• Retour au Danemark

    Jeudi 31 janvier 2008. 

    Bus à 16h55. Chargé comme une mule - les sacs, pas le bus. 17h14, arrivée à la préfecture. Le temps d'acheter un billet, un hebdo, courts adieux et embarquement dans le RER de 17h22. Parcours traditionnel, un petit contre-temps à la défense, descente à Auber aux alentours de 18h10. Métro 8, direction Créteil, cinq stations, puis métro 3, direction Gallieni, six ou sept stations. En sueur, terminus à Gallieni dont la sortie donne sur la gare routière, 18h35. Un petit tour par le guichet, petite discussion, embarquement du sac -violon et ordinateur voyageront en cabine-, 19h15. Par chance, le bus est à moitié vide : sans voisin, la nuit s'annonce moins terrible.

    19h30, sans pitié pour retardataire éventuel, le chauffeur démarre. Ou plutôt, « les » chauffeurs. De Paris à Hambourg, ils sont deux. Ce soir, ils rigolent bruyamment. En allemand. Généralité : un chauffeur Eurolines ne parle pas français, et peu anglais. Quand ils jugent utile de s'adresser aux voyageurs -ce qui est rare-, c'est avec un curieux mélange d'allemand et d'anglais. Après le « franglais », l' « allemanglais ». Ou, rendons à Shakespeare ce qui lui appartient, le « germanglish » ?

    Un des chauffeurs est un « habitué ». La quarantaine, chauve, air débonnaire, bref, le gentil. Quant au méchant, il n'a pas l'air méchant, ce soir. D'habitude, le méchant est petit et teigneux - fait penser à quelqu'un ça, tiens. Il a le ton nasillard, harangue les voyageurs au chargement des bagages, réitère au déchargement, navigue perpétuellement entre le sourire et les hurlements. Il est conciliant, pointilleux, rigolard, hautain. Son anglais est teinté d'un accent germano-turque, plutôt étrange. Nullement consciencieux de sa pratique linguistique, il n'hésite pas à revenir à l'allemand en milieu de phrase ; d'où l'intérêt d'étudier l'allemand à l'école, si si.

    Il fait maintenant 38°C dans le bus, indique l'horloge/thermomètre. C'est un peu mieux qu'au départ, où elle indiquait 42°C, véridique. Arrivée en Belgique, un peu plus de deux heure après avoir quitté Paris. A la différence de la France, ici les autoroutes sont éclairées. On voit mieux la route mais on a plus de mal à trouver le sommeil ; il faut savoir faire des concessions. Le vent souffle fort et la pluie redouble d'intensité, mais un bus eurolines, ça glisse bien sur piscine bitumée.

    Bruxelles, le bus repart après une pause d'un quart d'heure. En face de la Basilique, un immeuble est en feu. Les pompiers sont juchés sur les grandes échelles. L'intérieur du bâtiment ressemble à un gouffre rempli de flammes. Imperturbable, le bus continue sa route vers Eindhoven, longeant le parc du château royal.

    Comme d'habitude, réveil au milieu de la nuit -2h- par la douane hollandaise. Contrôle des papiers de tous les passagers, salut amical au chauffeur, simple formalité vous pouvez circuler. Deux heures plus tard, la formalité semble moins évidente pour la police allemande. Toutefois au bout de quelques minutes le policier conclut par un « alles ist schön ». Ouf, on va pouvoir repartir. L'air commence à se rafraîchir : il ne fait plus que 37°C au thermomètre du bus.

    Changement à Hambourg, 7h du matin. Déchargement des bagages vers le bus d'à côté, et c'est parti pour l' « omnibus danois » : il s'arrêtera à Kiel, Flensburg, Kolding, Vejle, Arhus et Aalborg.

    Les autoroutes danoises n'ont pas changé. Deux voies de chaque côté, elles sont faîtes de virages lents et réguliers, une fois à gauche, une fois à droite, et ce perpétuellement. Elles traversent une campagne verte et redondante, et parfois de petites forêts. La pluie, après une accalmie, a refait son apparition. Un vent violent oblige continuellement le chauffeur à redresser la course de son véhicule. En face, un accident vient de se produire. Une voiture est est salement amochée le long du terre-plein central, un semi-remorque est en travers de la route. Bientôt, le viaduc surplombant la mer.

    Århus, 13h30. Quinze minutes de retard. Un rayon de soleil perce les nuages, balayant la pluie qui accompagnait le bus depuis Paris. Détour par l'office du tourisme de la ville, pour prendre une carte de bus mensuelle, en anglais. Je réponds par « tak » (merci, en danois), et la fonctionnaire me sourit et me dit gentiment en anglais : « mais vous parlez un peu notre langue ! ». Reste vingt minutes de bus, et arrivée à destination.

    Vendredi 1er février 2008. Bienvenue au Danemark.


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