• votre commentaire
  • Il a fallu que j'aille jusqu'au Danemark pour découvrir l'existence de l'ICANN (Internet Corporation for Assigned names and numbers), organisme américain qui gère l'ensemble des noms de domaine de l'Internet, rien que ça. Et à l'occasion de sa réunion annuelle (qui commençait ce matin à Paris), son président a annoncé la libéralisation du marché des extensions de noms de domaine, à partir de 2009. Fini, donc, les uniques .com, .net, .fr ou .uk, les adresses de sites internet pourront désormais s'achever par exemple par .ville, .maison, ou .politique. La décision a été prise pour soulager les traditionnelles extensions, aujourd'hui saturées.

    L'ICANN pose toutefois ses conditions, et continuera à gérer l'attribution des noms de domaine afin de protéger les noms propres (de personnes ou d'entreprises) et de respecter «l'ordre public et moral». D'un côté purement pratique, cela risque de compliquer sérieusement la retenue des noms de sites internet et la multiplication des cas de cybersquattage. Mais d'un point de vue purement financier, l'ICANN devrait s'enrichir considérablement ces prochains mois avec la vente massive de nombreux nouveaux noms de domaine - ironie pour cette association... à but non lucratif.

    Il faudra donc peut-être bientôt trouver sa propre extension de domaine. J'ai déjà ma petite idée sur la question: .tille, .barre, .alaligne. C'est aussi ça, la classe.


    3 commentaires
  • Mes chers amis,

    Je survis sans vous. A vrai dire, mieux que prévu.

    Ca n'a pourtant pas été facile au début, de retrouver la France. L'accueil a d'ailleurs été plutôt brutal, à la frontière, aux alentours de 6h du matin, avec un contrôle inopiné du car par la douane française - on a vu plus sympa comme réveil. Et les retrouvailles avec le métro et le RER ont été terribles du fait de la soixantaine de kilos de bagages que je ramenais avec moi. Quelle idée d'avoir acheté des boules de pétanque au Danemark, aussi...

    Le plus dur et le plus frustrant, au début, c'est la langue. D'abord, c'est trop facile, de parler français tout le temps. Quoique, pas tant que ça ; parfois les mots anglais sortent tout seul - lapsus rassurants, Erasmus n'a pas servi à rien. L'autre inconvénient, c'est qu'on comprend tout, et que les gens comprennent tout. J'avais perdu cette habitude désagréable de tout comprendre de la vie des grandes gueules pendues au téléphone. J'avais également perdu l'habitude de ne plus retenir mes mots français, personne ne pouvant me comprendre. La situation a quelque peu changé...

    Voilà dix jours maintenant que je suis de retour. Et les activités n'ont pas manqué. La principale fut le but de mon retour anticipé. Ainsi donc ai-je été admissible au DUT Journalisme de l'IUT de Tours, et me suis-je présenté le vendredi 13 (oui, les amis, un VENDREDI 13!) à l'entretien de motivation et à l'épreuve d'anglais, en charmante compagnie d'une soixantaine d'autres candidats, tous -ou presque- aussi talentueux, intéressés, bavards, et motivés pour faire partie des vingt-cinq sélectionnés. Et moi, je suis passé à côté de la chance de ma vie, à peu de choses près. Le jury voisin du mien étant composé de, outre un professeur de l'IUT, du journaliste de France 2 Philippe Laffon... avec qui j'avais passé une partie de mon stage à France Télévision quelques années plus tôt.

    Les activités ne manquent pas non plus, car nous sommes en Juin. Je ne sais pas ailleurs (je n'ai que très peu profité du Juin danois), mais Juin, en France, est un mois totalement différent des autres. D'abord, il y a le BAC. Le stress pendant plusieurs jours, les jeunes qui désertent les rues pour réviser, le traditionnel décrytpage des sujets de philo aux journaux télévisés, puis l'envahissement collectif synonyme de fin des épreuves. C'est aussi un temps de préparation: festivités de fin d'année, vacances, camps voire année suivante. C'est aussi la fête de la musique, samedi. C'est aussi l'Euro, ou disons plutôt, c'ETAIT l'Euro - la fin de la compétition n'ayant désormais qu'un attrait relatif du fait du départ précipité des Bleus qui n'ont visiblement pas apprécié l'air Suisse (faut dire que c'est très près de l'Autriche, ce pays).

    Vous ne me manquez pas. C'est difficile d'expliquer ce sentiment mais le retour à la vie «normale» (normale jusque fin juin, du moins) s'accompagne de la reprise des habitudes «normales», et des retrouvailles avec les amis «normaux». Certes, penser à vous est un calvaire - je voudrais tant vous revoir, tous, très vite, dans un «flat» du skjølhojkollegiet ou devant le Social Club, peu importe. Mais le temps actuel (la pluie, le vent et le froid ont fait leur grand retour sur Aarhus) me rappelle que, même quand il pleut, il fait quand même beaucoup plus chaud en France ; mine de rien ça compte, et revenir en France aussi tôt n'était peut-être pas une si mauvaise idée. En outre, tout le monde part et je n'aime pas les adieux. D'ici là que je revienne à Aarhus, plus personne ne sera là.

    Ce n'est pas simplement un départ géographique et physique. Ce n'est pas simplement l'abandon du statut d'expatrié et d'étudiant Erasmus. C'est beaucoup plus fort. C'est l'éclatement d'une communauté qui, au gré des cours, des fêtes et des affinités, avait fini par se former. Une communauté hétéroclite, multi-culturelle, multi-linguiste et complètement folle. L'année prochaine sera complètement différente, à Aarhus. Et nous, nous auront Internet pour rester en contact, mais nous ne le feront que peu. Parce que chacun de nous reprendra -ou démarrera- sa vie, en France ou ailleurs. Rien ne sera jamais plus pareil, comme avant, comme pendant. C'est l'après qui démarre, sans vous.

    Ce n'est pas un adieu - je n'aime pas les adieux. Ce n'est qu'un au revoir. A bientôt, j'espère, et... chapeau.

    Votre fidèle ami,

    Nicolas


    2 commentaires
  • Qui dit Danemark, dit pays du recyclage et du respect de l'environnement - encore que cette dernière affirmation reste à prouver. Mais qui dit pays du recyclage, dit pays du consignage. Or, ici, la consigne concerne tous les types de contenant, ou presque. Bouteilles de bière (tous types) ou de soda, mais aussi... les canettes.

    La consigne, c'est tout un art. Et les artistes se divisent en deux catégories. La première est celle des consciencieux: ceux qui, à chaque fois qu'ils vont faire leurs courses, ramènent leurs quelques bouteilles. Comportement très danois, il va sans dire. La seconde catégorie est celle des flemmards: ceux qui attendent la fin de l'année pour vider le sas d'entrée qui, au fur et à mesure des mois, avait accumulé un mur de bouteilles d'un bon mètre cinquante de hauteur. Comportement très étudiant étranger, il va sans dire.

    Ce bon vieux Robert (en photo) nous a bien aidé. Robert, c'est le caddie que l'on a "emprunté" à Netto, quatre mois plus tôt, lorsque l'on avait acheté un petit hectolitre de bière pour fêter dignement -à la danoise, j'entends- mon anniversaire. Depuis, Robert s'était installé devant notre jardin, et semblait apprécier cette nouvelle vie composée de farniente, de bronzage et de flemmardise au milieu de l'herbe verdoyante. Aujourd'hui, Robert a fait le chemin inverse, chargé de bouteilles vides.

    Et là, on est subitement devenus riches, ma voisine Laura et moi. La consigne nous a rapporté la bagatelle de 146 couronnes danoises, soit plus de 20 euros! Et encore. Les bouteilles de vin ne sont -malheureusement pour nous-, pas consignées (rah ces buveurs de bières, j'vous jure). Parce qu'en vidant nos sas respectifs nous avons jeté dans le conteneur, Laura et moi, au bas mot une bonne quarantaine de bouteilles de vin. Dommage, on aurait pu être méga-riches.

    Quant à Robert (oui, je sais, vous alliez me poser la question), eh bien... il ne voulait pas retrouver ses congénères. Peut-être trop timide, trop habitué à sa liberté ou trop honteux de son équilibre (Robert penche dangereusement à gauche). Faut dire que, de notre côté, nous avions aussi un peu la flemme de parcourir les quatre-vingt-huit mètres qui séparent le Brugsen (seul magasin ouvert le dimanche) du Netto. Alors dans le fond, ça arrangeait tout le monde. Robert a donc repris sa place dans notre jardin. Je devrais donc me séparer de lui aussi, demain*.

     

    *Quittant définitivement le Danemark dans quelques douze heures, je repose maintenant au milieu d'une chambre vide, d'un bureau encombré d'une vingtaine de kilogrammes de bricoles destinées à être entassées dans les sacs de voyage bourrés à craquer et dont les fermetures ne ferment déjà plus. «Pardon monsieur, je déménage, moi.»


    votre commentaire
  • On nous avait prévenu, à vrai dire. En choisissant le Danemark, on acceptait son rigoureux hiver. Le plus dur n'étant ni la pluie, ni la neige, ni le vent frais qui fouette le visage, mais sa luminosité. Si le soleil apparaissait aux alentours de 9h du matin au plus tard -ce qui reste en soi raisonnable-, la nuit, elle, tombait entre 15h30 et 16h. Dur.

    Surtout lorsque tu fais la fête. Qui dit décembre dit, au Danemark, fin des cours et donc, occasion oblige (les danois trouvent d'ailleurs une occasion chaque semaine), fête et party. Et qui dit party dit lever aux alentours de midi, voire une heure de l'après-midi. Et dit, temps de manger, prendre une douche et de se préparer, un facile 15h voire 15h30 dehors. Soit à l'heure... où le soleil se couche.

    Evidemment, on savait aussi que l'été, c'était l'inverse. Ce soir, en descendant du bus, je remarquais l'exceptionnel luminosité du ciel, surtout à l'est. Une heure de plus et les lampadaires n'auraient, sans doute possible, plus d'utilité. Je jetais alors un coup d'oeil à mon portable, pour regarder l'heure. Il était, heure locale, 2h45 du matin.

    Après ça, faut pas s'étonner que les oiseaux danois se mettent à chanter dès 3h. 'Sont peut-être pas si fous que ça, finalement, ces autochtones.


    1 commentaire