• Puisque la Chine est à l'honneur partout ou presque, soyons fous et (re)actualisons ce blog à l'air du temps. Ainsi donc, comme dans tous les journaux, sur toutes les télés et presque toutes les radios, parlons des Chinois, de la République Populaire de Chine, de Pékin et des JO de Beijing... euh Pékin... euh...

    Evidemment, la solution toute trouvée d'avance ressemblait à ça: « Pékin doit être l'ancien nom de Beijing » - pas la peine d'en faire un plat, soit dit-en passant.

    Ou alors à ça: « Pékin c'est le quartier principale, ou le nom de la ville, et Beijing c'est la ville ou la mégapole » - pas la peine d'en faire un plat non plus.

    Et non, en fait, c'est encore plus simple. C'est juste parce que, ne sachant pas comment prononcer «Beijing», certaines flemmardes de langues occidentales ont préféré garder «Pékin». Explication.

    Avant la dynastie des Ming, «Beijing» s'écrivait donc «Beiking» (prononcez «Peïkine», devenu «Pékin» pour les Français, «Pechino» pour les Italiens, «Peking» pour les hollandais). Après les Ming, «Beiking» était donc devenu «Beijing». Sauf que, difficulté, «Beijing» se prononce «Peïtine». Alors bon, plutôt que de tout changer, on a gardé le vieux nom. Qui n'est pas l'ancien nom, mais qui en est l'ancienne version. Même si personne n'a compris, pas de quoi en faire un plat, on avait dit.

    Comme quoi, c'est utile pour la culture générale d'avoir une collègue Chinoise. Elle s'appelle Jin-Jin. Ou Jing-Jing. Faudrait que je pense à lui demander comment elle l'écrit, son nom.


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  • « Fin, ou presque. »

    Note: penser à changer ce titre, dramatique, lugubre et inapproprié.

    Bien sûr, tout rêve prend fin. Et l'aventure danoise s'est évidemment achevée cet ensoleillé lundi 9 juin, à coup de grands signes d'adieu des mains et de doigts d'honneur (une manière toute personnelle d'AJ de me signifier son amitié). On se reverra ; c'est sans doute vrai et ce sera inoubliable. En attendant, la vie continue.

    Elle continue à Tours, finalement. Au revoir les profs d'histoire, adieu la fac de Cergy. Et bonjour l'IUT de Tours à bord de son vaisseau amiral, fleuron de sa flotte de diplômes, le DUT Journalisme. Une nouvelle aventure qui promet d'être exceptionnelle.

    La vie, c'est aussi tout le reste. C'est juste trop long à raconter ; pas ici, plus tard, peut-être. Sûrement, même. Promis, un autre blog (ou celui-là?) prendra le relais. Ou relai. Paraît que ça s'écrit comme ça depuis la réforme orthographique de 1990, sur le modèle de balai. Ca a tout de même moins la classe que ondotostomatologie.

    Note: arrêter de lire le Petit Robert.

    Demain, départ pour les Pyrénées. Non pas que ce blog était à proprement parler alimenté ces dernier temps et non pas que ce départ viendrait à bousculer l'équilibre précaire de l'actualisation régulière requise pour contenter l'assoiffement abyssal des lecteurs de ce blog en admettant qu'on puisse parler d'équilibre pour un blog, mais il me fallait écrire la phrase suivante avant de vous quitter : bonnes vacances and take care of you.

    Retour en août, même lieu, même heure.


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  • Mes chers amis,

    Je survis sans vous. A vrai dire, mieux que prévu.

    Ca n'a pourtant pas été facile au début, de retrouver la France. L'accueil a d'ailleurs été plutôt brutal, à la frontière, aux alentours de 6h du matin, avec un contrôle inopiné du car par la douane française - on a vu plus sympa comme réveil. Et les retrouvailles avec le métro et le RER ont été terribles du fait de la soixantaine de kilos de bagages que je ramenais avec moi. Quelle idée d'avoir acheté des boules de pétanque au Danemark, aussi...

    Le plus dur et le plus frustrant, au début, c'est la langue. D'abord, c'est trop facile, de parler français tout le temps. Quoique, pas tant que ça ; parfois les mots anglais sortent tout seul - lapsus rassurants, Erasmus n'a pas servi à rien. L'autre inconvénient, c'est qu'on comprend tout, et que les gens comprennent tout. J'avais perdu cette habitude désagréable de tout comprendre de la vie des grandes gueules pendues au téléphone. J'avais également perdu l'habitude de ne plus retenir mes mots français, personne ne pouvant me comprendre. La situation a quelque peu changé...

    Voilà dix jours maintenant que je suis de retour. Et les activités n'ont pas manqué. La principale fut le but de mon retour anticipé. Ainsi donc ai-je été admissible au DUT Journalisme de l'IUT de Tours, et me suis-je présenté le vendredi 13 (oui, les amis, un VENDREDI 13!) à l'entretien de motivation et à l'épreuve d'anglais, en charmante compagnie d'une soixantaine d'autres candidats, tous -ou presque- aussi talentueux, intéressés, bavards, et motivés pour faire partie des vingt-cinq sélectionnés. Et moi, je suis passé à côté de la chance de ma vie, à peu de choses près. Le jury voisin du mien étant composé de, outre un professeur de l'IUT, du journaliste de France 2 Philippe Laffon... avec qui j'avais passé une partie de mon stage à France Télévision quelques années plus tôt.

    Les activités ne manquent pas non plus, car nous sommes en Juin. Je ne sais pas ailleurs (je n'ai que très peu profité du Juin danois), mais Juin, en France, est un mois totalement différent des autres. D'abord, il y a le BAC. Le stress pendant plusieurs jours, les jeunes qui désertent les rues pour réviser, le traditionnel décrytpage des sujets de philo aux journaux télévisés, puis l'envahissement collectif synonyme de fin des épreuves. C'est aussi un temps de préparation: festivités de fin d'année, vacances, camps voire année suivante. C'est aussi la fête de la musique, samedi. C'est aussi l'Euro, ou disons plutôt, c'ETAIT l'Euro - la fin de la compétition n'ayant désormais qu'un attrait relatif du fait du départ précipité des Bleus qui n'ont visiblement pas apprécié l'air Suisse (faut dire que c'est très près de l'Autriche, ce pays).

    Vous ne me manquez pas. C'est difficile d'expliquer ce sentiment mais le retour à la vie «normale» (normale jusque fin juin, du moins) s'accompagne de la reprise des habitudes «normales», et des retrouvailles avec les amis «normaux». Certes, penser à vous est un calvaire - je voudrais tant vous revoir, tous, très vite, dans un «flat» du skjølhojkollegiet ou devant le Social Club, peu importe. Mais le temps actuel (la pluie, le vent et le froid ont fait leur grand retour sur Aarhus) me rappelle que, même quand il pleut, il fait quand même beaucoup plus chaud en France ; mine de rien ça compte, et revenir en France aussi tôt n'était peut-être pas une si mauvaise idée. En outre, tout le monde part et je n'aime pas les adieux. D'ici là que je revienne à Aarhus, plus personne ne sera là.

    Ce n'est pas simplement un départ géographique et physique. Ce n'est pas simplement l'abandon du statut d'expatrié et d'étudiant Erasmus. C'est beaucoup plus fort. C'est l'éclatement d'une communauté qui, au gré des cours, des fêtes et des affinités, avait fini par se former. Une communauté hétéroclite, multi-culturelle, multi-linguiste et complètement folle. L'année prochaine sera complètement différente, à Aarhus. Et nous, nous auront Internet pour rester en contact, mais nous ne le feront que peu. Parce que chacun de nous reprendra -ou démarrera- sa vie, en France ou ailleurs. Rien ne sera jamais plus pareil, comme avant, comme pendant. C'est l'après qui démarre, sans vous.

    Ce n'est pas un adieu - je n'aime pas les adieux. Ce n'est qu'un au revoir. A bientôt, j'espère, et... chapeau.

    Votre fidèle ami,

    Nicolas


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  • Qui dit Danemark, dit pays du recyclage et du respect de l'environnement - encore que cette dernière affirmation reste à prouver. Mais qui dit pays du recyclage, dit pays du consignage. Or, ici, la consigne concerne tous les types de contenant, ou presque. Bouteilles de bière (tous types) ou de soda, mais aussi... les canettes.

    La consigne, c'est tout un art. Et les artistes se divisent en deux catégories. La première est celle des consciencieux: ceux qui, à chaque fois qu'ils vont faire leurs courses, ramènent leurs quelques bouteilles. Comportement très danois, il va sans dire. La seconde catégorie est celle des flemmards: ceux qui attendent la fin de l'année pour vider le sas d'entrée qui, au fur et à mesure des mois, avait accumulé un mur de bouteilles d'un bon mètre cinquante de hauteur. Comportement très étudiant étranger, il va sans dire.

    Ce bon vieux Robert (en photo) nous a bien aidé. Robert, c'est le caddie que l'on a "emprunté" à Netto, quatre mois plus tôt, lorsque l'on avait acheté un petit hectolitre de bière pour fêter dignement -à la danoise, j'entends- mon anniversaire. Depuis, Robert s'était installé devant notre jardin, et semblait apprécier cette nouvelle vie composée de farniente, de bronzage et de flemmardise au milieu de l'herbe verdoyante. Aujourd'hui, Robert a fait le chemin inverse, chargé de bouteilles vides.

    Et là, on est subitement devenus riches, ma voisine Laura et moi. La consigne nous a rapporté la bagatelle de 146 couronnes danoises, soit plus de 20 euros! Et encore. Les bouteilles de vin ne sont -malheureusement pour nous-, pas consignées (rah ces buveurs de bières, j'vous jure). Parce qu'en vidant nos sas respectifs nous avons jeté dans le conteneur, Laura et moi, au bas mot une bonne quarantaine de bouteilles de vin. Dommage, on aurait pu être méga-riches.

    Quant à Robert (oui, je sais, vous alliez me poser la question), eh bien... il ne voulait pas retrouver ses congénères. Peut-être trop timide, trop habitué à sa liberté ou trop honteux de son équilibre (Robert penche dangereusement à gauche). Faut dire que, de notre côté, nous avions aussi un peu la flemme de parcourir les quatre-vingt-huit mètres qui séparent le Brugsen (seul magasin ouvert le dimanche) du Netto. Alors dans le fond, ça arrangeait tout le monde. Robert a donc repris sa place dans notre jardin. Je devrais donc me séparer de lui aussi, demain*.

     

    *Quittant définitivement le Danemark dans quelques douze heures, je repose maintenant au milieu d'une chambre vide, d'un bureau encombré d'une vingtaine de kilogrammes de bricoles destinées à être entassées dans les sacs de voyage bourrés à craquer et dont les fermetures ne ferment déjà plus. «Pardon monsieur, je déménage, moi.»


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  • « We hereby confirm, that Mr Nicolas B., coming from the institution FR F CERGY 07 has performed an Erasmus mobility in our institution, DK ARHUS 01, from 01/08/2007 to 09/06/2008. »

    Ce sont les formalités qui vous ramènent à la réalité.

    Un coup de fil à Eurolines, réserver mon billet. Ce sera mon dernier Aarhus-Paris. Un appel au responsable de la résidence, pour décider de la date d'inspection de mon logement. Puis un passage par le bureau de ma coordinatrice, pour l'attestation de présence. Une signature et c'est terminé, je ne suis plus étudiant à Aarhus Universitet. Et dans cinq jours, je ne justifierai plus le statut d'expatrié auprès de l'administration française. Retour en France; retour sur terre ?

    Les examens se sont bien déroulés. J'avais déjà validé tous mes crédits au premier semestre, je suis parti pour faire de même. Du moins, il ne me manque à l'heure actuelle que 3,5 crédits. Si mon essai en "Cold War" est validé, j'en grapillerai 10 de plus. Soit plus que nécessaire. J'aurai donc eu raison des oraux; l'un m'aura permis de décrocher un 12 (soit la note maximale possible dans le système danois), l'autre de limiter les dégâts en le validant (note indisponible). Avec à chaque fois, en quittant la salle d'examen, le triste salut d'adieu à ces professeurs un peu particuliers, dans leur manière d'enseigner comme dans leur manière d'être. Etudier au Danemark aura aussi, intellectuellement parlant, été une expérience extraordinaire. Le choc risque d'être très rude, en France.

    Et pourtant, je suis content de revenir. Cette année aura été extraordinaire, à tous points de vue. Une expérience incomparable, comme tout le monde devrait en vivre au moins une fois dans sa vie. J'ai découvert un pays attachant et sa particulière culture. Des gens extraordinaires du monde entier. Et une vie folle, tout simplement. Mais un an, c'est suffisant. Il est juste temps de rentrer. Quitte à repartir, plus tard. Et pourquoi pas, après tout ?

    Quant à ce blog, son existence est évidemment remise en cause. C'est là mon dernier dilemne. Je sais quand je quitte le Danemark, je sais avec qui je resterai en contact, je sais quoi faire l'année prochaine, je sais quelle direction donner à ma vie. Plus qu'un choix, ces décisions étaient nécessaires; stopper ce blog ne l'est pas en soi. Dois-je le continuer ? Dois-je l'abandonner au profit d'un autre ? Faut-il, à ce niveau aussi, tourner la page ? Ou profiter de sa dynamique actuelle et de la richesse de ses contenus pour faire quelque chose d'un peu différent ? L'avenir le dira, mais les réactions aideront à la décision. C'est qu'il n'est pas si facile que cela d'abandonner son blog. Des dizaines d'heures à écrire, plus de 180 articles, 37 pages, près de 74.000 visiteurs en dix mois. Et un bout de ma vie couchée sur l'écran - à défaut du papier.

    Je souhaite à tout un chacun d'avoir un jour à prendre ce genre de décision, bénigne en apparence, si importante au fond de soi. C'est signe que la Vie continue, plus trépidante, ambitieuse et joyeuse que jamais. Et qu'elle ne sera désormais plus tout à fait pareille. Voire complètement différente. Vaincre les frontières, franchir les barrières, repousser l'horizon; c'est ça aussi, Erasmus.


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