• « We hereby confirm, that Mr Nicolas B., coming from the institution FR F CERGY 07 has performed an Erasmus mobility in our institution, DK ARHUS 01, from 01/08/2007 to 09/06/2008. »

    Ce sont les formalités qui vous ramènent à la réalité.

    Un coup de fil à Eurolines, réserver mon billet. Ce sera mon dernier Aarhus-Paris. Un appel au responsable de la résidence, pour décider de la date d'inspection de mon logement. Puis un passage par le bureau de ma coordinatrice, pour l'attestation de présence. Une signature et c'est terminé, je ne suis plus étudiant à Aarhus Universitet. Et dans cinq jours, je ne justifierai plus le statut d'expatrié auprès de l'administration française. Retour en France; retour sur terre ?

    Les examens se sont bien déroulés. J'avais déjà validé tous mes crédits au premier semestre, je suis parti pour faire de même. Du moins, il ne me manque à l'heure actuelle que 3,5 crédits. Si mon essai en "Cold War" est validé, j'en grapillerai 10 de plus. Soit plus que nécessaire. J'aurai donc eu raison des oraux; l'un m'aura permis de décrocher un 12 (soit la note maximale possible dans le système danois), l'autre de limiter les dégâts en le validant (note indisponible). Avec à chaque fois, en quittant la salle d'examen, le triste salut d'adieu à ces professeurs un peu particuliers, dans leur manière d'enseigner comme dans leur manière d'être. Etudier au Danemark aura aussi, intellectuellement parlant, été une expérience extraordinaire. Le choc risque d'être très rude, en France.

    Et pourtant, je suis content de revenir. Cette année aura été extraordinaire, à tous points de vue. Une expérience incomparable, comme tout le monde devrait en vivre au moins une fois dans sa vie. J'ai découvert un pays attachant et sa particulière culture. Des gens extraordinaires du monde entier. Et une vie folle, tout simplement. Mais un an, c'est suffisant. Il est juste temps de rentrer. Quitte à repartir, plus tard. Et pourquoi pas, après tout ?

    Quant à ce blog, son existence est évidemment remise en cause. C'est là mon dernier dilemne. Je sais quand je quitte le Danemark, je sais avec qui je resterai en contact, je sais quoi faire l'année prochaine, je sais quelle direction donner à ma vie. Plus qu'un choix, ces décisions étaient nécessaires; stopper ce blog ne l'est pas en soi. Dois-je le continuer ? Dois-je l'abandonner au profit d'un autre ? Faut-il, à ce niveau aussi, tourner la page ? Ou profiter de sa dynamique actuelle et de la richesse de ses contenus pour faire quelque chose d'un peu différent ? L'avenir le dira, mais les réactions aideront à la décision. C'est qu'il n'est pas si facile que cela d'abandonner son blog. Des dizaines d'heures à écrire, plus de 180 articles, 37 pages, près de 74.000 visiteurs en dix mois. Et un bout de ma vie couchée sur l'écran - à défaut du papier.

    Je souhaite à tout un chacun d'avoir un jour à prendre ce genre de décision, bénigne en apparence, si importante au fond de soi. C'est signe que la Vie continue, plus trépidante, ambitieuse et joyeuse que jamais. Et qu'elle ne sera désormais plus tout à fait pareille. Voire complètement différente. Vaincre les frontières, franchir les barrières, repousser l'horizon; c'est ça aussi, Erasmus.


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  • A Rungis hier matin, Nicolas Sarkozy déclarait devant caméras, micros et journalistes:

    « Ce qu'on essaie de faire, c'est de réhabiliter le travail. Que chacun d'entre vous qui se lève à 2h du matin ou 4h du matin se dise, "au moins, ça va servir à quelque chose à ma famille; on va pouvoir mieux vivre, mes enfants avoir une meilleure école, moi payer mon logement". »

    Réhabiliter le travail n'est peut-être pas superflu, encore faudrait-il prouver que le travail avait perdu de sa valeur ces dernières années - ailleurs que dans le discours de l'UMP j'entends. Pouvoir mieux vivre grâce à des revenus plus élevés, la réflexion est peut-être réductrice mais correspond à l'attente de son électorat, dont acte. Mais que, grâce à des meilleurs revenus, des parents puissent offrir à leurs enfants une « meilleure école » est un grave lapsus de la part d'un président français !

    Certes, ce n'est pas un secret. L'éducation en France est basée sur un système élitiste. Les plus riches peuvent offrir les meilleures écoles à leurs enfants et supporter le coût de leurs études. Et si les plus pauvres peuvent avoir accès aux bourses d'études, cela induit d'échapper au préalable au "piège" que constituent les ZEP et autres écoles où, compte tenu de l'expérience des professeurs et d'une mixité sociale défaillante, l'enseignement laisse parfois à désirer.

    Mais la situation actuelle et l'idéal démocratique-républicain sont deux choses distinctes. Le président de la République française est élu pour promouvoir l'idéal démocratique et faire en sorte que la réalité de son pays s'en rapproche le plus possible. Sarkozy n'a évidemment pas été élu pour changer l'éducation française en un idéal égalitaire, il n'a pas été élu non plus pour défendre le statu quo en matière d'injustice sociale - cela ne correspond ni à la sociologie de son électorat, ni à ses prérogatives de chef d'état.

    Le lapsus est d'autant plus inquiétant que les réformes de l'éducation nationale sont en cours, sur fond de mécontentement des professeurs. Sans vouloir la jouer tragico-dramatique, comment un président adhérent à une certaine forme d'élitisme social en terme d'éducation peut-il défendre l'enseignement le plus juste pour tous ? Comment faire reculer l'injustice sociale lorsque l'on porte, même inconsciemment, un discours contribuant justement à la fracture sociale ?

    Le dernier point n'est pas des moindres. A ma connaissance, aucun journaliste ou éditorialiste n'a réagi à ces mots malheureux - et pourtant, les critiques sur le populisme sarkozyste ont repris de plus belle après cette visite. A force d'être abreuvé d'informations, de déclarations et d'images, on finit par ne même plus remarquer les permanentes contradictions proposées par Sarkozy. On oublie le fond, on se concentre sur la forme. Il est bien beau, l'idéal républicain.


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  • J'avais quatre enveloppes du Kollegiekontoret (l'organisme qui gère les logements étudiants) dans ma boîte aux lettres, samedi. C'était le rappel des consignes pour quitter les lieux. Le contenu des quatres enveloppes était identique.

    A croire que l'administration danoise veut vraiment se débarasser de moi :p


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  • Une fois encore, la phase finale de l'Euro Song Contest (appelé plus communément Eurovision en France) a donné lieu à une grotesque parodie de compétition artistique. La Russie, vainqueur, n'avait pas trouvé mieux que de présenter un improbable trio (chanteur-violoniste-patineur) aux vieux relents de boys band des années 90, jeans blanc immaculé, chemises ouvertes, genoux au sol et mains sur le coeur. Autre recyclage de cliché avec l'Ukraine qui, malgré le décolleté et la jupe ultra-courte de la chanteuse et l'impeccable chorégraphie de ses danseurs aux muscles saillants, aurait pu tout aussi bien s'imposer. La France elle, de nouveau, n'avait pas trouvé mieux que d'envoyer un improbable croisement de Chabal-Polnareff en la personne de Sébastien Tellier qui, avec tout le respect qu'on lui doit, n'avait pas plus de chance de s'imposer que n'en auraient eu Cindy Sander de M6 ou Grosjojo des Bisounours. Et puis, respect à l'Allemagne qui n'aura pas assez d'une année pour se remettre de l'humiliation de ses "anges": chanson fade, costumes ridicules, chorégraphie inexistante; pour sûr, Berlin ne voulait pas se charger d'organiser l'Eurovision 2009 - seule explication plausible à l'envoi de tels candidats.

    Mais la vrai honte n'est pas là. Elle réside en le fait que Dustin (en photo) ait été censuré. Non, chers lecteurs, l'expression n'est pas exagérée, Dustin a injustement été éliminé à l'issue des demi-finales, l'empêchant ainsi de se présenter au reste du monde -de l'Europe du moins- lors du fameux direct de samedi soir. Censurer Dustin, c'est renier les souvenirs d'enfance de toute une génération. Censurer Dustin, c'est rejeter le culture de tout un peuple irlandais qui avait bien besoin de sa marionnette pour oublier des années de souffrances civiles. Censurer Dustin, c'est bafouer l'honneur de l'Humour qui est, il faut bien l'avouer, à la musique ce que sont les Bisounours à l'existence: on pourrait s'en passer, mais ça n'a plus la même saveur. Nous sommes donc en droit de poser la dérangeante question: quels intérêts -économiques, commerciaux, politiques voire géopolitiques- Dustin menaçait-il avec sa chanson extravagante, ses costumes grotesques et son humour gras mais décapant ?? Il doit bien y avoir du Poutine là-dessous; la Russie qui gagne, ça a toujours eu un côté louche.


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  • Surprise ce matin en découvrant -à nouveau- sur les bus les habituels drapeaux rouges barrés d'une croix blanche. Cherchant quel anniversaire, quelle fête religieuse ou quelle occasion cela pouvait signifier, je me rappellais soudain que le Danemark est encore une monarchie et que le Prince Joachim devait se marier prochainement... Un petit tour sur internet pour confirmer, c'est aujourd'hui qu'est célébrée l'union entre le Prince cadet et la française Marie Cavallier. La cérémonie est même retransmise sur les deux principales chaînes de TV danoises (oh zut, j'ai pas la télé :p)...

    Pour l'occasion, la compagnie d'aviation danoise Sterling Airlines fait des réductions sur ses vols franco-danois, avec des vols à partir de 54 euros au départ de Biarritz, Chambéry, Montpellier, Nice et même Paris. [rapport de cause à effet syndrôme d'un état en faillite?] François Fillon n'a d'ailleurs pas hésité, lui, et a sauté dans l'avion hier pour se rendre à Copenhague et vanter les mérites de la flex-sécurité, modèle dont il se dit s'inspirer pour ses réformes. Ce serait bien qu'il s'inspire aussi de l'état-providence, au passage...


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