Qui dit Danemark, dit pays du recyclage et du respect de l'environnement - encore que cette dernière affirmation reste à prouver. Mais qui dit pays du recyclage, dit pays du consignage. Or, ici, la consigne concerne tous les types de contenant, ou presque. Bouteilles de bière (tous types) ou de soda, mais aussi... les canettes.
La consigne, c'est tout un art. Et les artistes se divisent en deux catégories. La première est celle des consciencieux: ceux qui, à chaque fois qu'ils vont faire leurs courses, ramènent leurs quelques bouteilles. Comportement très danois, il va sans dire. La seconde catégorie est celle des flemmards: ceux qui attendent la fin de l'année pour vider le sas d'entrée qui, au fur et à mesure des mois, avait accumulé un mur de bouteilles d'un bon mètre cinquante de hauteur. Comportement très étudiant étranger, il va sans dire.
Ce bon vieux Robert (en photo) nous a bien aidé. Robert, c'est le caddie que l'on a "emprunté" à Netto, quatre mois plus tôt, lorsque l'on avait acheté un petit hectolitre de bière pour fêter dignement -à la danoise, j'entends- mon anniversaire. Depuis, Robert s'était installé devant notre jardin, et semblait apprécier cette nouvelle vie composée de farniente, de bronzage et de flemmardise au milieu de l'herbe verdoyante. Aujourd'hui, Robert a fait le chemin inverse, chargé de bouteilles vides.
Et là, on est subitement devenus riches, ma voisine Laura et moi. La consigne nous a rapporté la bagatelle de 146 couronnes danoises, soit plus de 20 euros! Et encore. Les bouteilles de vin ne sont -malheureusement pour nous-, pas consignées (rah ces buveurs de bières, j'vous jure). Parce qu'en vidant nos sas respectifs nous avons jeté dans le conteneur, Laura et moi, au bas mot une bonne quarantaine de bouteilles de vin. Dommage, on aurait pu être méga-riches.
Quant à Robert (oui, je sais, vous alliez me poser la question), eh bien... il ne voulait pas retrouver ses congénères. Peut-être trop timide, trop habitué à sa liberté ou trop honteux de son équilibre (Robert penche dangereusement à gauche). Faut dire que, de notre côté, nous avions aussi un peu la flemme de parcourir les quatre-vingt-huit mètres qui séparent le Brugsen (seul magasin ouvert le dimanche) du Netto. Alors dans le fond, ça arrangeait tout le monde. Robert a donc repris sa place dans notre jardin. Je devrais donc me séparer de lui aussi, demain*.
*Quittant définitivement le Danemark dans quelques douze heures, je repose maintenant au milieu d'une chambre vide, d'un bureau encombré d'une vingtaine de kilogrammes de bricoles destinées à être entassées dans les sacs de voyage bourrés à craquer et dont les fermetures ne ferment déjà plus. «Pardon monsieur, je déménage, moi.»
Publié par ncls à 01:59:54 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) | Permaliens
« We hereby confirm, that Mr Nicolas B., coming from the institution FR F CERGY 07 has performed an Erasmus mobility in our institution, DK ARHUS 01, from 01/08/2007 to 09/06/2008. »
Ce sont les formalités qui vous ramènent à la réalité.
Un coup de fil à Eurolines, réserver mon billet. Ce sera mon dernier Aarhus-Paris. Un appel au responsable de la résidence, pour décider de la date d'inspection de mon logement. Puis un passage par le bureau de ma coordinatrice, pour l'attestation de présence. Une signature et c'est terminé, je ne suis plus étudiant à Aarhus Universitet. Et dans cinq jours, je ne justifierai plus le statut d'expatrié auprès de l'administration française. Retour en France; retour sur terre ?
Les examens se sont bien déroulés. J'avais déjà validé tous mes crédits au premier semestre, je suis parti pour faire de même. Du moins, il ne me manque à l'heure actuelle que 3,5 crédits. Si mon essai en "Cold War" est validé, j'en grapillerai 10 de plus. Soit plus que nécessaire. J'aurai donc eu raison des oraux; l'un m'aura permis de décrocher un 12 (soit la note maximale possible dans le système danois), l'autre de limiter les dégâts en le validant (note indisponible). Avec à chaque fois, en quittant la salle d'examen, le triste salut d'adieu à ces professeurs un peu particuliers, dans leur manière d'enseigner comme dans leur manière d'être. Etudier au Danemark aura aussi, intellectuellement parlant, été une expérience extraordinaire. Le choc risque d'être très rude, en France.
Et pourtant, je suis content de revenir. Cette année aura été extraordinaire, à tous points de vue. Une expérience incomparable, comme tout le monde devrait en vivre au moins une fois dans sa vie. J'ai découvert un pays attachant et sa particulière culture. Des gens extraordinaires du monde entier. Et une vie folle, tout simplement. Mais un an, c'est suffisant. Il est juste temps de rentrer. Quitte à repartir, plus tard. Et pourquoi pas, après tout ?
Quant à ce blog, son existence est évidemment remise en cause. C'est là mon dernier dilemne. Je sais quand je quitte le Danemark, je sais avec qui je resterai en contact, je sais quoi faire l'année prochaine, je sais quelle direction donner à ma vie. Plus qu'un choix, ces décisions étaient nécessaires; stopper ce blog ne l'est pas en soi. Dois-je le continuer ? Dois-je l'abandonner au profit d'un autre ? Faut-il, à ce niveau aussi, tourner la page ? Ou profiter de sa dynamique actuelle et de la richesse de ses contenus pour faire quelque chose d'un peu différent ? L'avenir le dira, mais les réactions aideront à la décision. C'est qu'il n'est pas si facile que cela d'abandonner son blog. Des dizaines d'heures à écrire, plus de 180 articles, 37 pages, près de 74.000 visiteurs en dix mois. Et un bout de ma vie couchée sur l'écran - à défaut du papier.
Je souhaite à tout un chacun d'avoir un jour à prendre ce genre de décision, bénigne en apparence, si importante au fond de soi. C'est signe que la Vie continue, plus trépidante, ambitieuse et joyeuse que jamais. Et qu'elle ne sera désormais plus tout à fait pareille. Voire complètement différente. Vaincre les frontières, franchir les barrières, repousser l'horizon; c'est ça aussi, Erasmus.
Publié par ncls à 00:19:58 dans Vie quotidienne | Commentaires (6) | Permaliens
A Rungis hier matin, Nicolas Sarkozy déclarait devant caméras, micros et journalistes:
« Ce qu'on essaie de faire, c'est de réhabiliter le travail. Que chacun d'entre vous qui se lève à 2h du matin ou 4h du matin se dise, "au moins, ça va servir à quelque chose à ma famille; on va pouvoir mieux vivre, mes enfants avoir une meilleure école, moi payer mon logement". »
Réhabiliter le travail n'est peut-être pas superflu, encore faudrait-il prouver que le travail avait perdu de sa valeur ces dernières années - ailleurs que dans le discours de l'UMP j'entends. Pouvoir mieux vivre grâce à des revenus plus élevés, la réflexion est peut-être réductrice mais correspond à l'attente de son électorat, dont acte. Mais que, grâce à des meilleurs revenus, des parents puissent offrir à leurs enfants une « meilleure école » est un grave lapsus de la part d'un président français !
Certes, ce n'est pas un secret. L'éducation en France est basée sur un système élitiste. Les plus riches peuvent offrir les meilleures écoles à leurs enfants et supporter le coût de leurs études. Et si les plus pauvres peuvent avoir accès aux bourses d'études, cela induit d'échapper au préalable au "piège" que constituent les ZEP et autres écoles où, compte tenu de l'expérience des professeurs et d'une mixité sociale défaillante, l'enseignement laisse parfois à désirer.
Mais la situation actuelle et l'idéal démocratique-républicain sont deux choses distinctes. Le président de la République française est élu pour promouvoir l'idéal démocratique et faire en sorte que la réalité de son pays s'en rapproche le plus possible. Sarkozy n'a évidemment pas été élu pour changer l'éducation française en un idéal égalitaire, il n'a pas été élu non plus pour défendre le statu quo en matière d'injustice sociale - cela ne correspond ni à la sociologie de son électorat, ni à ses prérogatives de chef d'état.
Le lapsus est d'autant plus inquiétant que les réformes de l'éducation nationale sont en cours, sur fond de mécontentement des professeurs. Sans vouloir la jouer tragico-dramatique, comment un président adhérent à une certaine forme d'élitisme social en terme d'éducation peut-il défendre l'enseignement le plus juste pour tous ? Comment faire reculer l'injustice sociale lorsque l'on porte, même inconsciemment, un discours contribuant justement à la fracture sociale ?
Le dernier point n'est pas des moindres. A ma connaissance, aucun journaliste ou éditorialiste n'a réagi à ces mots malheureux - et pourtant, les critiques sur le populisme sarkozyste ont repris de plus belle après cette visite. A force d'être abreuvé d'informations, de déclarations et d'images, on finit par ne même plus remarquer les permanentes contradictions proposées par Sarkozy. On oublie le fond, on se concentre sur la forme. Il est bien beau, l'idéal républicain.
Publié par ncls à 14:49:00 dans Opinion | Commentaires (2) | Permaliens
Surprise ce matin en découvrant -à nouveau- sur les bus les habituels drapeaux rouges barrés d'une croix blanche. Cherchant quel anniversaire, quelle fête religieuse ou quelle occasion cela pouvait signifier, je me rappellais soudain que le Danemark est encore une monarchie et que le Prince Joachim devait se marier prochainement... Un petit tour sur internet pour confirmer, c'est aujourd'hui qu'est célébrée l'union entre le Prince cadet et la française Marie Cavallier. La cérémonie est même retransmise sur les deux principales chaînes de TV danoises (oh zut, j'ai pas la télé :p)...
Pour l'occasion, la compagnie d'aviation danoise Sterling Airlines fait des réductions sur ses vols franco-danois, avec des vols à partir de 54 euros au départ de Biarritz, Chambéry, Montpellier, Nice et même Paris. [rapport de cause à effet syndrôme d'un état en faillite?] François Fillon n'a d'ailleurs pas hésité, lui, et a sauté dans l'avion hier pour se rendre à Copenhague et vanter les mérites de la flex-sécurité, modèle dont il se dit s'inspirer pour ses réformes. Ce serait bien qu'il s'inspire aussi de l'état-providence, au passage...
Publié par ncls à 11:25:34 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) | Permaliens
Nous étions un petit millier de dossiers au départ, cent quarante candidats lundi dernier lundi dernier pour l'écrit; ils (nous?) seront(s?) soixante pour l'oral et seulement vingt-cinq chanceux à être admis. C'est que ça rigole pas, pour entrer en DUT Journalisme à Tours. Voilà un petit reportage réalisé par Maude, étudiante à l'IUT, qui résume quelque peu la situation (même si les interviewés me semblent un peu imbus d'eux-même pour un tel type de concours)...
Publié par ncls à 21:03:18 dans Insolite | Commentaires (0) | Permaliens
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