Reprise de la routine quotidienne aujourd'hui. Matin cours, après-midi conférence sur la politique danoise. Constitution, régime politique, différents partis, différentes politiques, intégration dans l'UE, et l'inévitable "affaire des caricatures de Mahomet". Très intéressant bien qu'un peu soporifique...
Tout ça pour dire qu'ici, au Danemark, la taxe sur une voiture neuve est de... 180% ! L'impôt sur le revenu varie, quant à lui, entre 40 et 60%. Enfin, la TVA est à 25%. Quand on vous disait que la vie au Danemark est chère...
Ce qui est bien en côtoyant des étrangers, on s'aperçoit de la vérité - ou non - des stéréotypes.
Les italiens sont-ils souvent en retard?? C'est possible: Giulia justifiait son arrivée tardive en cours vendredi par un « désolé, je suis italienne ». Et samedi, Michele et Elena arrivaient chez Camille deux heures après l'heure prévue...
Les australiens sont bien tels qu'on les imagine. Ils sont grands, ont souvent les cheveux longs. Ils portent des lunettes de soleil à la mode, des shorts ou pantacourts à fleurs, et ont des claquettes aux pieds... même aujourd'hui, sous la pluie! (d'où la grande interrogation: ont-ils prévu des chaussures pour l'hiver??)
En tout cas, nous français, avons pour réputation d'être les spécialistes de la gastronomie et du bon vin. Tous les étudiants étrangers nous regardent donc d'un air compatissant, en nous demandant: « ça va vous souffrez pas trop, avec l'alimentation danoise? » (si !!)
Jeudi dernier, Simon, le professeur de danois (ici on appelle les professeurs par leur prénom), me demande ce que je mange au petit déjeuner. « Brød » ("pain") répondais-je. Il esquisse alors un sourire, et me demande en anglais: « white bred, or black bred? » « White! » Grand sourire, il se tourne vers la classe. « På dansk, whitebred betydde franskbrød ("en danois, le pain blanc s'appelle pain français") » Eclats de rire. Ah ben c'est malin...
Le genre d'histoire qu'on vit ici dix fois par jour...
Nico
Publié par ncls à 23:00:37 dans Insolite | Commentaires (6) | Permaliens
Pour vivre plus de trois mois au Danemark, pour les citoyens de l'Union Européenne, il faut déposer une demande de permis de séjour. Pour cela, il y a un questionnaire à remplir, détaillant les moindres détails de sa vie: des études aux noms et dates de naissance des parents, en passant par les boulots auparavant occupés ou par la source de ses revenus... Demande qui, le cas échéant, peut être refusée. Si elle est acceptée (ce qui, pour les Erasmus, ne devrait pas trop poser de problèmes), il faut alors se rendre à l'administration danoise pour obtenir son CPR Number. "CPR" par ci, "CPR" par là... Les danois n'ont que ce mot dans la bouche. Qu'est-ce donc que ce fameux CPR Number ??
C'est en fait un numéro (figurant sur une carte jaune comme ci-dessous) qui est attribué à chaque personne vivant au Danemark, danois ou ressortissant étranger (en situation légale, bien sûr). A ce numéro est associé le lieu de résidence et toutes les infos délivrées dans la demande de permis de résidence. Sorte de "carte d'identité pour résident dans le pays" ? Jusque-là, oui.

Sauf qu'en fait le CPR Number est indispensable pour vivre au quotidien au Danemark. Tu veux te faire soigner? Il faut le CPR. Tu veux trouver un boulot? Il faut le CPR. Tu veux ouvrir un compte en banque? Il faut le CPR. Tu veux acheter un téléphone portable? Il te faut le CPR. Tu veux commander un livre à la bibliothèque? Il te faut le CPR. Tu veux accéder à internet à partir de la bibliothèque? Il te faut le CPR. Tu veux emprunter un film à la vidéothèque? Il faut le CPR. Le CPR est partout; il est indispensable à la vie en société.
Le CPR n'est donc qu'un numéro, mais à partir de ce numéro, il est possible de retracer toute ta vie. Savoir où tu vis, où tu bosses, connaître ton numéro de téléphone, ceux de tes amis, ton compte en banque, ce que tu lis, ce que tu écoute... Astucieux système pour l'administration. Toute les informations sont regroupées, plus besoin de les recouper dans les divers services administratifs. Oui, mais...
Oui, mais voilà. Comment se sentir libre lorsqu'on sait que quelqu'un, à tout moment, peut tout savoir de nous? Comment protéger ce sentiment de vie privée, d'intimité qui, avec ce numéro, n'existe plus que partiellement?
Outre ce sentiment, le fait de n'être plus qu'un numéro rappelle cruellement certains douloureux passages de notre histoire. L'époque où nos ancêtres ne furent plus qu'un assemblement de chiffres, sur une ligne; une ligne au milieux de milliers d'autres lignes sur des listings sans fin. Image d'autant plus désagréable lorsqu'on connaît l'influence de l'extrême-droite au Danemark...
Pour les danois, le CPR Number est tout naturel et ne semble choquer personne. Question d'éducation sans doute, d'histoire et de culture aussi. La liberté n'est qu'un sentiment dépendant de la sensibilité de chacun, finalement. Pour moi, français, c'est inacceptable, ne serait-ce que pas principe. L'idée au départ est bonne, mais rend la situation propice à de fâcheux dérapages. Mais il est vrai que le Danemark est le pays de la transparence: il va falloir s'y habituer.
En signant ma demande de permis de résidence, j'ai lu attentivement le "règlement" qui figurait (en français) sur la dernière page. Règlement autorisant l'état danois à se servir de ces informations le cas échéant, et à les diffuser si besoin. Ma main a tremblé en signant. C'est que l'on naît danois, ou l'on ne l'est pas.
Publié par ncls à 22:53:54 dans Insolite | Commentaires (1) | Permaliens
Aujourd'hui, à Århus, c'était la fête des voisins. Dans ma rue, c'était des petits drapeaux danois qui étaient plantés tous les vingt mètres dans l'herbe. Comme à chaque occasion festive, d'ailleurs: on voit des drapeaux danois partout. Dans le quartier "bourgeois" de Camille et Clémence, les voisins avaient même bloqué la rue et installé château gonflable pour les enfants et chapiteau pour le repas des adultes. C'est qu'au Danemark, on ne fait pas les choses à moitié.
Pour les étudiants, c'était aussi "picnic and fun games". Nous n'étions qu'une cinquantaine (contre cent-vingt inscrits), population décimée par les "party" de la veille au soir sans doute... Pour le concept, "stupid games" aurait été plus approprié, mais on s'est bien éclaté! Et ce malgré l'humidité ambiante: en effet il avait plu dans la matinée! Pour la première fois depuis une semaine et deux jours. La journée s'est terminée dans le jardin de Camille, autour d'un sujet de discussion animé: les insultes et autres gros mots de son pays! En allemand, polonais, espagnol, portugais, italien, français, danois. Paraît-il qu'il fait maîtriser les insultes pour pouvoir apprendre correctement une langue, alors...
La chute de ce billet revient ce soir à Giulia qui déclarait tout à l'heure (en français of course): « somnoler, c'est joli à dire, et c'est joli à faire ».
:)
Nico
Publié par ncls à 01:50:39 dans Vie quotidienne | Commentaires (3) | Permaliens
En arrière-plan, la mer (à gauche), et la forêt (à droite). Au second plan, la vieille-ville d'Århus et son port. Enfin, au premier plan, une partie de l'université (tous les bâtiments aux couleurs claires) et son parc. Et euh... tout au centre, les cheveux de Michele, tordant italien :)
Le premier de mes colocataires serait-il arrivé??
La nouvelle n'est pas à exclure. Ou plutôt, elle paraissait probable lorsque je rentrai chez moi, ce soir. Si l'appartement était vide, un fauteuil avait été déplacé, et sur la table traînait le classeur destiné au locataire de la chambre A (j'ai la B) avec dedans une clé de la porte. Tout content, je repartai en course avec l'espoir de trouver à mon retour mon colocataire.
Mais à mon retour, personne n'était là. Quelques heures plus tard, toujours personne. J'ai pris la clé et ai ouvert la chambre voisine, par curiosité. Elle est complètement vide et la salle de bain semble être en cours de réparation. C'est sans doute le "janitor" (responsable du logement) qui a travaillé ici aujourd'hui... Fausse alerte, donc...
L'après-midi a été consacré à la visite de la bibliothèque de l'université (le grand bâtiment en photo dans l'album), ou "staatsbiblioteket". C'est en fait une bibliothèque d'état, la deuxième plus grande du pays. Elle est destinée aux chercheurs, services de l'état et étudiants. Elle sert aussi de lieu de stockage pour les archives nationales, notamment pour les archives des journaux, dont elle est le centre national (une sorte d'INA danois en quelque sorte). Salle de lecture pour journaux, salle informatique, salle de lecture des hebdomadaires, salle d'étude (où le silence est de rigueur: la porte, lorsqu'elle se ferme, ne fait pas de bruit; pas comme en France...). Et qui dit bibliothèque d'état en pays scandinave, dit fonctionnement ultra-moderne. Un grand nombre d'ordinateurs sont à disposition pour accéder à internet, sans compter le réseau WiFi. Beaucoup de documents, articles de journaux principalement, sont visibles directement sur le site internet de la bibliothèque. Et lorsqu'on veut consulter un livre, il faut le commander sur le site, et attendre. Les ouvrages sont ensuite livrés. Il faut juste attendre entre 3h et... 24h !
C'est que ce sont quelques 35 000 ouvrages qui sont triés, classés et rangés dans l'énorme tour de 18 étages (cf photos de l'album). Evidemment interdite au public. Sauf qu'au Danemark, les étudiants étrangers sont privilégiés (ce qui me paraît complètement logique, par ailleurs :p). Alors, exceptionnellement, nous avons gravi les 143 marches (nous sommes parti du 6ème) menant jusqu'au 17ème étage, muni d'un grand balcon, plus haut point de vue d'Aarhus. Une façon originale de voir la ville, faîte de quartiers cossus, de centre-ville flamand, et d'industries près du port, encerclée par la mer et les forêts. Dommage que, alors que la journée fut ensoleillée, les nuages aient fait leur apparition à ce moment-là, histoire de gâcher les photos!
Et après une semaine et deux jours de présence au Danemark, j'ai enfin senti la pluie. Nous étions avec Thorsten devant le département d'histoire, sur une table de pique-nique; nous remplissions des papiers, et nous n'avons même pas eu le temps de ranger la feuille que le vent avait déjà chassé le nuage d'au-dessus notre tête. Comme quoi qu'il continue de faire beau :)
Enfin en week-end. C'était de plus en plus dur chaque matin, pour tout le monde. C'est que ça crève de sortir le so... de travailler !
Have a good night,
Nico
Publié par ncls à 22:26:32 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) | Permaliens
Les journées se succèdent et les billets se raccourcissent... Non pas qu'il n'y ait plus rien à raconter, mais le quotidien commence à s'installer, les activités se multiplient (les heures devant l'ordi se raccourcissant d'autant), et l'on commence - inconsciemment - à s'habituer aux spécificités de notre pays d'accueil. On pourrait passer des heures à bavarder de ces petits détails qui font un pays, une atmosphère, une identité. Comme ces petits drapeaux danois vendus en pack de vingt dans les supermarchés et que l'on trouve à tous les coins de rue, comme ces fauteuils installés au milieu de la Kantine sur lesquels nous avons mangé ce midi, comme cette exaspérante habitude danoise de ne boire que l'eau en bouteille...
Après une semaine passée à Arhus (prononcez "Ôr-h-ous"), les premiers "groupes" se sont formés, souvent selon les nationalités, à l'image de notre "french group". D'autres liens se sont créés, selon les sensibilités, les cours de langues et les rencontres au(x) bar(s), avec d'autres gens, de nationalités différentes. D'où une certain difficulté à se mettre d'accord pour tous se retrouver en un point précis ! Ambiance parfois cosmopolite, parfois frenchie (pour reposer le cerveau) donc. Mais ambiance, en général, excellente :)
"L'est de la France a les pieds dans l'eau" était écrit dans Le Monde aujourd'hui. Ici aussi nous aussi nous avons les pieds dans l'eau.. de mer! Ceux qui s'y sont baignés cet après-midi assurent qu'elle est bonne - au temps qu'ils ont passé dedans, cela ne paraît pas faire de doutes. Encore un après-midi passé sur la plage: il fait tellement beau... Ambiance studieuse avant midi, farniente après midi. Nous étions plus d'une vingtaine aujourd'hui, italiens, allemands, polonais, roumains et français. A discuter, à échanger, à se tremper les pieds, à se baigner (pour certains). Non, pour l'instant, on ne regrette pas l'Espagne, mais vraiment pas!
Hi hi
Nico
Publié par ncls à 21:55:11 dans Vie quotidienne | Commentaires (1) | Permaliens
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Lorsque la mémoire était la seule écriture, l'homme chantait.
Lorsque l'écriture naquit, il baissa la voix.
Lorsque tout fut mis en chiffres, il se tut.
R.Sabatier
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