Danemark. Et au moment où l'on ne l'attendait plus, le voilà qu'il ressurgit. Fallait-il publier ces caricatures mercredi ? A première vue, oui. Mais avec pour inévitable postulat le risque d'enflammer un brasier à peine éteint ? Là, permettez-moi d'être dubitatif...

 

Quant à ce blog, au nom de la liberté d'expression, il prend la responsabilité de publier la caricature si controversée. Je n'irai juste plus faire mon footing dans le ghetto de Brabrand... ;)

Publié par ncls à 20:49:45 dans Opinion | Commentaires (2) |

Actuality in Aarhus | 12 février 2008

 

One month after the spectacular steal of several millions of danish kröner in Aarhus, the citie is again under the lights of actuality. In fact, as AP said above, the Danish police arrested today three men who were preparing a murder of one of the Muhammat's caricatures drawers.

You can also consult this AFP message, watch or visit the websites of ABC News and CNN who are talking about that. And all the other newspaper, soon.

It's a ridiculous story. One more time, the bad picture of muslim religion will turn around the world. One more time, a man could be kill because of his job. One more time, some people want to replace states laws under religious laws.

And that scene takes place in Aarhus. Cocorico !

Publié par ncls à 16:44:22 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) |

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