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Et si Poutine était légitime ? | 14 mai 2008

Le sujet est revenu sur le tapis, récemment, avec l'un de mes interlocuteurs français. Poutine, la Russie, la démocratie. Violente prise de tête. Et puis, il est réapparu aujourd'hui dans mes révisions, mémoire sur l'après-guerre froide oblige.

Je ne suis pas un fan de Vladimir Poutine. J'ai été le premier choqué du coup de téléphone de Nicolas Sarkozy à son homologue russe fin 2007, après sa brillante -ou décrite comme telle- victoire aux législatives. Sarkozy, seul chef d'état occidental à l'avoir contacté, avait cru bon de «chaleureusement féliciter» Vladimir Poutine - la honte. Mais passer une année à l'étranger et dans un contexte multi-culturel, c'est l'occasion de se confronter à de nouvelles cultures. Et faire tomber la barrière des préjugés et des convictions. Quitte à prendre un bon coup sur la tête.

Poutine de nouveau vainqueur, à défaut d'être réélu président

Poutine aura donc tenu huit ans à la présidence de la Russie. Il se sera fait réélire une fois -limite autorisée par la constitution-, aura gagné toutes les législatives, et fait élire son successeur Medvedev, s'accaparant le poste de premier ministre par la même occasion. Avant de, pourquoi pas, briguer un nouveau mandat de président en 2012 - scénario plausible et constitutionnellement légal. Comment expliquer un tel succès et une telle omni-présence de la part d'un homme qui aura gouverné la Russie d'une main de fer pendant 12 ans (de 2000 à 2012), sinon plus ?

Et là, pour nous, occidentaux, l'explication est claire. Tellement évidente que l'on s'engouffre sur cette autoroute de convictions et de certitudes, sans réfléchir, formatés que nous sommes par les médias et par notre orgueil culturel. Oui, bien sûr. Poutine a gagné grâce à la censure des médias. Oui, évidemment, il a muselé l'opposition. Et puis il a truqué les élections, aussi. Certes.

Certes, la censure des médias n'est pas une nouveauté. La plupart des chaînes n'invitent pas de représentant de l'opposition lors des débats, débats qui n'ont pas pour habitude d'êtres contradictoires par ailleurs. Les seuls médias libres sont une ou deux radios à l'audience limitée, ainsi que quelques journaux aux audiences, elles, confidentielles. Sans compter les pressions exercée sur les journalistes indépendants, avec pour menace quotidienne l'emprisonnement et l'oubli en Sibérie, voire, pire, la mort. L'enquête sur l'assassinat d'Anna Politkovskaïa n'a certes pas démontré de lien avec aucune des cellules du pouvoir, mais quelle indépendance pour la justice dans la Russie actuelle ?

Certes, l'opposition est muselée. Ecartée des médias, elle n'a que très peu de moyens de se faire connaître d'une population pauvre, mal éduquée et uniquement informée par la télévision. Et même lorsque des grandes personnalités comme le champion d'échec Gary kasparov s'engagent sur la voie d'un rassemblement populaire d'opposition impossible à contenir, le pouvoir parvient rendre impossible leur représentation aux élections - Kasparov a jeté l'éponge pour ne pas avoir réussi à trouver une salle où rassembler ses militants dans Moscou, condition nécessaire pour faire acte de candidature. Et lorsque c'est un oligarque qui décide de revendre une partie de ses actions pour s'investir en politique -dans l'opposition bien sûr-, il est bien vite condamné à quelques années de prison, dépossédé de son groupe et mis au secret dans une prison lointaine.

Certes, les élections n'ont jamais été toutes claires. Lors des dernières législatives, Poutine a gagné en Tchétchénie à raison de 99%, score qui pourrait faire sourire si la guerre dans cette province n'était pas si « sale» (expression employée par Poutine lui-même). Quant à d'autres petites provinces, certaines ont voté pour Poutine à près de 102% ! Grossier, stupide et inutile flagrant délit de fraude électorale: Poutine aurait de toute façon remporté les élections.

Et s'il n'était pas si illégitime que ça ?

Nous voici donc à pleine bourre sur cette autoroute de nos certitudes occidentales formatées de pauvres petites vierges effarouchées. Poutine a donc gagné car détruit l'opposition, la presse, et s'est mis le puissant secteur industriel dans sa poche - condition nécessaire à la réalisation des deux précédentes, soit dit-en passant. Mais... et si Poutine avait gagné légitimement ? Et si Poutine avait gagné car les russes avaient voté sur lui ? Et si Poutine avait gagné car, supposition plausible à la lumière de la précédente, les russes l'appréciaient ? Et si Poutine était, en d'autres termes, l'homme que la majorité de la Russie souhaite voir à sa tête ?

Loin de moi toute envie de tomber dans un discours libéral consistant à légitimer toute l'action d'un dirigeant légèrement despote et parfois sans état d'âmes, mais à évoquer le sujet avec des russes, des vrais, on s'aperçoit vite du manque de profondeur du raisonnement caricatural mis en avant dans nos sociétés fières et «développées».

C'est qu'il faut prendre en compte les réalités de la Russie d'il y a vingt ans. De cette Russie pauvre, ruinée, obsolète, implosant à défaut d'exploser, et, surtout, humiliée sur la scène internationale après avoir régné un demi-siècle sur un bon tiers de la planète. Gouffre idéologique, gouffre financier et gouffre moral. Le capitalisme a pris le relai, affaibli encore plus le pays, créé des ecarts de richesses abîssaux entre paysans sans terre et nouveaux magnats du pétrole. Et surtout, forts de leur victoire de la Guerre Froide, les américains mettent en place une politique d'isolement de la Russie afin de la maintenir "down".

Nous sommes aujourd'hui en 2008. Et, quoi qu'on en dise, la Russie d'aujourd'hui progresse. Certes, une partie de la population vit toujours dans la misère. Mais une puissante classe moyenne se développe, profitant du renouveau économique du secteur industriel russe. Au point que des entreprises russes -à l'instar de Gazprom- deviennent aujourd'hui des leaders mondiaux dans leurs secteurs. Et leurs richesses commencent à profiter aux russes. Sur la scène internationale, la Russie fait de nouveau peur. Le spectre d'une nouvelle morcellisation des sphères d'influence pèse de nouveau sur les politiques américaines et internationales. Et, lorsqu'elle le souhaite agir dans ses intérêts, la Russie peut jouer de différents modes d'action: du militaire (la démonstration de force sur la Place Rouge lors de l'intronisation de Medvedev en est une belle illustration) au financier (présence extraordinare et insoupçonnée en occident en terme de capitaux), en passant par les ressources naturelles (la rupture d'approvisionnement de l'oléoduc ukrainien en 2004 avait passablement gêné l'Allemagne) ou par les nouvelles technologies (hackers). Or c'est à la capacité de nuisance que se détermine l'influence d'un état. Ironie suprême: c'est par des pieds de nez constants aux institutions internationales, traités établis, et politiques préconisées par le FMI et la Banque Mondiale que Moscou s'est relevé aussi rapidement. La Russie de 2008 n'a plus rien à voir avec celle de 1991. Et c'est peut-être de ça aussi, que les russes ont besoin.

A défaut d'y voir la «démocratie dirigée» que Poutine défend à couvert, le terme de «démocratie manipulée» utilisé par Jean Radvanyi paraît pertinent. Car, à priori, les dernières élections n'ont pas donné lieu à de nouvelles fraudes électorales. Car, à priori, les russes ont toujours leur droit de circuler, de commercer ou de voyager à l'étranger pour ceux qui le peuvent (mais leur nombre augment), d'éduquer leurs enfants aux quatres coins du monde, voire d'accéder à Internet. Un semblant de démocratie, donc. Façon inévitable d'accéder à la «vraie» démocratie, arguent les dirigeants russes. Façon la plus efficace aussi de replacer le pays sur la scène internationale, à la place qui devrait être la sienne. Sans vouloir légitimer Poutine, Medvedev et consorts, c'est tout un raisonnement sur la démocratie et la pertinence du «totalitarisme socialiste» qui pourrait être remis en cause, sur les bordures du moins.

Si les russes ont voté Medvedev pour garder Poutine à la tête de l'état, alors je dirais bienvenue à Medvedev et bonne chance à Poutine. Je n'irai juste pas jusqu'être chaleureux, moi. Mais bon, chacun son truc.

Publié par ncls à 20:32:42 dans Opinion | Commentaires (2) |

Lost Austria and crazy France | 05 mai 2008

I've never heard about Austria. Of course, as historian, I know its history place. The Empire(s), Vienna, Mozart, Franz Ferdinand of Austria--and Hitler, if we want. But since, nothing. Anyway: Austria seems blocked between the strong Germany, the rich Swiss, the sexy Italy and the threaten East-Europe. And even the name "Austria" doesn't feel nothing: no nice beatches, no beautifull girls, no good weather, no pleasant langage--at least, if there is, nobody knows.

I'm from the "digital generation". My education is partly a mix of newspapers, information websites and TV. If I don't care about something, it's mostly because I don't hear about it. And really, I don't care about Austria. However, I've been there, in Krems to be precise. But the only things I remember are my team and the last point against the irish team (a legend now). Nothing about the city, the country, the langage, even Austrians.

Fortunately, Austria got some crazy stories. Three the last ten years, at least. Enough to remember to the world that Austria didn't disappear, I would say.

The first time was the election of the nazi politician, Jörg Haider. It was in 2000, I was young, not really interesting. I re-discovered that story few months ago, for my studies. But anyway: Austria was under the spotslights. The second was, more recently, the discovering of the incredible story of Natascha Kampusch. She leaved in captivity during 8 years. It seemed amazing. But it was finally almost nothing compared to the 24 years of Elisabeth Fritzl. Of course, that was the third about Austria.

What's wrong in Austria ? I'm wondering. Are Autrian people crazier than the rest of the world ? Maybe. But, regarding to the Autrian students I know here, they seem normal. They are not skinheads, they don't wear the nazi star on their arm, they don't have knifes between their teeth, they don't look like criminals. Of course, criminal never look like criminal.

Never ? No. Josef Fritzl really look like a criminal. Worrying face, threaten eyes, wrinkled skin. Police couldn't get a worst picture of him. But it's the only picture journalists got, then it's the only picture that TV, newspapers and internet websites are showing. The story was amazingly crazy; we just needed the picture of THE Criminal, of THE Monster. We have it: now we can imagine the hell known by his daughter. Definitely, the legend is on the way. As an famous Autrian newspaper wrote last week: from now, in Austria, nothing will be like before.

And then, French press woke up. By French press, I mean Le Parisien--a kind of popular dish towel always running after crazy stories. The AFP and Libération already told about her: it was in March and the story stayed quite confidential. It was before. After Le Parisien's article last week, French TV's ran until Lydia Gouardo's place: she got long reportages and even an "exceptionally long interview" at TF1, the first channel. Understandable: her story is almost the same. She was not locked in a secret room, but the father didn't need the protection: everybody in the village--neighbour, mayor, police--knew the situation, everyone knew that she got 6 childrens with him and she was beaten by him. And when she tried to escape, the social services brought her at home. After saying everything was okay. She leaved in this situation... 28 years.

Unusefull to try to discover what's wrong in Austria, we should first discover what's wrong in France. Not about French people. But about French social workers who didn't see the traces of beating on her, the results of the sexual agressions (6 childrens, God!). And what about the neighbourhood ? What about the mayor, and even the police ? And more, what about the French press ? Without Elisabeth Fritzl, they would probably never tell again about Lydia Gouardo.

The worst attracts the worst. We will probably hear about Fritzl and Gouardo during few days, few weeks, maybe months. And perhaps about other poor women, with destructed life because of their fathers. Just to be sure that people are understanding that the worst exists, in that crazy world. Sure, it's even worst than food crisis or than situation in Tibet.

When press is doing Emotional, instead of Information. Please, just go back to Information. World won't be better; but world won't by worst as well.

Publié par ncls à 21:21:45 dans Opinion | Commentaires (0) |

Beijing 2008 : un fiasco nécessaire ? | 10 avril 2008

Enfin, Jaques Rogge a pris ses responsabilités. Le président du Comité International Olympique a ce matin appelé la Chine à respecter ses engagements pris en 2001, lorsque le CIO avait accordé à Pékin l'organisation des Jeux Olympiques de 2008. Déclarant, selon Le Monde.fr: « Avant l'attribution, les représentants ont dit [...] que 'accorder à la Chine ferait avancer la question sociale, notamment les droits de l'homme'. Nous demandons à la Chine de respecter cet engagement moral ».

La réaction de la Chine ne s'est pas fait attendre. La porte-parole du ministère des affaires étrangères s'est, de nouveau, insurgée que l'on introduise des facteurs politiques aux JO, principe contraire à la Charte Olympique. Le CIO se trouve donc confronté à un absurde dilemne kafkaïen dans lequel il s'est lui-même jeté sept ans plus tôt: faire pression sur la Chine et bafouer le principe basique des Jeux Olympiques, ou s'effacer au profit du sport et de l'humanité. Gageons que les membres du CIO suivront la voie tracée par leur président, qui après avoir beaucoup hésité, semble se tourner vers l'option première. Quitte à gâcher -une partie de- la fête ?

Il ne faut pas se leurrer. Pour tout athlète, les Jeux Olympiques représentent l'apogée d'une carrière. Pour tout athlète, les Jeux Olympiques représentent l'accomplissement de toute une vie consacrée au sport, et de plusieurs mois -voire années- consacrées à ce but seul. En outre, l'objectif premier de l'olympisme -l'universalité- est un principe fondamental ne pouvant être transgressé: une fois sur la piste, tout individu, qu'il vienne d'un état communiste totalitaire ou d'une démocratie parlementaire, n'est qu'un adversaire comme un autre, qu'un homme comme un autre. Là aussi est la beauté du sport. Bien sûr, un boycott des Jeux Olympiques n'est pas un acte envisageable.

Mais arrêtons un peu l'hypocrisie. Depuis sept ans, on sait que les JO seraient organisés en Chine. Depuis sept ans, les associations des droits de l'homme avertissent des dérives du régime chinois. Et comme par hasard, il aura fallu attendre l'explosion de la poudrière tibétaine pour voir -enfin!- une mobilisation internationale. Mobilisation (plus ou moins violente) qui, petit à petit, est remontée jusqu'aux oreilles des « grands » de ce monde: après s'être montré prudent, Sarkozy, appuyé par une vindicative Rama Yade, semble se montrer de plus en plus circonspect à l'égard de la Chine et de sa présence à la cérémonie d'ouverture. Il sera alors à la tête de l'Union Européenne, doit-on y voir un espoir ? Fermeté en outre renforcée par les gouvernements britanniques et allemands. Enfin au Etats-Unis, si l'on ne sait pas si Bush sera présent à Beijing le 8 août, les pressions -dont celles d'Hillary Clinton- s'accentuent en faveur d'un boycott présidentiel.

Alors désolé si ça peut choquer, mais la violence était nécessaire. La violence du geste devant le siège de France Télévision -siffler un athlète handicapé porteur de la flamme- est terrible, dramatique et traumatisante, mais elle a permis de mettre en évidence la mascarade de « fête olympique » organisée par les dirigeants chinois autour de la flamme. On ne fait pas une fête olympique avec des forces spéciales et des décisions proches de la censure (outre la scène à France Télévision, alors que France 2 était en direct, rappelons que sur les 9,6 kilomètres parcourus à San Francisco, la flamme en a parcouru 3... dans des entrepôts vides !).

Alors bien sûr, la flamme ne sera pas stoppée, contrairement à ce que la presse laisse à penser ces jours-ci. Trop d'intérêts financiers en jeu d'abord: Samsung, Coca-Cola et Levono (un groupe chinois) ont déboursé près de 50 millions de dollars pour sponsoriser son grandiose parcours (long de 137.000 kilomètres). Trop d'intérêts politiques aussi: quel camouflet pour le régime chinois s'il voyait cette flamme, symbole de la grandeur retrouvée de la Chine dans le monde, s'interrompre si brutalement ! Et en même temps, une interruption n'est pas souhaitable, la différenciation entre le régime chinois et le peuple chinois devant faire office de postulat systématique. Amalgame qui mènerait, sinon à un inutile racisme anti-chinois d'un côté, au moins à un inquiétant racisme anti-occidental de l'autre.

Il reste quatre mois avant les JO. Quatre mois, c'est long. D'ici là, le régime chinois a le temps de réouvrir le Tibet aux journalistes, de libérer Hu Jia et d'accorder aux journalistes présents à Beijing en août une liberté entière. D'ici là, les dirigeants communistes ont aussi le temps de durcir la répression, de museler la parole opposante et de faire du Tibet un no man's land médiatique. La mobilisation va-t-elle continuer ? La pression médiatique, d'ordinaire si volatile, va-t-elle se prolonger ? C'est là toute la question. Mais si c'est le cas, alors pourra-t-on espérer quelques signes d'ouverture de la part du régime chinois. Non pas sur la démocratie qui, comme l'indépendance du Tibet d'ailleurs, est un non-sujet. Mais sur les droits de l'homme, le bras de fer psychologique ne fait que commencer. 

Toute pression de la rue est vaine et inutile sans relais politique. Les « grands » de ce monde sauront-ils résister aux silencieux et cyniques lobbyings financiers qui régissent le monde du sport ? Nicolas Sarkozy, pour ne prendre que lui, saura-t-il faire marquer son opposition aux agissements chinois, alors que tant d'intérêts sont en jeu ? Pour rappel, l'entreprise chargée de brouiller les télécommunications au Tibet, le coupant du reste du monde, est Thalès. Entreprise française dont l'actionnaire principal, à hauteur de 27,3%, est... l'Etat français lui-même. CQFD.

Publié par ncls à 16:47:15 dans Opinion | Commentaires (0) |

Sarkozy: générosité intéressée ? | 05 avril 2008

Insolite (et sans rapport avec la suite). Le problème avec les parkings à vélo, au Danemark, c'est qu'ils sont souvent pleins. Alors bon, on se débrouille pour se garer. A chacun sa technique...

 

La presse en a fait des choux gras en début de semaine, Carla Bruni-Sarkozy a décidé de faire don aux Restos du Coeur des 60.000 euros gagnés au procès contre Ryanair, somme à laquelle s'est ajoutée 60.000 autres euros que Nicolas Sarközy de Nagy Bocsa (plus connu sous le pseudonyme de Nicolas Sarkozy) a sorti de sa propre proche. Un don de 120.000 euros du couple présidentiel, donc. Pas la peine d'émettre une critique primaire et infondée sur l'aspect (peut-être) purement médiatique du don, au contraire: voilà qui devrait bien aider les Restos du Coeur - respectable association n'ayant d'ailleurs pour but que de se substituer à un état défaillant. Mais bref.

Il est toujours délicat de juger un acte généreux comme celui-ci. Toutefois, une précision peut s'avérer intéressante. Ce don, rentrant dans la catégorie des « don à un organisme d'intérêt général ou à but non-lucratif » permet donc au couple présidentiel de bénéficier d'une réduction d'impôt, de 66% « dans la limite globale de 20% du revenu imposable ». Dans le cas de Nicolas Sarkozy (en admettant que le couple soit, ce qui paraît probable, marié sous le régime de séparation des biens), ce sont donc 39.600 euros (66% de 60.000 euros) qui seront déduits directement de ses 240.000 euros de salaire annuel. Dans le cas de Carla Bruni-Sarkozy, c'est un peu plus compliqué. Pour qu'elle bénéficie, à son tour, des 39.600 euros de défiscalisation, il lui faut gagner un minimum de 16.500 euros par mois. Or, au regard tant de ses droits de chanteuses, d'ex-mannequin et d'héritière de famille industrielle qu'à son train de vie, tout laisse à penser qu'elle en gagne bien plus.

Il ne s'agit pas ici de juger - Sarkozy n'est pas le premier président à profiter des subtilités fiscales, sans doute même dans une moindre mesure que d'autres. Il ne s'agit pas non plus de déclencher une vague de dénigrement médiatique primaire - il serait peut-être temps d'oublier la forme et de se concentrer sur le fond. Il me semblait juste intéressant de relever cet omis détail: grâce à ces 79.200 euros de défiscalisation pour seulement 60.000 euros effectivement perdus, les tourtereaux devraient économiser 19.200 euros tout en s'étant taillé une belle tranche de publicité. Non, vraiment, la progressive chiraquisation de la présidence Sarkozy n'est peut-être pas qu'une illusion.

Publié par ncls à 18:18:57 dans Opinion | Commentaires (0) |

President Bush, chapeau | 13 mars 2008

Parfois il faut savoir reconnaître un point positif, même s'il est bien caché au sein d'une série de mesures, de discours, d'évènements et de faits auxquels on n'adhère pas. C'est bien à ce prix qu'on peut avancer, tous ensemble.

Ainsi donc me baladais-je ce soir sur les archives de la Sécurité Nationale des Etats-Unis d'Amérique, disponibles ici sur le site de la Maison Blanche, et passais en revue tous les discours et communiqués de la première administration Georges W. Bush. Survolant les titres, mon attention était d'un coup captée par un étrange titre: « President's message for Ramadan », daté du 15 Novembre 2001, soit deux mois après les attentats du 11 septembre (et alors que les américains vivaient encore sous le choc de ce traumatisme sans précédent). Par curiosité, je m'y arrêtais un instant et ouvrais le document (à voir ici).

Après avoir adressé ses « plus chaleureuses aux musulmans partout dans les Etats-Unis et dans le monde » pour le nouveau Ramadan, le Président américain continue comme cela: « the Islam that we know is a faith devoted to the worship of one God, as revealed through The Holy Qu'ran.  It teaches the value and importance of charity, mercy, and peace.  And it is one of the fastest growing religions in America, with millions of American believers today. » (« l'Islam que nous connaissons est une foi consacrée à l'adoration d'un Dieu, comme le révèle le Saint Coran. Il apprend la valeur et l'importance de charité, la pitié et la paix. C'est une des religions les plus en essor en Amérique, avec des millions de pratiquants américains aujourd'hui »).

Le paragraphe suivant est un plaidoyer pour la diversité des musulmans, qui « travaillent dans tous les domaines de la vie courante, y compris dans nos forces armées ». Il continue ensuite en citant une phrase du Coran, et en ajoutant sa fierté de voir les Etats-Unis venir en aide (nourriture, médicaments) aux musulmans d'Afghanistan (encore que ce point reste discutable).

Enfin, le communiqué se clôt par un: « we send our sincerest wishes to Muslims in America and around the world for health, prosperity, and happiness during Ramadan and throughout the coming year » (« nous transmettons nos voeux les plus sincères à tous les musulmans, d'Amérique et du monde entier, de santé, de prospérité et de bonheur, pour ce Ramadan et pour l'année à venir »).

Cynique et pragmatique manoeuvre pour se justifier -ou du moins dédouaner- de l'intervention en Afghanistan, ou simple et honnête déclaration destinée à désamorcer l'anti-islamisme amalgamique émergeant ? Optimiste, j'ose pencher pour cette dernière proposition. Pour cela, chapeau, monsieur le Président. C'est bien en rejetant les amalgames que nous devrions avancer, tous ensemble.

Publié par ncls à 00:33:04 dans Opinion | Commentaires (3) |

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L'intro

Lorsque la mémoire était la seule écriture, l'homme chantait.
Lorsque l'écriture naquit, il baissa la voix.
Lorsque tout fut mis en chiffres, il se tut.
R.Sabatier

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