• Salut l'Artiste ! (J.Saget/AFP)

     

    Samedi dernier a pris fin à Eslöv, au sud de la Suède, une vente aux enchères qui aura passionné les fans de Nicole Kidman jusqu'à l'autre bout du monde. Une association caritative a en effet mis en vente un maillot de bain porté par la star australienne en 2002 lors du tournage du film « Dogville », du réalisateur Las Von Trier. Originalité de cette vente : la recette était destinée à acheter à des familles démunies indienne... des vaches !

    Estimant à 1 800 couronnes (190 euros) l'achat d'une vache, l'association Erikshjälpen, organisatrice de la vente et porteuse du projet, espérait pouvoir réunir 9 000 couronnes (950 euros), soit de quoi financer l'achat de cinq vaches. Mais des offres ayant afflué du monde entier, cet imprévu engouement a fait monter les enchères. Le maillot de bain s'est finalement vendu pour 16 500 couronnes (1 720 euros) !

    « Je trouve ça bien que neuf familles qui n'avaient pratiquement rien puisse maintenant recevoir leur propre vache » a déclaré à un journal local l'heureux propriétaire, un suédois de 49 ans qui habite près de Vänersborg, considérée comme la capitale suédoise du cinéma. Il a ajouté avoir l'intention d'exposer le maillot chez lui, et d'utiliser l'argent laissé par les visiteurs pour acheter d'autre vaches.

    Il a par ailleurs décidé d'offrir chaque année une vache à une famille indienne, « encourageant chacun à en faire autant », a rapporté l'AFP.

    La belle histoire du maillot de bain -une-pièce- de Nicole Kidman a commencé dès sa découverte, oublié dans la piscine réservée à la star pendant le tournage. Une radio local l'avait alors vendu 5 500 couronnes (580 euros) à un particulier, reversant la somme à une association de lutte contre le cancer. Un particulier qui n'hésita pas à en faire don quelques années plus tard à l'association Erikshjälpen. Nul doute que cette fameuse pièce de tissu n'a pas fini de faire parler d'elle.


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  • Voilà bien longtemps que le sujet me turlupinait le cerveau, et que, le conservant bien au chaud, je m'étais promis d'y trouver une explication. Devant l'immensité de la tâche et mes lacunes en histoire de la linguistique (Ô drame pour l'historien que je suis), ce billet ne présentera qu'une esquisse de la question, qu'une ébauche d'explication. Pointilleux et en quête d'une objectivité maximale, j'espère éviter toute approximation voire pire, toute erreur. Le sujet est certes vaste ; mais « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » a écrit Corneille. Dont acte.

     

    Un étrange pays
    Jeudi 2 août 2007, début du programme d'été « Denmark Today ». Première mission à l'entrée de l'amphithéatre: trouver et cocher son nom parmis les centaines d'autres noms figurant sur les listes. En face de chaque prénom, un pays, et un premier aperçu des nationalités auxquelles on sera confronté durant ce mois un peu spécial. Un nom attire l'attention, par sa récurrence et son étrangeté. Beaucoup d'étudiants viennent en effet de « Tyskland » (prononcez « Tusklande » en danois). Mais quel est donc cet étrange pays ?

    A vrai dire, un simple regard sur les patronymes correspondant à ce pays aurait répondu à l'interrogation, action pourtant rendue impossible par l'urgence avec laquelle nous étions pressés de trouver notre nom. C'est que les noms allemands sont vraiment reconnaissables, grillés à 50 kilomètres à la ronde. Car, oui, « Tyskland » signifie en danois « Allemagne ».

    Et c'est là qu'apparaît cette réflexion, dénuée d'interêt en apparence, substancielle après mûre réflexion. La France, par exemple, c'est France pour les francophones, France pour les anglophones, Francia pour les italophones, voire Frankreich pour les germanophones (ce qui, utilisant la même racine « franc », ne diffère que légèrement). De même, l'Angleterre est Angleterre pour les francophones, England pour les anglophones et les germanophones, Inghilterra pour les italophones (là encore, la racine s'y retrouve, à peu d'imagination près). Ou, dans le cas d'un pays plus petit et plus négligeable, le Danemark francophones est Danmark pour les danophones, Denmark pour les anglophones, Dänemark pour les germanophones, voire Dania vu de Pologne (encore une fois, notons une racine commune). Le Deutschland, Allemagne en français, Germany en anglais, Tyskland en danois, possède donc de nombreux noms différents, aux racines dissemblables, et semble être un cas unique en Occident. So, why ?

     

    Une histoire, plusieurs peuples
    En vérité, il faut s'intéresser à l'histoire de ce pays pour comprendre l'origine de ces nombreuses racines. L'Allemagne, telle qu'on la connaît aujourd'hui en tant qu'unité des peuples allemands, n'a été véritablement formée qu'en 1871 après la victoire sur la France. Au-delà des différents noms que l'on porte au royaume, de Francie Occidentale (IXème siècle) à l'Empire allemand (fin XIXème), en passant par le Saint Empire Romain Germanique (Xème-début XVIIIème), l'histoire de l'Allemagne est surtout l'histoire de différentes principautés et peuples (au contraire de la France par exemple dont l'histoire est basée sur le peuple franc). Les Alamans formaient l'un de ces peuples. C'est ainsi que certaines langues préféraient retenir ce nom ou cette racine: outre l'Allemagne français, on y ajoutera l'Alemania espagnol, l'Alemanha portugais, l'Almanya turc, l'Almaniya (Алманија) azerbaïdjanais, ou encore l'Olmoniya (Олмония) ouzbek. A la décharge de ces langues, d'une certaine manière usurpatrices de l'unité du peuple germanophone, Alamans signifie en gothique « ensemble des hommes ». Comme c'est beau...

    A l'instar des pré-citées, d'autres langues faisaient le choix de retenir le nom d'une tribu pour nommer l'ensemble du peuple allemand. Le peuple des Saxons donna naissance au nom du pays allemand: Saksa en finnois, Saksamaa en estonien. C'est également le cas des germains, la Germanie ayant de tout temps désigné la région du nord de l'Europe comprise entre le Rhin et le Danube, opposant ainsi le monde romain et le monde germanique. A la création du St-Empire (qui n'eût de saint que son nom, comme le faisait remarquer Voltaire) pendant le Xème siècle, les anglo-saxons l'appellèrent Romano-Germanique, tandis que les allemands l'appelaient Römisches-Deutsches (Romain-Allemand). C'est ainsi qu'aujourd'hui encore, l'Allemagne est appelée Germany dans la langue anglaise, Germania en italien, roumain, et bulgare (Германия pour être précis), Germaniya (Германия) en russe, Gjermania en albanais, Jerman en indonésien ou, plus artificiel et symbolique, Germanio en espéranto.

    Une formation tardive
    Le nom original de l'Allemagne, Deustchland, vient du gothique thiuda, signifiant « peuple », avec pour adjectif thiudisk. Thiudisk fut transformé en theodischus puis teudischus par les romains. En vieil allemand, cela devint diutisca, aboutissant finalement à Deutsch, d'où Deutschland, qui apparut au XVIIIème siècle. Cela donna aussi le Duitsland néerlandais et afrikaans, le Däitschland luxembourgeois. Diutisca, trituré, devint en scandinave diutisk, puis progressivement tysk. C'est pourquoi l'Allemagne est appelée Tyskland en danois, norvégien et suédois, Týskland en féroïen. Theodischus donna de son côté thodesche, puis tudesque, que les italiens ont conservé sous la forme de tedesco pour désigner les allemands (même s'ils appellent l'Allemagne Germania).

    Enfin, d'autres langues ont progressivement renommé l'Allemagne au mépris de toute règle ou de racine d'origine. C'est ainsi que les langues slaves (russe excepté) désignent l'Allemagne comme le pays de « ceux qui ne savent pas parler »: Niemcy en polonais, Nemecko en slovaque, Německo en tchèque, Njemačka en bosniaque, Nemčija en slovène, Niametchyna (Нямеччына) en Biélorusse, Njámco en dialecte tsigane. Au contraire, et plus drôle, les langues baltes désignent l'Allemagne comme « le pays des gens qui gueulent »: Vokietija en lituanien, Vācija en letton. Autre détail amusant: en vietnamien, Đức, utilisé pour nommer l'Allemagne, signifie aussi « vertu », faisant ainsi de l'Allemagne le pays de la vertu... Enfin, avis aux amateurs, en chinois Allemagne s'écrit ドイツ !

     

    A la lumière de ces éléments, il convient de s'interroger sur l'importance de l'origine du nom d'un pays, d'une nation, d'un peuple. Il apparaît clairement que, peu importe qui il soit, un pays ne choisit pas son nom, mais que celui-ci lui est attribué au gré de l'histoire et des évènements. L'histoire de son peuple d'abord, et les évènements opposant d'autres peuples au sien ensuite. Un peuple seul n'est donc pas dépositaire du nom de sa nation, celui-ci dépend aussi de l'image renvoyée par son peuple au reste de l'universalité. Dans le cas du peuple allemand, peut-on y voir une ouverture inconsciente sur le reste du monde ? Ou, au contraire, la marque d'une emprise inconsciente du monde -de ses voisins particulièrement- sur l'Allemagne, pays si tardivement unifié, aux frontières si longtemps prisées, et en proie à une histoire si mouvementée ? Vaste entreprise qui, justifiée ou non, n'aura pas le mérite d'être abordée ce soir. La philo, ça n'a jamais été mon fort. Je ne suis qu'historien, après tout.


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  • ...et ça fait cinquante ans que ça dure ! Ou plus précisément, cinquante ans et un jour. C'est en effet le 28 janvier 1958, à 13h58 pour être précis, que le danois Godtfred Kirk Christiansen déposait le brevet de cette brique si caractéristique, offrant 24 combinaisons possibles d'assemblage avec deux briques et... 915 millions avec six briques !

    En réalité, l'histoire de la brique Lego (de leg godt, «se joue bien» en danois) dure depuis plus d'un demi-siècle. C'est au sein de la famille Christiansen qu'elle fut imaginée, réalisée puis améliorée. Honnêtes charpentiers danois installés à Billund, la crise financière de l'entre-deux guerres reconvertit la famille dans la fabrication de jouets en bois. Après la seconde guerre mondiale, elle inventa un camion pouvant être assemblé puis démonté, et en arriva au concept de brique en 1949. Celle-ci fut peu à peu améliorée, jusqu'au modèle final de 1958, qui n'a plus évolué depuis garantissant ainsi une parfaite compatibilité.

    La brique Lego laisse derrière elle quelques anecdotes fameuses. Ainsi en 1987, l'alpiniste sud-coréen Heo Young-Ho laissa derrière lui un jeu Lego après avoir gravi l'Everest. Et pendant longtemps, la brique verte n'exista pas, afin de ne pas être utilisée pour construire des véhicules militaires et ne pas faire de Lego un jeu militariste. Fait amusant, les moules ont une telle importance stratégique qu'au lieu d'être jetés, ceux qui sont désuets sont coulés dans le béton d'un nouveau bâtiment du groupe.

    Lego, historique entreprise danoise, vend sept boîte chaque seconde dans le monde, et produit 19 milliards d'éléments chaque année...

    Plus d'infos avec l'AFP, CanadianPress et Wikipédia

     


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  • Les danois sont des fans de piano. Surtout les pianos à queue, d'ailleurs. On en trouve à peu près partout: dans le hall d'entrée de la bibliothèque comme dans celui du musée Aros, mais aussi dans de nombreuses salles de l'université ou encore à la mairie. On peut aussi en voir... dans les centres commerciaux ! En témoigne cette photo prise hier sur le vif d'un sympathique pianiste jouant des chansons de noël...

    Janvier 2000. Fort des résultats de son parti aux élections, Jörg Haider accède au pouvoir en Autriche, déchaînant ainsi la colère des autres membres de l'UE. Par solidarité, la leader de l'extrême-droite danois, Pia Kjærsgaard, organise un voyage de soutien. Mais à son arrivée en Autriche, elle apprend que Jörg Haider ne veut pas la recevoir. Motif: "nous ne sommes pas chauvinistes", aurait-il déclaré. Demi-tour pour Pia Kjærsgaard. C'est peut-être ça, un camouflet...

    Au Danemark, il n'y a pas de "grandes écoles". C'est pour rentrer à l'université que l'on se bat, ici. Ne rentre pas qui veut, une sélection ayant en effet lieu. Les bulletins scolaires sont analysés, et les résultats aux matières concernées pour la filière choisie (sciences, physique et maths pour médecine, par exemple) sont déterminants. Toutefois, il existe des solutions pour compenser un bulletin scolaire défaillant. Le fait de participer à un projet humanitaire peut ainsi être transformés en points nécessaires pour rentrer à l'université. C'est peut-être ça, l'humanisme scandinave...

    Le Danemark est membre de l'OTAN, mais est l'un de ses plus faibles contributeurs financiers. Justification: le gouvernement danois préfère aider les pays pauvres. Là où l'ONU fixe l'objectif (rarement atteint) à 0,7% du PIB, le Danemark consacre en effet 1,06% de son PIB en aide aux pays en développement. Cela n'a pourtant pas empêché Rasmussen d'envoyer des troupes en Irak, remarquez...


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