• On a tous un petit dictionnaire-traducteur de poche sur notre bureau. Mais ce dictionnaire n'est pas toujours un dictionnaire français/danois. J'en profite donc pour faire une petite visite guidée du midtersider, vous savez, cette rubrique centrale où l'on trouve tout le nécessaire pour survivre dans la langue locale...

     

    Preuve si nécessaire de l'influence française sur la cuisine mondiale -ou plus largement des stéréotypes danois sur la France- la première partie du midtersider est intitulée Menukortet. Probablement la plus drôle du dictionnaire.

    Dans le sens fransk-dansk, seize pages vous informent qu'en danois un topinambour est un jordskok, ou qu'une ratatouille est un provencalsk grøntsagsragout. C'est même l'occasion de découvrir de nouveaux mots: je ne savais par exemple pas que baudroie (havtaske) était l'autre nom de la lotte. Enfin, il est amusant de remarquer que tous les aliments ou plats n'ont pas forcément de traduction littérale (fallait-il s'en douter..). Ainsi pain au chocolat se traduit en slags croissant med chokoladefyld, quant au cassoulet, on peut le définir comme un lammekød kogt med bacon, pølse, hvide bønner, løg og gulerødder ! Bref, de quoi survivre pour un danois en France...

    Dans le sens dansk-fransk, le Menukortet ne fait cette fois que dix pages, soit six de moins que le précédent ! Il faut dire que l'on se débarrasse des noms et explications compliquées de plats ou sauces, pour revenir à des choses plus rationnelles telles que kage (gâteau), æg (oeuf) ou perlehøne (pintade). Bref, de quoi survivre pour un français au Danemark...

     

    La deuxième partie du midtersider est intitulée Parlør, et indique les expressions servant à communiquer. Précédent toute la série de questions, un avertissement en danois précise qu'avant chaque question, il faut dire "s'il vous plaît". Car c'est là que les danois font fort: chez eux, le "s'il vous plaît" n'existe pas - lorsque nécessaire, ils utilisent le ja tak (oui merci).

    Concernant les expressions à connaître, ce sont les mêmes que celles qui nous faisaient rire lorsqu'au collège nous ouvrions les traducteurs à leur milieu. Figure toujours en bonne place le hjælp (au secours) -«pourriez-vous arrêter de me frapper quelques secondes le temps je cherche comment appeler de l'aide? Ben tiens..»-, le jeg kan ikke forstå (je ne comprends pas), le hvad er klokken? (quelle heure est-il?) ou encore l'indécrottable hvor ligger det nærmeste posthus? (où se trouve le bureau de poste le plus proche?). S'ensuit toute une série d'expressions et de questions pouvant servir à un séjour dans l'un des deux pays. Mention spéciale au thème hotel, où s'étale sur deux pages des phrases telles que "est-ce qu'il y a une télévision", "quelle taille fait le lit", "puis-je avoir un taxi", "le petit-déjeuner au lit"... Les danois seraient-ils du genre douillets ?

     

    La troisième partie, Tidsangivelser, est consacrée au temps (heure, calendrier). La quatrième partie, Grammatik, prétend accomplir l'immense et utopique exploit de résumer la grammaire française en treize pages... Soit deux fois moins de pages que la partie consacrée à la nourriture, suivez un peu ! Enfin la dernière partie s'attaque aux verbes irréguliers (Uregelmæssige verber). Quatorze pages de verbes... bon appétit !

    En fait, elle est là, l'explication du déclin de la langue française au Danemark. C'est vrai que si c'est pour se farcir le cortex à apprendre une telle grammaire pour seulement pouvoir bien bouffer, alors à quoi bon?! Non vraiment, autant aller au McDo... (dédicace à celle qui se reconnaîtra^^)


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  • Ma chère Romy,
     
    Après visionnage de votre chronique matinale sur
    webtvnice.com, je tiens à apporter mon commentaire.
     
    Tout d'abord, n'allez pas nous faire croire que vous venez de vous lever. A 7h24, ou 26, peut importe, et avec ces cernes sous vos yeux, il paraît probable que vous rentriez directement de boîte de nuit. Ou alors que la nuit a été particulièrement courte. J'espère en tout cas que le sommeil vous fut réparateur.
     
    Pour ce qui est de ce problème grave qui touche la jeunesse française, visiblement nous avons fait le même constat. En tant qu'ancien adepte des soirées "tecktonic killer" du Métropolis de Rungis, boîte de nuit d'où tout est parti, j'ai longuement eu le temps d'observer ces jeunes énergumènes dotés de vêtements moulants et d'étranges accessoires fluos tels que lunettes, gants ou chapeaux qui se trémoussent ridiculement sous les yeux d'admirateurs non-moins ridicules dans leur adulation de gestes à peu près désordonnés doublé d'une vénération vestimentaire matérialiste.

    Et comme la mode est quelque chose de profondément détestable, j'ai moi-même inventé mon pas de danse "tecktonic". Il faut pour cela maîtriser parfaitement, geste par geste, cette vieille danse traditionnelle (limite folklorique) d'un siècle dépassé qu'est la Macarena. Il faut aussi avoir en fond musical cette ringarde musique de la Macarena, ou tout autre musique plus moderne il s'entend, basé sur la même vitesse et la même cellule rythmique (quatres cellules de quatre temps) que la chanson d'origine.
     
    La danse traditionnelle veut que sur les trois premières cellules rythmiques, à chaque temps corresponde un geste (combinez musique et simulation devant votre écran, vous vous en apercevrez immédiatement). Quant à la dernière cellule, la tradition veut, malgré les faux-semblants des parents afin de ne pas choquer leurs chers bambins, que le geste s'apparente à une vulgaire prise sexuelle rappellant plus l'accouplement animal que le naturel humain. Mais revenons à nos moutons (transition..).
     
    La version tecktonic de la macarena n'est donc ni plus ni moins que la même danse, mais accomplie quatre fois plus vite. C'est-à-dire qu'une cellule devient un temps, et que quatre gestes doivent être accomplis en un temps. Au début du deuxième temps, les mains doivent donc déjà être sur les épaules, à la fin du troisième les mains doivent être sur les hanches, quant au quatrième temps il pourrait être caricaturé par le coït d'un lapin. Cette danse peut paraître compliqué, mais s'assimile en réalité rapidement si vous maîtrisez déjà la version traditionnelle.
     
    J'espère donc que ma proposition retiendra votre attention et que vous saurez la mettre en pratique sur le dancefloor d'un nightclub trop fun, voire pourquoi pas dans votre rubrique télévisuelle. On est capable de tout faire, à 7h du matin.
     
    Cordialement,

    Un admirateur fidèle


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