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Caricatures de Mahomet, c'est reparti - Chronique et responsabilités d'un emballement médiatique | 15 février 2008

 

Drapeaux brûlés et ambassades mises sous sécurité renforcée au Moyen-Orient, voitures et magasins incendiés, bus pris d'assaut... le Danemark s'est levé ce matin avec la gueule de bois et le désagréable sentiment de revivre le même cauchemar que deux ans plus tôt, lorsque l'affaire des caricatures de Mahomet avait enflammé le pays, embrasé une partie du monde musulman et causé la mort de plusieurs dizaines de personnes dans le monde. Le quotidien gratuit à grand tirage « Nyhedsavisen » (voir ci-dessus) osait même titrer sa Une d'un provocant « Muhammedkrisen II ». Ambiance.

Un attentat déjoué

A l'origine de ces évènements, l'arrestation dans la nuit de lundi à mardi à Århus de trois hommes soupçonnés de préparer un attentat contre Kurt Westergaard, l'auteur de la caricature la plus controversée, sur laquelle le prophète Mahomet était représenté, une bombe en guise de turban. L'annonce du coup de filet est faite mardi, au petit matin, par les services secrets danois, rapidement relayée par les grandes agences de presse Reuters, AP et AFP. Les réactions sont immédiates et virulentes dans le pays, du monde politique aux grandes associations musulmanes scandinaves, en passant par la presse danoise qui fait, sur le web comme à la télé, cause commune autour du Jyllands-Posten et de son dessinateur. Très vite, sentant l'odeur de souffre, les grandes chaînes d'information américaines, à l'instar de CNN ou d'ABC News (voir le billet de mardi), s'emparent de la nouvelle, lui donnant une résonnance internationale. Mais, manque d'image oblige, l'information est commentée sur fond de photos prises lors d'émeutes en 2006.

Mercredi matin -seulement, délais d'édition oblige-, les journaux s'emparent de l'affaire. Dix-sept journaux danois publient à cette occasion un ou plusieurs des dessins qui avaient déclenché l'affaire des caricatures, dont évidemment celui de Kurt Westergaard. Si certaines rédactions précisent prudemment les publier pour "documentation", d'autres ne cachent pas revendiquer ainsi leur liberté d'expression. Et les réactions ne se font pas attendre. Signe fort venu du monde islamiste, le ministre des affaires étrangères iranien convoque l'ambassadeur danois pour lui signifer son couroux. Le lendemain jeudi, plusieurs députés koweïtien appellent au boycottage politique et économique. Même son de cloche de la part du Hamas palestinien, qui demande le même jour des excuses officielles.

Dans le même temps, la police danoise rappelle que cette arrestation n'était que « préventive », et que selon toute probabilité, les trois hommes n'étaient pas en mesure d'attenter à la vie du caricaturiste dans l'immédiat. Faute de preuves, les deux tunisiens seront expulsés dans leur pays ; quant au troisième, un danois d'origine marocaine, il est remis en liberté surveillée. Une issue qui arrange bien les services secrets danois, qui ne seront pas obligés de dévoiler leurs méthodes d'investigation au cours d'un éventuel procès. Et qui n'auront pas à se justifier de l'arrestation des trois hommes, précisent les mauvaises langues. D'un « attentat déjoué » comme l'annonçait très vite la presse, on est vite revenu à de simples « arrestations préventives », comme la police l'avait annoncé au départ. Un grand battage médiatique pour pas grand-chose ?


La fameuse caricature de Kurt Westergaard

 

La poudrière islamiste danoise

Le problème, c'est que l'islam -dans sa forme radicale, il s'entend- repose au Danemark sur une véritable poudrière (déjà évoquée dans ce billet en septembre dernier, d'ailleurs titré «le calme avant la tempête ?»). La plaie de 2006 ne s'est pas refermée, bien au contraire. La publication des caricatures mercredi a entraîné une vague de révolte et d'actes de délinquance. Mercredi, un bus a été pris d'assaut à Brabrand, le « ghetto » d'Århus, et n'a été libéré qu'à l'arrivée de la police. Puis dans la nuit, des voitures et des commerces ont brûlé un peu partout dans le pays. Faisant la Une des journaux le lendemain. La violence appelant la violence, ce matin encore les journaux consacraient des pleines pages aux violences du début de nuit dernière comme à celles de la précédente. Traumatisant pour un pays peu habitué à ce genre de délinquance.

Evidemment, cette affaire n'est -pour l'instant- pas en mesure d'inquiéter l'économie et la sécurité du pays. A l'intérieur des frontières, la violence ne reste concentrée qu'aux quelques banlieues « chaudes » que compte le Danemark, et risque surtout de creuser l'écart déjà existant entre la minorité musulmane et la communauté danoise. Au niveau international, même si certains partis islamistes ont fait entendre leur voix, même si le Dannebrog (le drapeau danois, hautement symbolique ici) a déjà été brûlé au Pakistan, la situation est loin d'être aussi dramatique que deux ans plus tôt. Pour l'instant.

 

Des médias responsables ?

Il est bien évident que toutes ces réactions violentes (des cités danoises comme des partis, gouvernements ou responsables islamistes) sont inacceptables, condamnables, caricaturales et navrantes pour la religion musulmane, il est utile de s'interroger également sur le rôle de la presse dans cette affaire. La presse danoise a-t-elle eu raison de publier les caricatures mercredi ? La presse internationale a-t-elle eu raison d'accorder une telle place à « l'arrestation préventive » de trois hommes à priori « incapables d'opérer » ? La police a-t-elle eu raison d'annoncer aussi bruyamment qu'elle venait d' « empêcher un attentat » ?

A reprendre les éléments du communiqué de la police de mardi matin, celle-ci ne semble pas éxagérer outre mesure en indiquant avoir « empêché un meurtre lié au terrorisme », notant que cette opération « doit avant tout être perçue comme une mesure préventive ». Meurtre, terrorisme et caricatures ; trois mots qui suffirent pourtant à attirer l'attention des médias du monde entier, dont au premier rang les chaînes d'informations continues américaines. Qui n'eurent visiblement aucun remord à montrer des images de manifestations de 2006, avec drapeaux danois brûlés et émeutes plus ou moins violentes, une voix en « off » narrant l'arrestation des trois « ex-futurs-terroristes présumés ». Amalgame dramatique tant le cocktail était explosif, au Danemark comme -surtout- au Moyen-Orient.

L'autre épisode de cet embrasement médiatique, c'est la publication de ces caricatures dans dix-sept journaux mercredi. Au nom de la liberté d'expression, précisaient certains. Ne fallait-il pourtant pas s'autocensurer ?

Bien sûr, la liberté d'expression et la liberté de la presse sont deux fondamentaux pour une société juste et démocratique. Ce sont même des fondements. Bien sûr, la menace qui pesait -et qui pèse toujours- sur Kurt Westergaard est inacceptable et révoltante. Bien sûr, il fallait se montrer solidaire du dessinateur et de son journal, et réagir contre les dérives de l'extrêmisme religieux. Cependant, publier ces dessins, c'était, immanquablement, risquer de mettre un coup de pied dans la fourmillière de l'islamisme danois. Les journalistes ne sont pas idiots et, mieux que quiconque, ils savaient que cela serait assimilé à de la provocation. Et que cette provocation trouverait réponse dans la violence urbaine à l'échelle nationale, et dans de nouvelles tensions à l'échelle internationale.

Le sujet est vaste, et le débat éternel. Il a nourri les conversations pendant plus de deux ans, au Danemark. Et au moment où l'on ne l'attendait plus, le voilà qu'il ressurgit. Fallait-il publier ces caricatures mercredi ? A première vue, oui. Mais avec pour inévitable postulat le risque d'enflammer un brasier à peine éteint ? Là, permettez-moi d'être dubitatif...

 

Quant à ce blog, au nom de la liberté d'expression, il prend la responsabilité de publier la caricature si controversée. Je n'irai juste plus faire mon footing dans le ghetto de Brabrand... ;)

Publié par ncls à 20:49:45 dans Opinion | Commentaires (2) |

Roman photo: Mignonne... | 14 février 2008

Mignonne, allons voir si la rose mer...

[...]

Sa robe de pourpre au Soleil...

Cueillez, cueillez votre jeunesse...

[...]

Ô vraiment marâtre Nature...

[...]

Ronsard.

Publié par ncls à 22:30:56 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) |

Kidman: son maillot de bain vaut neuf vaches (+hommage) | 13 février 2008


Salut l'Artiste ! (J.Saget/AFP)

 

Samedi dernier a pris fin à Eslöv, au sud de la Suède, une vente aux enchères qui aura passionné les fans de Nicole Kidman jusqu'à l'autre bout du monde. Une association caritative a en effet mis en vente un maillot de bain porté par la star australienne en 2002 lors du tournage du film « Dogville », du réalisateur Las Von Trier. Originalité de cette vente : la recette était destinée à acheter à des familles démunies indienne... des vaches !

Estimant à 1 800 couronnes (190 euros) l'achat d'une vache, l'association Erikshjälpen, organisatrice de la vente et porteuse du projet, espérait pouvoir réunir 9 000 couronnes (950 euros), soit de quoi financer l'achat de cinq vaches. Mais des offres ayant afflué du monde entier, cet imprévu engouement a fait monter les enchères. Le maillot de bain s'est finalement vendu pour 16 500 couronnes (1 720 euros) !

« Je trouve ça bien que neuf familles qui n'avaient pratiquement rien puisse maintenant recevoir leur propre vache » a déclaré à un journal local l'heureux propriétaire, un suédois de 49 ans qui habite près de Vänersborg, considérée comme la capitale suédoise du cinéma. Il a ajouté avoir l'intention d'exposer le maillot chez lui, et d'utiliser l'argent laissé par les visiteurs pour acheter d'autre vaches.

Il a par ailleurs décidé d'offrir chaque année une vache à une famille indienne, « encourageant chacun à en faire autant », a rapporté l'AFP.

La belle histoire du maillot de bain -une-pièce- de Nicole Kidman a commencé dès sa découverte, oublié dans la piscine réservée à la star pendant le tournage. Une radio local l'avait alors vendu 5 500 couronnes (580 euros) à un particulier, reversant la somme à une association de lutte contre le cancer. Un particulier qui n'hésita pas à en faire don quelques années plus tard à l'association Erikshjälpen. Nul doute que cette fameuse pièce de tissu n'a pas fini de faire parler d'elle.

Publié par ncls à 17:52:49 dans Insolite | Commentaires (2) |

Actuality in Aarhus | 12 février 2008

 

One month after the spectacular steal of several millions of danish kröner in Aarhus, the citie is again under the lights of actuality. In fact, as AP said above, the Danish police arrested today three men who were preparing a murder of one of the Muhammat's caricatures drawers.

You can also consult this AFP message, watch or visit the websites of ABC News and CNN who are talking about that. And all the other newspaper, soon.

It's a ridiculous story. One more time, the bad picture of muslim religion will turn around the world. One more time, a man could be kill because of his job. One more time, some people want to replace states laws under religious laws.

And that scene takes place in Aarhus. Cocorico !

Publié par ncls à 16:44:22 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) |

Frasques du Palais | 12 février 2008


Il est parfois difficile d'expliquer aux étrangers la politique intérieure française. Je m'y efforce :

« Alors en fait, le Roi, il avait décidé de faire un cadeau à son Majordome -favori de la Reine- en lui offrant un siège au Conseil du bourg de Neuilly. Sauf que les villageois n'ont pas apprécié qu'on leur impose ce grand dadet juvénile, aussi à l'aise dans leur bourg que ne peut l'être un gueux à Versailles. Par l'entremise du Figaro-Gazette officielle du Palais, il a donc fait état d'un sondage secret (sans doute inventé), indiquant que le Majordome risquait de perdre à la prochaine Consultation populaire. Le jour d'après, rebondissement. Le Dauphin, jusqu'alors soutien du Majordome, déclarait que ses amis et lui faisaient scission. Lâché, sans soutiens, l'ex-favori de l'ex-Reine ne pouvait qu'abandonner et revenir, las, au Palais. Seul. Le Roi s'en est allé en Guyane, sans lui. »

Un président monarque, une mairie héréditaire (peut-être), une presse complice, une vie de château et des phénomènes de cour. Et dire qu'on reproche aux québécois de parler un français vieux de trois siècles...

Publié par ncls à 00:03:22 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) |

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L'intro

Lorsque la mémoire était la seule écriture, l'homme chantait.
Lorsque l'écriture naquit, il baissa la voix.
Lorsque tout fut mis en chiffres, il se tut.
R.Sabatier

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