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Braquage à la danoise | 01 mars 2008

Heureusement que l'actualité apporte aussi son lot d'histoires amusantes, saugrenues, surprenantes. Une fois n'est pas coutume, c'est Le Figaro qui nous raconte le braquage survenu cette semaine à Viborg (à 50 kilomètres d'Århus). Un vieux monsieur de 80 ans, lunettes noires et canne à la main, a en effet poliment « braqué » une banque avec... un pistolet à eau ! Reparti avec la -tout de même- modique somme de 30 000 couronnes (4 000 euros), il a été arrêté à 300 mètres plus loin par la police, alors qu'une cartouche d'encre rouge venait d'exploser dans le sac, rendant les billets inutilisables.

Histoire qui n'est pas sans rappeler une autre, encore plus étonnante, survenue à Århus quelques années plus tôt. Après un « traditionnel » braquage à l'arme à feu, et détenteur d'une belle somme d'argent, le -désormais riche- ganster décida... d'aller manger une pizza dans la pizzéria située en face de la banque. Ce qui laissa tout le temps à la police d'arriver et de l'interpeller sur place. L'histoire ne dit pas si l'homme aura eu le temps de manger sa pizza.

Non, vraiment, ils sont un peu fous, ces danois.

Publié par ncls à 14:16:12 dans Insolite | Commentaires (2) |

Le Danois, cet étrange spécimen | 28 février 2008

Le Danois a de l'humour, la preuve
 

 

On pourra se moquer éternellement de lui, de sa langue, de sa façon de traverser la route ou de se déplacer avec rigueur dans les bus (même dans un bus surbondé, une certaine organisation est de mise), mais le Danois possède toutefois certaines habitudes et aptitudes physiques que nous, pauvres latins, ne pouvont qu'admirer, et qui, faut-il le reconnaître, nous laissent las et à moitié jaloux.

Il faut par exemple savoir que le Danois court, tout le temps et par tout temps. C'est-à-dire que voir des joggeurs, en pleine journée, le matin ou le soir, n'a en soit rien d'exceptionnel. Mais, plus étonnant, voir des gens courir à onze heures du soir ou minuit est monnaie courante ici. Et, détail important, quelque soit le temps ou la température. Et pour cause. La semaine dernière, courant avec mon voisin danois, je lui expliquais que la pluie du jour m'aurait dissuadé d'aller jogger s'il n'avait pas été là. Lui de me répondre « mais t'es au Danemark ici, si tu cours pas par ce temps-là, tu pourras jamais courir ! ». Dont acte.

Le Danois mange tôt. C'est plus qu'une tradition, c'est un mode de vie. L'heure du dîner varie irrémédiablement entre 18h pour les plus raisonnables et disons 19h30 pour les couches-tard. Ben oui, c'est pas bon de manger juste avant d'aller dormir, m'a-t-on rétorqué ici. Pas faux. Mais quand même, 18h, c'est tôt... Psychologiquement, le Français en Erasmus ne peut pas manger avant 20h, plus généralement 21 ou 22h. Et même en s'y prenant tôt, le temps de préparer la nourriture, de mettre la table et de musarder quelque peu, le Français galère pour manger avant 20h. C'est empiriquement prouvé.

Le Danois peut aussi boire de la bière, en packs entiers la semaine, en fûts entiers le week-end. Mais le danois ne grossit pas. Au contraire, il reste toujours aussi fin et élancé. Parce qu'il fait du sport ? Diable, possible. D'où, là, le Français en Erasmus se (re)met au sport. Vélo, jogging, gymnastique, piscine... quotidiennement même pour certains ! Mais rien n'y fait. Alors certes, le français bat chaque jour ses propres records de distance parcourue ou de pompes effectuées, mais il voit aussi chaque jour grossir cette petite protubérance (petite pour l'instant, pas trop d'inquiétude) juste au dessus de la taille, lui rappelant cruellement qu'il n'a pas été élevé avec la bière dans le biberon, contrairement au Danois. Du moins, c'est ce que la légende prétend.

Il y a enfin la maîtrise du vélo, et ça c'est franchement très énervant. Même pour l'honnête cycliste français, la maîtrise de la conduite cycliste du Danois a de quoi rendre jaloux. C'est par exemple l'aisance qu'il a, lorqu'il arrive à proximité du parking à vélo, d'ancrer solidement son pied sur une pédale, s'appuyer sur cette jambe-là, passer lestement l'autre au-dessus de la barre du milieu et se tenir ainsi debout en équiblibre, dos droit et nez au vent, telle une figure de proue d'un vieux gréement, le tout alors que le vélo termine sa course à une vitesse parfois impressionante. A l'arrivée, un petit coup de frein et pieds à terre. Le preux cavalier dominant sa sauvage monture.

Un français qui fait ça, c'est une autre histoire. Se maintenir en équilibre sur une pédale n'est pas forcément ce qu'il y a de plus compliqué. Mais passer sa jambe au-dessus de la barre centrale en roulant, c'est une autre chose - si, si, essayez qu'on rigole. Avec pour risque suprême d'y accrocher le bout du pied, de perdre l'équilibre et de s'écraser lourdement à terre. Alors bien souvent, le Français reste bien sagement assis sur sa selle jusqu'à l'arrêt total de la machine. A l'arrivée c'est un peu moins sexy, mais ça empêche les choses de mal tourner. On n'est pas né le guidon dans les mains et la selle entre les jambes, nous - il doit sûrement y avoir une légende à ce propos.

Publié par ncls à 21:17:40 dans Insolite | Commentaires (1) |

Débarquement | 24 février 2008

 

Soixante-huit ans après l'opération «Weserübung» du 9 avril 1940 (au terme de laquelle le gouvernement danois capitula, au bout de deux heures de combat seulement!), l'Allemagne a de nouveau envahi le Danemark. Ou le port d'Århus, du moins. Canons pointés sur l'ancienne capitainerie, devenue maison des étudiants.

Pas d'inquiétude, la résistance intérieure sera à la hauteur. C'est de notre vie estudiantine qu'il en dépend !

Publié par ncls à 19:01:59 dans Insolite | Commentaires (2) |

Kidman: son maillot de bain vaut neuf vaches (+hommage) | 13 février 2008


Salut l'Artiste ! (J.Saget/AFP)

 

Samedi dernier a pris fin à Eslöv, au sud de la Suède, une vente aux enchères qui aura passionné les fans de Nicole Kidman jusqu'à l'autre bout du monde. Une association caritative a en effet mis en vente un maillot de bain porté par la star australienne en 2002 lors du tournage du film « Dogville », du réalisateur Las Von Trier. Originalité de cette vente : la recette était destinée à acheter à des familles démunies indienne... des vaches !

Estimant à 1 800 couronnes (190 euros) l'achat d'une vache, l'association Erikshjälpen, organisatrice de la vente et porteuse du projet, espérait pouvoir réunir 9 000 couronnes (950 euros), soit de quoi financer l'achat de cinq vaches. Mais des offres ayant afflué du monde entier, cet imprévu engouement a fait monter les enchères. Le maillot de bain s'est finalement vendu pour 16 500 couronnes (1 720 euros) !

« Je trouve ça bien que neuf familles qui n'avaient pratiquement rien puisse maintenant recevoir leur propre vache » a déclaré à un journal local l'heureux propriétaire, un suédois de 49 ans qui habite près de Vänersborg, considérée comme la capitale suédoise du cinéma. Il a ajouté avoir l'intention d'exposer le maillot chez lui, et d'utiliser l'argent laissé par les visiteurs pour acheter d'autre vaches.

Il a par ailleurs décidé d'offrir chaque année une vache à une famille indienne, « encourageant chacun à en faire autant », a rapporté l'AFP.

La belle histoire du maillot de bain -une-pièce- de Nicole Kidman a commencé dès sa découverte, oublié dans la piscine réservée à la star pendant le tournage. Une radio local l'avait alors vendu 5 500 couronnes (580 euros) à un particulier, reversant la somme à une association de lutte contre le cancer. Un particulier qui n'hésita pas à en faire don quelques années plus tard à l'association Erikshjälpen. Nul doute que cette fameuse pièce de tissu n'a pas fini de faire parler d'elle.

Publié par ncls à 17:52:49 dans Insolite | Commentaires (2) |

Allemagne: histoire d'un patronyme | 03 février 2008

Voilà bien longtemps que le sujet me turlupinait le cerveau, et que, le conservant bien au chaud, je m'étais promis d'y trouver une explication. Devant l'immensité de la tâche et mes lacunes en histoire de la linguistique (Ô drame pour l'historien que je suis), ce billet ne présentera qu'une esquisse de la question, qu'une ébauche d'explication. Pointilleux et en quête d'une objectivité maximale, j'espère éviter toute approximation voire pire, toute erreur. Le sujet est certes vaste ; mais « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » a écrit Corneille. Dont acte.

 

Un étrange pays
Jeudi 2 août 2007, début du programme d'été « Denmark Today ». Première mission à l'entrée de l'amphithéatre: trouver et cocher son nom parmis les centaines d'autres noms figurant sur les listes. En face de chaque prénom, un pays, et un premier aperçu des nationalités auxquelles on sera confronté durant ce mois un peu spécial. Un nom attire l'attention, par sa récurrence et son étrangeté. Beaucoup d'étudiants viennent en effet de « Tyskland » (prononcez « Tusklande » en danois). Mais quel est donc cet étrange pays ?

A vrai dire, un simple regard sur les patronymes correspondant à ce pays aurait répondu à l'interrogation, action pourtant rendue impossible par l'urgence avec laquelle nous étions pressés de trouver notre nom. C'est que les noms allemands sont vraiment reconnaissables, grillés à 50 kilomètres à la ronde. Car, oui, « Tyskland » signifie en danois « Allemagne ».

Et c'est là qu'apparaît cette réflexion, dénuée d'interêt en apparence, substancielle après mûre réflexion. La France, par exemple, c'est France pour les francophones, France pour les anglophones, Francia pour les italophones, voire Frankreich pour les germanophones (ce qui, utilisant la même racine « franc », ne diffère que légèrement). De même, l'Angleterre est Angleterre pour les francophones, England pour les anglophones et les germanophones, Inghilterra pour les italophones (là encore, la racine s'y retrouve, à peu d'imagination près). Ou, dans le cas d'un pays plus petit et plus négligeable, le Danemark francophones est Danmark pour les danophones, Denmark pour les anglophones, Dänemark pour les germanophones, voire Dania vu de Pologne (encore une fois, notons une racine commune). Le Deutschland, Allemagne en français, Germany en anglais, Tyskland en danois, possède donc de nombreux noms différents, aux racines dissemblables, et semble être un cas unique en Occident. So, why ?

 

Une histoire, plusieurs peuples
En vérité, il faut s'intéresser à l'histoire de ce pays pour comprendre l'origine de ces nombreuses racines. L'Allemagne, telle qu'on la connaît aujourd'hui en tant qu'unité des peuples allemands, n'a été véritablement formée qu'en 1871 après la victoire sur la France. Au-delà des différents noms que l'on porte au royaume, de Francie Occidentale (IXème siècle) à l'Empire allemand (fin XIXème), en passant par le Saint Empire Romain Germanique (Xème-début XVIIIème), l'histoire de l'Allemagne est surtout l'histoire de différentes principautés et peuples (au contraire de la France par exemple dont l'histoire est basée sur le peuple franc). Les Alamans formaient l'un de ces peuples. C'est ainsi que certaines langues préféraient retenir ce nom ou cette racine: outre l'Allemagne français, on y ajoutera l'Alemania espagnol, l'Alemanha portugais, l'Almanya turc, l'Almaniya (Алманија) azerbaïdjanais, ou encore l'Olmoniya (Олмония) ouzbek. A la décharge de ces langues, d'une certaine manière usurpatrices de l'unité du peuple germanophone, Alamans signifie en gothique « ensemble des hommes ». Comme c'est beau...

A l'instar des pré-citées, d'autres langues faisaient le choix de retenir le nom d'une tribu pour nommer l'ensemble du peuple allemand. Le peuple des Saxons donna naissance au nom du pays allemand: Saksa en finnois, Saksamaa en estonien. C'est également le cas des germains, la Germanie ayant de tout temps désigné la région du nord de l'Europe comprise entre le Rhin et le Danube, opposant ainsi le monde romain et le monde germanique. A la création du St-Empire (qui n'eût de saint que son nom, comme le faisait remarquer Voltaire) pendant le Xème siècle, les anglo-saxons l'appellèrent Romano-Germanique, tandis que les allemands l'appelaient Römisches-Deutsches (Romain-Allemand). C'est ainsi qu'aujourd'hui encore, l'Allemagne est appelée Germany dans la langue anglaise, Germania en italien, roumain, et bulgare (Германия pour être précis), Germaniya (Германия) en russe, Gjermania en albanais, Jerman en indonésien ou, plus artificiel et symbolique, Germanio en espéranto.

Une formation tardive
Le nom original de l'Allemagne, Deustchland, vient du gothique thiuda, signifiant « peuple », avec pour adjectif thiudisk. Thiudisk fut transformé en theodischus puis teudischus par les romains. En vieil allemand, cela devint diutisca, aboutissant finalement à Deutsch, d'où Deutschland, qui apparut au XVIIIème siècle. Cela donna aussi le Duitsland néerlandais et afrikaans, le Däitschland luxembourgeois. Diutisca, trituré, devint en scandinave diutisk, puis progressivement tysk. C'est pourquoi l'Allemagne est appelée Tyskland en danois, norvégien et suédois, Týskland en féroïen. Theodischus donna de son côté thodesche, puis tudesque, que les italiens ont conservé sous la forme de tedesco pour désigner les allemands (même s'ils appellent l'Allemagne Germania).

Enfin, d'autres langues ont progressivement renommé l'Allemagne au mépris de toute règle ou de racine d'origine. C'est ainsi que les langues slaves (russe excepté) désignent l'Allemagne comme le pays de « ceux qui ne savent pas parler »: Niemcy en polonais, Nemecko en slovaque, Německo en tchèque, Njemačka en bosniaque, Nemčija en slovène, Niametchyna (Нямеччына) en Biélorusse, Njámco en dialecte tsigane. Au contraire, et plus drôle, les langues baltes désignent l'Allemagne comme « le pays des gens qui gueulent »: Vokietija en lituanien, Vācija en letton. Autre détail amusant: en vietnamien, Đức, utilisé pour nommer l'Allemagne, signifie aussi « vertu », faisant ainsi de l'Allemagne le pays de la vertu... Enfin, avis aux amateurs, en chinois Allemagne s'écrit ドイツ !

 

A la lumière de ces éléments, il convient de s'interroger sur l'importance de l'origine du nom d'un pays, d'une nation, d'un peuple. Il apparaît clairement que, peu importe qui il soit, un pays ne choisit pas son nom, mais que celui-ci lui est attribué au gré de l'histoire et des évènements. L'histoire de son peuple d'abord, et les évènements opposant d'autres peuples au sien ensuite. Un peuple seul n'est donc pas dépositaire du nom de sa nation, celui-ci dépend aussi de l'image renvoyée par son peuple au reste de l'universalité. Dans le cas du peuple allemand, peut-on y voir une ouverture inconsciente sur le reste du monde ? Ou, au contraire, la marque d'une emprise inconsciente du monde -de ses voisins particulièrement- sur l'Allemagne, pays si tardivement unifié, aux frontières si longtemps prisées, et en proie à une histoire si mouvementée ? Vaste entreprise qui, justifiée ou non, n'aura pas le mérite d'être abordée ce soir. La philo, ça n'a jamais été mon fort. Je ne suis qu'historien, après tout.

Publié par ncls à 02:46:39 dans Insolite | Commentaires (5) |

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L'intro

Lorsque la mémoire était la seule écriture, l'homme chantait.
Lorsque l'écriture naquit, il baissa la voix.
Lorsque tout fut mis en chiffres, il se tut.
R.Sabatier

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