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Dou you spike in glich ? | 17 mai 2008

Sur Sterling Airlines (compagnie danoise), bon accent anglais du personnel. Sur KLM Royal Dutch Airlines (compagnie hollandaise), encore mieux. Et puis là est venu Air France, évidemment...

« Éllo laydiz ènde djentlemane, maï nayme iz P***** ènde aïe am youre commandante offf ze airplayne touday bitwouine Amsterdam ènde Paris. Oui ouil ouayte fore fiou minuts ire, bicoze of ze currente storm in Paris. Aïe ouiche you a goude traveul. »

C'est donc cette homme là qui est censé piloter notre avion EN LIAISON AVEC LES TOURS DE CONTRÔLE ! Bienvenue sur Air France, seule compagnie aérienne au monde où l'anglais est en option.

Publié par ncls à 12:18:34 dans Voyages voyages | Commentaires (2) |

Qui a dit chauvinisme ? | 16 mai 2008

C'est effrayant. Je ne sais pas pourquoi, mais ceux qui m'envoient des SMS ou des e-mails s'obstiennent à mal orthographier mon nom. Ainsi, selon qu'ils soient canadiens, danois, polonais, anglais ou allemand, ils s'acharnent à m'écrire Nicholas, Nikolas, Nicola, Niclas, Niklas ou encore Nichola. Heureusement, les latins -espagnols, italiens et français, bien sûr- l'écrivent généralement sans faute. Je ne suis toutefois pas le plus à plaindre, certains prénoms français semblant totalement inconnus aux étrangers, à l'instar de Tiphaine ou de Baptiste. Ils n'arrivent déjà pas à les prononcer, alors de là à les écrire...

Que le français redevienne un Lingua Franca, que diable !

Publié par ncls à 02:55:13 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) |

Adresses e-mails et atlantisme universitaire | 15 mai 2008

Après la Russie, traversons le pacifique et débarquons sur cette terre inconnue et inquiétante que représente pour nous, pauvres européens, l'immense état fédéral que sont les Etats-Unis d'Amérique. Inconnue, car si niveau géographie européenne, les américains ne sont pas des dieux, niveau géographie américaine, les européens ne sont pas mal gratinés non plus. Bref, je m'égare.

Ainsi donc mon sujet de mémoire de fin de semestre ressemble à quelque chose comme cela: «dans quelle mesure l'adjectif de "empire" est-il utile, pertinant, superflu ou inutile pour analyser la politique étrangère des Etats-Unis pendant et après la Guerre Froide» (du moins, condensant les quinze lignes de questions auxquelles l'on doit répondre, ça pourrait ressembler à ça). Ca pourrait être sympathique et intéressant si nous n'avions pas que trois semaines et deux autres examens à préparer en même temps. Mais bref, je m'égare.

Ainsi donc, il nous faut répondre, et trouver une réponse PAR NOUS-MÊME à cette délicate question. Délicate, car tous les spécialistes se déchirent sur la question. Qu'ils s'appellent Ikenberry, Wohlforth, Dueck, Ferguson, Barber, Johnson ou encore Todd (liste non exhaustive), chacun de ces messieurs ont des avis complètement divergents sur la question. Et bien souvent, l'avis varie plus ou moins selon l'origine du théoricien, selon qu'il soit américain (pro-), anglais ou australien (-modéré) ou français (-anti) - caricaturalement du moins, ça ressemble à ça.

Autre chose qui m'interpelle particulièrement, ce sont les adresses e-mails. Je m'explique: avant chaque article et essai, souvent extraits de revues spécialisées, est esquissé un rapide CV de l'auteur et... son adresse e-mail ! Les américains sont vraiment en avance sur nous... Imaginez donc, d'ici quelques années, lorsque vous achèterez un livre, vous aurez la possibilité de contacter directement l'auteur grâce à son adresse e-mail. Secrétaire de société d'édition n'est donc peut-être pas un boulot d'avenir. Bref, je m'égare.

Ainsi donc, voilà où je voulais en venir. En France, du peu que je les utilise, les boîtes aux lettres électroniques des universitaires sont bien souvent très professionnelles, très sérieuses. Ainsi le directeur de mon UFR a pour adresse électronique françois.p*****@u-cergy.fr. Ainsi Pascal P***, de Science-Po, a-t-il aussi pour adresse électronique construit de la même manière pascal.p***@sciences-po.fr. Or là, et comme au Danemark d'ailleurs, les professeurs ont des adresses beaucoup moins formelles. Ainsi Thorsten Borring O****, historien danois reconnu et mon enseignant au premier semestre, a-t-il pour adresse électronique histto@hum.au.dk (une lettre a volontairement été modifiée). C'est aussi le cas de mon cher professeur de Harvard, monsieur Mark K****, dont l'adresse e-mail ressemble à ça: mk****@fas.harvard.edu. Enfin, cas amusant, parmi les théoriciens que je suis amené à étudier, G. John Ikenberry, personnalité légendaire dans le milieu, a pour adresse internet gji4@princeton.edu (chiffre volontairement modifié). Ainsi donc à Princeton University devait-il y avoir déjà trois personnes portant les mêmes initiales que le "maître", mais celui-ci n'aura pas jugé utile d'obtenir toutefois une adresse pouvant paraître plus «sérieuse». Ou comment appliquer à des adresses e-mails cette théorie selon laquelle, ici du moins, les intellectuels sont plus simples et abordables qu'en France.

Et dire qu'après ça, on nous demande d'avoir des boîtes aux lettres électroniques sérieuses du type prénom.nom@orange/gmail/hotmail.fr/com pour «faire plus sérieux». Quel dommage qu'on se prenne tant la tête !...

Publié par ncls à 00:21:12 dans Insolite | Commentaires (0) |

Glaces, barbecues et autres réjouissances | 11 mai 2008

Chaleur oblige, chevaux, jolies filles et tee-shirts roses sont de sortie...

 

Contrairement à ce que les derniers articles postés sur ce blog pourraient laisser penser, non, l'auteur de ces lignes n'a pas traversé l'Atlantique, il est toujours au Danemark, là-bas au nord, bien au chaud.

Oui, bien au chaud. C'est qu'il fait une chaleur torride ici - l'adjectif "torride" ne prenant son sens que d'un point de vue danois, mais bon... même le tee-shirt ne s'impose plus, c'est dire ! Bref, les marchands de glace font fortune: fous qu'ils en sont, les danois n'hésitent pas à patienter plusieurs dizaines de minutes, dans des queues rappelant vaguement l'occupation et les tickets de rationnement, pour repartir les mains alourdies de cônes énormes et de boules non moins impressionantes qu'ils croqueront à pleine dent sitôt la foule éloignée.

L'autre tradition ici, par ce beau temps, c'est le BBQ - non, pas la British Budgetary Question de mon livre d'histoire, on parle ici de l'autre, le barbecue. C'est presque un réflexe: beau temps signifie quasi-quotidiennement barbecue entre voisins dans la journée. C'est ainsi qu'à l'heure du dîner, entre 17h et 19h -sont fous ces danois-, la ville prend le délicat parfum de la merguez épicée, viande brûlée et consorts. Dîner traditionnel pour certains, c'est pour d'autres l'occasion de se retrouver entre voisins (c'est le cas dans ma résidence) pour ce que les danois appellent une "grill party".

Mais la grill party, c'est bien plus qu'une tranche de viande rôtissée sur le feu, c'est toute une préparation. Et en général, la genêse du barbecue ressemble à quelque chose comme ça...
15 heures. Tout le monde sur l'herbe; certains bronzent, d'autres lisent, quelques uns dorment - tout en prétendant le contraire, comme d'habitude.
Un danois - BBQ i aften ? (traduction: barbecue ce soir?*)
Un autre danois - Bonne idée! Bon, je vais acheter la viande, qui vient avec moi? Vous, occupez-vous des salades pendant ce temps. Besoin de quelque chose en particulier?
Le français de service - Déjà? On sort de table... Bon, soit. JE sors de table.
Bref, meilleur moyen pour perdre un après-midi: participer à la préparation d'un barbecue avec des danois - et dire qu'après, on reproche aux français de penser tout le temps à la bouffe...

Dernier point: les danois font des barbecues tout le temps et partout. Tout le temps: «c'est qu'on a tellement peu de jours sans pluie, il faut bien en profiter», expliquait mon voisin Rasmus. Partout: chez eux, à la plage, aux terrains de sport, à l'université... On a même vu, à l'occasion d'un beach-volley jeudi dernier, LE barbecue jetable. Petit, pratique et efficace, il s'utilise une fois, puis se jette dans une poubelle. C'est concept, cher et conseillé pour les gros flemmards: danois, en quelque sorte !

 

*Pour une meilleure compréhension du lecteur et pour masquer les lacunes de l'auteur en danois, les dialogues seront écrits directement en français.

Publié par ncls à 23:47:59 dans Vie quotidienne | Commentaires (1) |

Pourquoi ce blog a changé | 18 mars 2008

Les jours passent et l'on s'habitue. Progressivement, on a fini par ne plus prêter attention aux particularités de la vie danoise qui étonnaient tant avant : le calme et la sérénité de la ville, les sourires et la politesse des gens, les paysages, la mer et les couchers de soleil, le vent et les caprices imprévisibles du temps, les bus à l'heure et les contrôleurs avenants, l'université, son parc et ses infrastructures, la mode des sacs à dos sportifs et les couleurs vives des coiffures, jupes ou chaussures, les cash-back (retirer de la monnaie à la caisse du supermarché), les journaux gratuits qui pullulent à tous les coins de rue, la vitesse des voitures, les prises électriques sans prise de terre, les sirènes de police américaines ou les cris des mouettes... Ces particularités, on ne les ressent plus qu'à travers le regard des nouveaux arrivants ou, plus occasionnellement, à travers celui de nos visiteurs. Oui, le Danemark est un pays riche et cher. Oui, le Danemark offre un confort de vie indéniable. Oui, le Danemark est un pays froid. Mais on finit par ne plus y faire attention.

Mine de rien, on s'est intégré à la société danoise. On traverse lorsque le petit bonhomme est vert, on boit de la bière et on n'a plus la gueule de bois le lendemain. C'est déjà beaucoup.

Alors forcément, le quotidien se ressent comme tel, maintenant. L'emploi du temps de la semaine prend petit à petit forme, déterminé par les cours, les travaux personnels, les activités, les courses et machines à laver, les soirées. Les seuls surprises ne résident presque plus qu'en les rencontres. Celles-ci se multiplient (meilleur niveau d'anglais aidant), et sont toujours plus enrichissantes. Mais sitôt le dos tourné, le cours terminé ou la soirée quittée, la pression du quotidien revient au galop : la rédaction, la machine et le dîner avec les voisins. Certes, chaque jour apporte son lot de surprises et de situations incongrues. Mais même l'incongru n'étonne plus, il est devenu un quotidien, lui aussi.

Ce n'est pas une question de lassitude. L'étape « mal du pays », nécessaire à toute adaptation, est derrière nous. Ce n'est pas non plus une question d'ennui, au contraire. Se lever chaque jour en se demandant ce qui va bien pouvoir arriver aujourd'hui est un sentiment grisant, presque jouissif. Vivre en se laissant vivre, et vivre quand même. Qui demanderait mieux ?

Forcément, cette habitude, mélange de quotidien redondant et d'incongru récurrent, se ressent dans ce blog. Consacré à la vie quotidienne de son contributeur et à la description de la culture danoise, il puise aujourd'hui son inspiration dans l'actualité internationale, l'opinion personnelle ou l'insolite version large. Le Danemark n'est plus qu'une partie de ce blog comme il n'est plus qu'une partie de notre vie ici. Tout comme la France et ses spécificités ne sont qu'une partie de la vie d'un habitant de Paris, Vénissieux-les-Minguettes ou Cergy. Nous ne vivons plus à travers l'insolite d'un pays, d'une culture et de ses traditions, nous vivons ces traditions et cette culture, dans ce pays. L'insolite a été remplacé par l'habitude.

Or c'est très dur de raconter l'habitude. Surtout dans un aéroport, à trois heures du matin.

Publié par ncls à 03:28:57 dans Voyages voyages | Commentaires (3) |

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