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Kapsejladen 2008: une tuerie | 01 mai 2008

Vous vous souvenez sans doute des photos du parc de l'université mises sur ce blog auparavant. C'était avant le Kapsejladen.

 

Parce que pendant le Kapsejladen, voilà ce que cela donnait :

 
 

 

  

  

Pour la petite explication, cette journée a pour principe d'opposer les différents départements de l'université à une course de relai très danoise. Les concurrents doivent en effet traverser le lac sur une petite embarcation flottante, boire une bière cul-sec, tourner dix fois autour de leur bière puis revenir le plus vite possible de l'autre côté du lac (cette année, l'équipe victorieuse est la médecine..), le tout commenté par des fameux présentateurs de la télé danoise. Mais la partie la plus intéressante est sans doute l'avant-course, là où les équipes rivalisent d'imagination pour présenter leur département...



Ils sont fous ces danois :)

Publié par ncls à 12:08:03 dans Insolite | Commentaires (5) |

Affaire des caricatures et choc des civilisations | 09 mars 2008

Mieux vaut ne pas être ambassadeur du Danemark, dans les temps qui courent. Si sur le plan intérieur, la situation est revenue à la normale après une bonne semaine de troubles urbains, l'affaire de la reproduction des caricatures dans dix-sept journaux danois à la mi-février (et longuement détaillée ici) reste sensible au Moyen-Orient et, plus généralement, dans les pays à majorités musulmanes.

Ca avait en fait démarré très fort, dès le 13 février, jour de la parution des caricatures. Dès le milieu de la journée, l'ambassadeur danois était convoqué chez le ministre des affaires étrangères iranien, pour se voir signifier le mécontentement des dirigeants iraniens. La menace est claire: rupture des relations diplomatiques entre les deux pays si le Danemark ne présente pas d'excuses officielles. Evidemment, celles-ci ne viendront jamais.

Le lendemain, les réactions continuaient à affluer. Au Koweït d'abord, où les parlementaires appelaient au boycott du Danemark sous toutes ses formes. Par communiqués, le Hamas et le OCI (Organisation de la Conférence Islamique) condamnaient également fermement la nouvelle publication des caricatures. Le lendemain, jour de la prière oblige, un certain nombre de manifestations anti-danoises se déroulaient dans les rues de la bande de Gaza et du Pakistan, où le drapeaux rouge et blanc fut brûlé. Puis vint le tour de l'Egypte en début de semaine suivante: annulation de matchs de football contre les équipes du Danemark juniors, puis condamnation de caricatures, censure des journaux, manifestations étudiantes et convocation de l'ambassadeur. Peu après, c'était à la Conférence Irakienne de condamner la reproduction des dessins. Dans d'autres pays, des campagnes de presse s'organisèrent aussi: en Jordanie, une campagne publicitaire encourageait à une rupture des relations diplomatiques avec le Danemark et à l'expulsion de son ambassadeur, tandis qu'en Mauritanie des médias faisaient pression pour pousser le Danemark à stopper «les agressions farouches menées par les milieux de droite contre le prophète Mahomet».

 


Crédits photo: AFP

 

Mardi 26, presque deux semaines plus tard, c'était au tour du Soudan de décréter le boycott des produits danois, le chef du gouverement soudanais invitant «tous les musulmans du monde entier» à faire la même chose. Deux jours plus tard, un ministre du Yémen déclarait devoir envisager une rupture des relations avec le Danemark «s'ils continuent à publier des caricatures comme celles-ci». Puis la flamme de l'indignation s'empara de l'Afghanistan, où des responsables religieux défilèrent dans les rues et où certains parlementaires crièrent «mort aux ennemis de l'islam». Enfin, cette semaine, ce fut au tour du Conseil des Oulémas du Maroc et de la Haute Assemblée Islamique tunisienne de condamner l'attitude des journaux danois.

Il peut s'avérer intéressant de souffler deux minutes, et de lister tous ces pays sus-cités: Iran, Koweït, Palestine, Pakistan, Egypte, Irak, Jordanie, Mauritanie, Soudan, Yémen, Afghanistan et, dans une moindre mesure, Maroc et Tunisie. Rien que ça. Bien sûr, il ne s'agit, dans un certain nombre de cas, que d'initiatives isolées. Bien sûr, contrairement à 2006, la situation semble moins grave, moins inquiétante, moins radicale. Bien sûr, cette fois-ci, certains gouvernements radicaux ou fondamentalistes font preuve de plus de prudence, n'ayant pas envie de se retrouver avec du sang sur les mains, comme ce fut malheureusement le cas deux ans plus tôt. Mais tout de même, il y a bien un mouvement lent, indéniable, inquiétant, émergeant -renforcé avec l'actuelle controverse autour du film anti-islamique d'un député néerlandais. La fracture Orient/Occident semble s'aggraver, passant du statut de pessimiste théorie pour prendre une forme plus rationnelle.

C'est une conséquence du phénomène de mondialisation: des nouvelles technologies d'information et de communication aux diasporas et replis communautaires, le monde des sociétés évolue logiquement et inéluctablement vers une société mondiale. Le choc des civilisations ne pourra être amorti que par des concessions des différents partis. Or, en republiant les caricatures, les journaux et le gouvernement danois savaient pertinemment à quelles réactions s'attendre. Là est -et j'accuse- leur responsabilité.

Le choc des civilisations. Le défi du 21ème siècle. Chouette programme en perspective !

Publié par ncls à 01:01:36 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) |

Braquage à la danoise | 01 mars 2008

Heureusement que l'actualité apporte aussi son lot d'histoires amusantes, saugrenues, surprenantes. Une fois n'est pas coutume, c'est Le Figaro qui nous raconte le braquage survenu cette semaine à Viborg (à 50 kilomètres d'Århus). Un vieux monsieur de 80 ans, lunettes noires et canne à la main, a en effet poliment « braqué » une banque avec... un pistolet à eau ! Reparti avec la -tout de même- modique somme de 30 000 couronnes (4 000 euros), il a été arrêté à 300 mètres plus loin par la police, alors qu'une cartouche d'encre rouge venait d'exploser dans le sac, rendant les billets inutilisables.

Histoire qui n'est pas sans rappeler une autre, encore plus étonnante, survenue à Århus quelques années plus tôt. Après un « traditionnel » braquage à l'arme à feu, et détenteur d'une belle somme d'argent, le -désormais riche- ganster décida... d'aller manger une pizza dans la pizzéria située en face de la banque. Ce qui laissa tout le temps à la police d'arriver et de l'interpeller sur place. L'histoire ne dit pas si l'homme aura eu le temps de manger sa pizza.

Non, vraiment, ils sont un peu fous, ces danois.

Publié par ncls à 14:16:12 dans Insolite | Commentaires (2) |

Le Danois, cet étrange spécimen | 28 février 2008

Le Danois a de l'humour, la preuve
 

 

On pourra se moquer éternellement de lui, de sa langue, de sa façon de traverser la route ou de se déplacer avec rigueur dans les bus (même dans un bus surbondé, une certaine organisation est de mise), mais le Danois possède toutefois certaines habitudes et aptitudes physiques que nous, pauvres latins, ne pouvont qu'admirer, et qui, faut-il le reconnaître, nous laissent las et à moitié jaloux.

Il faut par exemple savoir que le Danois court, tout le temps et par tout temps. C'est-à-dire que voir des joggeurs, en pleine journée, le matin ou le soir, n'a en soit rien d'exceptionnel. Mais, plus étonnant, voir des gens courir à onze heures du soir ou minuit est monnaie courante ici. Et, détail important, quelque soit le temps ou la température. Et pour cause. La semaine dernière, courant avec mon voisin danois, je lui expliquais que la pluie du jour m'aurait dissuadé d'aller jogger s'il n'avait pas été là. Lui de me répondre « mais t'es au Danemark ici, si tu cours pas par ce temps-là, tu pourras jamais courir ! ». Dont acte.

Le Danois mange tôt. C'est plus qu'une tradition, c'est un mode de vie. L'heure du dîner varie irrémédiablement entre 18h pour les plus raisonnables et disons 19h30 pour les couches-tard. Ben oui, c'est pas bon de manger juste avant d'aller dormir, m'a-t-on rétorqué ici. Pas faux. Mais quand même, 18h, c'est tôt... Psychologiquement, le Français en Erasmus ne peut pas manger avant 20h, plus généralement 21 ou 22h. Et même en s'y prenant tôt, le temps de préparer la nourriture, de mettre la table et de musarder quelque peu, le Français galère pour manger avant 20h. C'est empiriquement prouvé.

Le Danois peut aussi boire de la bière, en packs entiers la semaine, en fûts entiers le week-end. Mais le danois ne grossit pas. Au contraire, il reste toujours aussi fin et élancé. Parce qu'il fait du sport ? Diable, possible. D'où, là, le Français en Erasmus se (re)met au sport. Vélo, jogging, gymnastique, piscine... quotidiennement même pour certains ! Mais rien n'y fait. Alors certes, le français bat chaque jour ses propres records de distance parcourue ou de pompes effectuées, mais il voit aussi chaque jour grossir cette petite protubérance (petite pour l'instant, pas trop d'inquiétude) juste au dessus de la taille, lui rappelant cruellement qu'il n'a pas été élevé avec la bière dans le biberon, contrairement au Danois. Du moins, c'est ce que la légende prétend.

Il y a enfin la maîtrise du vélo, et ça c'est franchement très énervant. Même pour l'honnête cycliste français, la maîtrise de la conduite cycliste du Danois a de quoi rendre jaloux. C'est par exemple l'aisance qu'il a, lorqu'il arrive à proximité du parking à vélo, d'ancrer solidement son pied sur une pédale, s'appuyer sur cette jambe-là, passer lestement l'autre au-dessus de la barre du milieu et se tenir ainsi debout en équiblibre, dos droit et nez au vent, telle une figure de proue d'un vieux gréement, le tout alors que le vélo termine sa course à une vitesse parfois impressionante. A l'arrivée, un petit coup de frein et pieds à terre. Le preux cavalier dominant sa sauvage monture.

Un français qui fait ça, c'est une autre histoire. Se maintenir en équilibre sur une pédale n'est pas forcément ce qu'il y a de plus compliqué. Mais passer sa jambe au-dessus de la barre centrale en roulant, c'est une autre chose - si, si, essayez qu'on rigole. Avec pour risque suprême d'y accrocher le bout du pied, de perdre l'équilibre et de s'écraser lourdement à terre. Alors bien souvent, le Français reste bien sagement assis sur sa selle jusqu'à l'arrêt total de la machine. A l'arrivée c'est un peu moins sexy, mais ça empêche les choses de mal tourner. On n'est pas né le guidon dans les mains et la selle entre les jambes, nous - il doit sûrement y avoir une légende à ce propos.

Publié par ncls à 21:17:40 dans Insolite | Commentaires (1) |

Vitesse élevée, peu de danger | 21 février 2008

 

 

Il est de ces règles de survie qu'on ne peut occulter, surtout lorsqu'on évolue dans un univers aussi sauvage et inhospitalier que le Danemark, et qui peuvent être utiles à rappeler aux futurs visiteurs qui se succèderont ici durant ce semestre. Parmi celles-ci, les règles de circulation.

On a toujours dit que tout était très simple ici. Les voitures roulent sur la route, les vélos sur les pistes cyclables (en général séparées de la route par un talus, et assez larges pour rouler à deux de front), et les piétons sur les trottoirs. Il faut savoir que le piéton n'est pas roi: ainsi le trottoir peut subitement disparaître, ne laissant plus que la piste cyclable. Et là, gare aux vélos, fichtrement dangereux car rapides et silencieux.

Il n'y a pas que les vélos qui vont à une vitesse folle, d'ailleurs. Les voitures ne sont pas en reste. La vitesse limite autorisée en ville est ici de 60 km/h, mais je doute que beaucoup de véhicules ne la respectent. Les transports en commun ne sont pas en reste: c'est bien la première fois que je vois des bus dépasser des voitures, en ville ! D'ailleurs, rester debout dans un bus est un délicat exercice de force et d'équilibre.

Alors oui, tout ça c'est bien dangereux. Ici quand on cartonne, on ne cartonne pas à moitié. D'ailleurs une gerbe de fleurs a été déposée en face de la School of Business, là où je change de bus chaque matin. Mais paradoxalement, on voit peu d'accidents. La mortalité sur la route est d'ailleurs -proportionnellement- deux fois moins élevée au Danemark qu'en France (voir ce rapport des Nations Unies). Comment l'expliquer ?

Tout simplement par un respect des règles élémentaires. Ici, personne ne traverse lorsque le petit bonhomme est rouge. Quant à traverser à un endroit où il n'y a pas de passage piéton, sauf cas de force majeure, c'est même pas la peine d'y penser. Les vélos ont, quant à eux, leurs propres feux tricolores. Là encore, le respect est de rigueur. Et comme ils disposent de leurs propres voies de circulation et que les piétons, comme sus-cité, ne mettent leur pied sur la route qu'en présence d'un passage clouté et d'un bonhomme vert, les voitures peuvent se permettre de rouler vite -voire très vite- sur les droits, immenses et larges boulevards que sont les routes danoises.

Alors après, on apprécie (sécurisant) ou on apprécie pas (perte de temps, d'originalité et de caractère), à chacun son point de vue. Mais ce qui est amusant, c'est de constater les réactions des autochtones lorsqu'ils se retrouvent confrontée à une situation qu'ils ne connaissent pas, ou peu: à l'arrêt de bus de ma résidence, il n'y a pas de passage piéton. Et aux heures de grande affluence, là où j'arrive à traverser en quelques secondes, certains danois attendront plusieurs minutes. C'est aussi ça, la culture française.

Publié par ncls à 23:33:40 dans Vie quotidienne | Commentaires (1) |

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