L'accès à YouTube rétabli au Pakistan ! Le gouvernement de Pervez Musharraf avait en effet demandé aux fournisseurs d'accès à internet du pays de bloquer l'accès à la plate-forme de vidéos vendredi dernier, en attendant que certaines vidéos au contenu «totalement anti-coranique et très blasphématoires» soient retirés du site. Pour l'anecdote, une erreur de manipulation a conduit à un blocage de YouTube... dans le monde entier - mais pendant deux heures seulement.
Après cinq jours de censure, et désormais «nettoyé» selon la volonté des dirigeants pakistanais, YouTube revient sur les écrans d'ordinateurs du pays. Pour la liberté d'expression, il faudra repasser: YouTube a pour habitude de retirer les vidéos sur simple demande. Le débat porte plutôt sur la nature des vidéos qui gênaient et qui ont conduit le Pakistan à une telle décision.
Et là les médias francophones ne sont pas d'accord. Selon Le Point, qui affirme s'appuyer sur les témoignages des internautes pakistanais, il s'agirait de retirer le témoignages de personnes ayant assisté à des fraudes lors des dernières élections parlementaires. Pour le Nouvel Obs, il s'agirait plutôt de la mise en ligne vendredi d'une vidéo d'un député néerlandais affirmant vouloir faire un film sur le fascisme et la violence de l'Islam. Enfin à en croire TF1, ce serait un moyen pour le gouvernement pakistanais de censurer les caricatures de Mahomet, réapparues en masse après leur nouvelle diffusion dans dix-sept journaux danois deux semaines plus tôt (évoquées ici et là). Il faut donc chercher chez les anglophones et s'en remettre à l'AP pour trouver une hypothèse crédible au blocage de YouTube: officiellement le Pakistan aurait voulu éviter de nouvelles émeutes comme l'affaire de caricatures en avait provoqué deux ans plus tôt (faisant cinq morts), officieusement bloquer la diffusion de la vidéo du parlementaire hollandais. Bel imbroglio.
Pour revenir à des choses plus joyeuses, voilà le futur candidat irlandais à l'Eurovision 2008. Vrai ! Porté par une vague de soutien populaire -un peu à l'instar de Montcuq pour le monopoly des villes de province-, Dustin a remporté l'épreuve de sélection dans son pays. Je suis déjà séduit, pour ma part...
Enfin, oublions un peu YouTube et revenons un peu à l'hexagone, que diable. On sait que les noms de domaine cassetoipauvrecon.com, cassetoipauvrecon.fr et déclinaisons, ont tous été pris d'assaut ce week-end. En attendant que les sites soient opérationnels, vous pouvez toujours faire un tour sur mon coup de coeur du jour: http://situreviens.com/. N'empêche, on aura jamais autant rigolé que depuis le 6 mai !
Publié par ncls à 20:01:43 dans Vie quotidienne | Commentaires (0) | Permaliens
Autrefois dans les villages, lorsqu'on entendait la cloche sonner, on savait que c'était la calèche du laitier qui passait déposer son lait frais. Eh bien, le Danemark a conservé cette charmante tradition. Ainsi lorsqu'on entend la cloche sonner, on sait que c'est... le camion frigorifique qui vient déposer ses produits surgelés !
Publié par ncls à 20:05:29 dans Vie quotidienne | Commentaires (1) | Permaliens
Sometimes, you ask yourself. Why am I here ? How arrived I here ? But in the same time, you do not care about that. Yesterday, between 4 and 5 pm at the Business School. We were sitting here, with two French teachers from Nancy -here for conferences-, my teacher of French Politics, two other teachers of French at the Business School, and me. There was wines and cheeses, directly brought from France by French teachers. We were only six people. The tasting was initially planned for... twenty-five people. QED.
Il y a des fois où l'on se demande ce qu'on fait là, comment on est arrivé là, mais que sur le moment, on s'en fout complètement. Hier, entre seize et dix-sept heures, à l'ASB (Aarhus School of Business). A table avec deux français -lui professeur en classes préparatoires, elle enseignante en lycée et université-, mon professeur de politique française, et deux autres professeurs de français de l'ASB. Avec fromages et vins français -et pas n'importe lesquels-, dégustation prévue initialement pour... vingt-cinq personnes. CQFD.
Publié par ncls à 14:34:09 dans Vie quotidienne | Commentaires (4) | Permaliens

Il est de ces règles de survie qu'on ne peut occulter, surtout lorsqu'on évolue dans un univers aussi sauvage et inhospitalier que le Danemark, et qui peuvent être utiles à rappeler aux futurs visiteurs qui se succèderont ici durant ce semestre. Parmi celles-ci, les règles de circulation.
On a toujours dit que tout était très simple ici. Les voitures roulent sur la route, les vélos sur les pistes cyclables (en général séparées de la route par un talus, et assez larges pour rouler à deux de front), et les piétons sur les trottoirs. Il faut savoir que le piéton n'est pas roi: ainsi le trottoir peut subitement disparaître, ne laissant plus que la piste cyclable. Et là, gare aux vélos, fichtrement dangereux car rapides et silencieux.
Il n'y a pas que les vélos qui vont à une vitesse folle, d'ailleurs. Les voitures ne sont pas en reste. La vitesse limite autorisée en ville est ici de 60 km/h, mais je doute que beaucoup de véhicules ne la respectent. Les transports en commun ne sont pas en reste: c'est bien la première fois que je vois des bus dépasser des voitures, en ville ! D'ailleurs, rester debout dans un bus est un délicat exercice de force et d'équilibre.
Alors oui, tout ça c'est bien dangereux. Ici quand on cartonne, on ne cartonne pas à moitié. D'ailleurs une gerbe de fleurs a été déposée en face de la School of Business, là où je change de bus chaque matin. Mais paradoxalement, on voit peu d'accidents. La mortalité sur la route est d'ailleurs -proportionnellement- deux fois moins élevée au Danemark qu'en France (voir ce rapport des Nations Unies). Comment l'expliquer ?
Tout simplement par un respect des règles élémentaires. Ici, personne ne traverse lorsque le petit bonhomme est rouge. Quant à traverser à un endroit où il n'y a pas de passage piéton, sauf cas de force majeure, c'est même pas la peine d'y penser. Les vélos ont, quant à eux, leurs propres feux tricolores. Là encore, le respect est de rigueur. Et comme ils disposent de leurs propres voies de circulation et que les piétons, comme sus-cité, ne mettent leur pied sur la route qu'en présence d'un passage clouté et d'un bonhomme vert, les voitures peuvent se permettre de rouler vite -voire très vite- sur les droits, immenses et larges boulevards que sont les routes danoises.
Alors après, on apprécie (sécurisant) ou on apprécie pas (perte de temps, d'originalité et de caractère), à chacun son point de vue. Mais ce qui est amusant, c'est de constater les réactions des autochtones lorsqu'ils se retrouvent confrontée à une situation qu'ils ne connaissent pas, ou peu: à l'arrêt de bus de ma résidence, il n'y a pas de passage piéton. Et aux heures de grande affluence, là où j'arrive à traverser en quelques secondes, certains danois attendront plusieurs minutes. C'est aussi ça, la culture française.
Publié par ncls à 23:33:40 dans Vie quotidienne | Commentaires (1) | Permaliens
REUTERS - AARHUS (DK), 20/02/2008. Bad news for French people. France lost the world championship of the University of Aarhus of tabletennis tonight. France and Germany were opposit in final, but Germany was better and won 3 sets to 0. The scene took place in the famous stadium of the Veljbykollegiet, in Risskov. But some advisers said that the German player disturbed his partner with a count in different languages (always switching between german, danish, french and english). Never the less, the German team stays winner, because of the pizza after the match.
Sinon, et c'est incontestable, ça a son charme de fêter son anniversaire loin de chez soi. D'abord parce qu'on reçoit plein de mails, ensuite parce qu'on se fait souhaiter son anniversaire dans tout plein de langues différentes, en français, en danois, en anglais, en allemand... Alors merci à tous, tak til alle, thank you to everybody, danke schön für alles... Pas trop la classe, ça ?
Quant aux émeutes qui agitent le Danemark depuis plus d'une semaine (voir le billet de vendredi), elles semblent s'être calmées à l'intérieur du pays. Une partie des émeutiers auraient signé une pétition expliquant leurs gestes, et indiquant l'arrêt des troubles. Retour au calme et début des débats politiques, bref, tout le monde pensait la situation revenue à la normale, comme je l'expliquait dimanche. C'était occulter la bombe qui a explosé ce matin à l'entrée d'un saunarium, à Copenhague. Heureusement, pas de victimes, mais d'importants dégâts matériels et une évacuation d'une partie du quartier le temps de vérifier le contenu d'autres sacs suspects.

Les hommes soupçonnés de l'attentat, non revendiqué, ont été décris par des témoins comme d'origine orientale. De là à relier l'explosion avec les émeutes récentes, il y a un pas que les journaux danois n'ont pas franchi. Echaudés par la situation actuelle, à laquelle on peut leur imputer une part de responsabilité ? Il est vrai que la police danoise, elle-même prudente, a déclaré exclure la piste terroriste. Déclaration tombant bien, au moment où de nombreux pays islamistes, au premier rang desquels l'Iran, appelent au boycott du Danemark. Bref, le silence semble satisfaire tout le monde. Les sites d'information danois relaient bien vite l'explosion en bas de page. Quant aux autres médias occidentaux, ils n'auront même pas évoqué le sujet.
Et c'est là que l'étonnement pointe. Pourquoi aucun média anglophone, francophone ou germanophone visible sur le Net, crédible ou pas, professionnel ou pas, à orientations politiques ou religieuses ou pas, n'en a parlé ? Pourtant, une porte a été défoncée par cet attentat. Pour les plus conservateurs, c'est une bonne occasion de montrer que les immigrés sont à l'origine des problèmes du Danemark, et qu'il est temps de fermer les frontières. Pour les défenseurs des droits de l'homme au contraire, c'est une nouvelle preuve qu'on met tout sur les dos des immigrés sans preuve et sans fondement. Pire, pour les amateurs de complots en tout genre, on pourrait y voir la main des fondamentalistes musulmans, d'Al-Qaïda ou de l'Iran. Certes, aucun élément ne permet de confirmer ni d'infirmer l'une de ces thèses, mais les journalistes sont imaginatifs et friands d'affaires un peu étranges. Pourtant là, le mutisme est général.
La seule explication qui me vient à l'esprit, c'est le concept de circulation circulaire de l'information, si chère à Bourdieu. Traduction: la presse ne relaie qu'une information qui est déjà dans le circuit -scoops exceptionnels mis de côté, bien sûr. Les médias transmettent donc tous la même information, et ne diffèrent que sur la façon dont ils la traitent. A l'information de rentrer dans le circuit, elle y sera ensuite traitée à sa juste valeur -ou à sa valeur marchande.
Or, pour rentrer sur le circuit, il semblerait qu'elle ait besoin des agences de presse. Reuters, AFP, AP. Sans elles et leurs dépêches matinales, l' "affaire des caricatures II" de la semaine dernière n'aurait jamais connu un tel éclairage dans les médias du monde entier. Aucune d'elle n'a choisi de médiatiser l'attentat de ce matin -en dehors des circuits professionnels du moins. Erreur professionnelle ou choix responsable ? Là n'est pas la question. Le problème est plutôt ce constat: sans agence de presse, pas d'information. Conséquence directe: l'indépendance des agences de presse est une question vitale pour la démocratie -sujet sensible alors que Bolloré s'apprête à racheter la branche française d'AP. Et constat plus général: les journalistes ne vont plus à la pêche à l'information. Question de temps ou de budget, mais rien de bien nouveau, n'est-ce pas ?
Publié par ncls à 23:54:41 dans Vie quotidienne | Commentaires (1) | Permaliens
Lorsque la mémoire était la seule écriture, l'homme chantait.
Lorsque l'écriture naquit, il baissa la voix.
Lorsque tout fut mis en chiffres, il se tut.
R.Sabatier
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