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    Il est de ces particularités, peu importantes par ailleurs, qui font la particularité, la culture propre à un pays et à un seul. Pour le Danemark, les groënlandais en sont une parfaite illustration.

    Le Groënland est en effet un territoire danois, comme tout le monde le sait, n'est-ce pas. Province autonome certes (elle a refusé d'adhérer à l'UE, par exemple), mais elle fait bien partie du royaume. Or, il n'est pas facile de trouver du travail au Groëland. C'est pourquoi certains groënlandais quittent leur île et rejoignent le continent pour gagner leur vie. Mais - peu éduqués? mal intégrés? - beaucoup restent au chômage et survivent... en ramassant des bouteilles! Car rappelez-vous, ici, tout est consignable. Et les bouteilles de bière représentent un sacré business!

    Il ne faut pas s'en étonner, mais à chaque manifestation, à chaque concert, à chaque festival, ils sont là, armés de sacs poubelles qui font "ding-ding" lorsqu'ils traînent sur le sol. La journée, ils se balladent dans les parcs sur leurs mobylettes, une caisse sur le porte-bagage, et abordent les groupes pour récupérer leurs bouteilles vides. Et chacun se prête au jeu, en donnant son lot de bouteilles au ledit-groënlandais. Comme une certaine forme de solidarité. Est-ce pour ça que l'on voit parfois des bouteilles traîner, bien en évidence? Why not?

     


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    Cette université n'a pas fini de m'étonner ! Evidemment, vous l'imaginez, l'accès à Internet est possible de partout dans la fac. Le réseau Wifi est généralisé et des bornes Ethernet sont dispatchées un peu partout. Enfin, pour ceux qui n'ont pas d'ordinateur portable (ce qui est rare!) ou qui se déplacent sans, ils peuvent accéder aux ordinateurs répartis à différents endroits stratégiques (tels notamment les diverses bibliothèques).

    Mais là où on fait dans le plus fort, c'est qu'il y a une salle informatique dans mon département qui reste ouverte... toute la nuit ! Non, vraiment, c'est sérieux. Mon informateur s'appelle M. et surfe sur le web de là-bas alors qu'il est 20h30. Les universités françaises feraient bien d'en prendre de la graine, tiens !

     


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  • Université, campus. Chercher l'erreur !

     

    Tout à l'heure, je recevais un email de mon professeur d'Internet Policy. L'homme est un brillant professeur de Science Politique (il a notamment travaillé quelques années à Washington), ancien représentant du monde universitaire auprès de l'ONU (dans le domaine de l'Internet), et chercheur reconnu dans le monde entier. D'ailleurs il nous quitte quelques semaines pour des conférences à Los Angeles et Rio de Janeiro. Le mail était signé "Wolfgang".

    C'est l'usage. Ici au Danemark, chacun s'appelle par son prénom, quelque soit le "niveau" de son interlocuteur. C'est ainsi que élèves interpellent les professeurs par leurs prénoms. Autre exemple: sur le journal 24 Timer ("24 Heures") de mercredi, une citation était suivie de la signature « Anders Fogh ». Pas besoin de préciser le nom de son auteur: ces deux prénoms suffisaient à identifier le premier ministre danois: Anders Fogh Rasmussen.

    De même, le vouvoiement est proscrit au Danemark. Thorsten, mon mentor, m'a expliqué que tout le monde se tutoyait et qu'on n'utilisait le vouvoiement que pour les interlocuteurs prestigieux (la Reine, par exemple). A la question: « et le premier ministre, tu lui dirais "tu" ou "vous"? », il me répondait: « j'hésiterais ». C'est dire...

    Ce dernier point demeure toutefois anecdotique pour nous, étudiants étrangers, qui n'utilisons quasiment que l'anglais pour converser avec les danois. Or, difficile de faire la différence entre "you" et "you" !

     

    Comment expliquer cette "familiarité" traditionnelle? Peut-être par le nombre d'habitants (cinq millions de danois, c'est peu) et par le fort sentiment d'identité commune (une petite famille en quelque sorte). Peut-être aussi par un respect permanent de l'autre ici, quelque soit sa condition: pas besoin du "vous" pour l'exprimer.
    Quant aux noms, une explication historique vient s'ajouter aux éléments précédents: les danois ont eu des noms de famille très tardivement. Ce qui entraîne une grande concentration: ainsi avec 10 noms de famille, on obtient 44% de la population danoise! La page "Rasmussen" de Wikipédia contient par exemple onze noms de personnalités danoises, dont trois hommes politiques en activité (l'un d'eux étant le fameux premier ministre). L'identification par le nom en est donc compliquée...

    L'utilisation exclusive des prénoms et du tutoiement: cause ou conséquence de l'atmosphère ambiante? La question reste ouverte !

     


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  • C'est ce qu'on appelle une décoration... originale !

     

    Au Danemark, tout est consigné. Les bouteilles en verre de bière, mais aussi les bouteilles en plastique de soda, ou encore - ça a beaucoup impressionné Fabrice - les cannettes. Vrai !

    Le temps change très vite, ici. Laisser sa fenêtre ouverte sans en être à côté relève d'ailleurs de l'inconscience - ou de l'inexpérience. Bref, toujours est-il que je quittais l'appartement ce matin, temps doux et sec. En pull, comme tous les danois qui étaient dans le bus. Ce soir il pleuvait des cordes lorsque je rentrais. Et les danois avaient tous un manteau sur eux. Mais d'où les sortent-ils??

    Au Danemark, lorsqu'on va faire un sport d'extérieur, on y va directement équipé. C'est ainsi qu'il est courant de voir des jeunes gens en short, chaussettes hautes et chaussures à crampons dans les bus ou sur leurs vélos. Mieux, l'autre jour, un homme faisait ses courses d'alimentation en chaussures imaculées et short boueux.

    Connaissez-vous Facebook? Sans doute de nom, comme moi avant. Mais ici, tout le monde est inscrit dessus et s'en sert régulièrement. Alors bon, si on a pas le choix...

    Erasmus a un côté enrichissant difficile de trouver ailleurs. Ce n'est pas tous les jours qu'on parle du nazisme avec des allemands en cours d'histoire. Ce n'est pas non plus tous les jours qu'on voit une chinoise débattre sur le principe de la liberté sur Internet en cours de Théorie de l'information...

    Quant à moi, j'ai touché ma première paye. Pas grand-chose, certes, mais faut bien commencer un jour ! Qu'ai-je fait pour cet argent? Aha...

     


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    Hier, les danois sont descendus dans la rue pour - fait rarissime - manifester leur mécontentement - si, si, ça leur arrive! Près de 100 000 manifestants pour un pays de 5 millions d'habitants (ce qui, à l'échelle française, aurait donné environ 1,2 millions de personnes dans la rue, c'est dire "l'ampleur" du mouvement). Mais le plus intéressant dans tout ça, c'est que les manifestants s'opposaient à... la réduction des impôts !! Ils sont vraiment fous ces danois...

    De fait, le problème au Danemark est aujourd'hui l'emploi. Plus précisément, le plein-emploi. Le taux de chômage est en effet passé de 12% dans les années 90 à... 3,3% aujourd'hui ! De quoi en faire pâlir de jalousie le petit Nicolas dans sa nouvelle demeure élyséenne. Mais les entreprises danoises font maintenant face à une pénurie de main-d'oeuvre et sont obligées de refuser des commandes. Il faut donc augmenter le temps de travail et attirer de la main-d'oeuvre étrangère. Et là deux opinions se trouvent confrontées.

    D'un côté le gouvernement veut baisser la pression fiscale qui règne au Danemark (47,7% du PIB) pour attirer les travailleurs étrangers. Or c'est cette pression fiscale qui est à la base de la qualité de l'Etat-Providence danois: soins médicaux gratuits, éducation gratuite, allocations chômages confortables (90% du dernier salaire), bourses étudiantes, et tout ce qui en découle (qualité de vie, sécurité, faible taux de chômage, innovation, créativité, et, en aval, le "bonheur" puisqu'il paraît que le peuple danois est le plus heureux de la planète). Pour les adversaires de la réforme proposée par le gouvernement, c'est justement cet Etat-providence qui attire les travailleurs étrangers. Et baisser les impôts serait donc mettre en péril le modèle actuel. D'où ce vif débat.

    La morale de cette histoire? C'est qu'on comprend mieux maintenant pourquoi nous, étudiants étrangers, sommes si bien accueillis ici: les danois veulent nous convaincre de rester. Eh bien, qu'ils essaient !

     

    PS: pour plus d'infos, voir ce très intéressant article de Libération.

     

     

     

    Edit de dernière minute: rien à voir avec les danois, les études ou la bière, mais regardez-moi ce clip d'un groupe espagnol. C'est... renversant.

     


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